Dr Joseph Silvère Kaptué : Le pari d’une année sans maladie
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Un accès palustre, une dermatose ou une crise de typhoïde qui survient en cours d’année scolaire peut compromettre sérieusement les résultats de l’enfant. Réussir sa rentrée va ainsi,pour le parent, au-delà de l’achat des toutes les fournitures et de l’acquittement de la scolarité dans les délais. La survenue d’une maladie évitable au cours de l’année est un indice d’une préparation incomplète de la rentrée des enfants. La santé de l’enfant, comme celle de l’adulte, nécessite une surveillance rectiligne qu’il ne faut interrompre sous aucun prétexte. Ainsi, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, il faut savoir ce qui est utile pour la santé de l’enfant.

Vivant en zone endémique pour des maladies comme le paludisme par exemple, il ne faut pas se laisser surprendre. Il faut prendre ses dispositions. Afin que les enfants ne soient pas piqués par les moustiques vecteurs de la maladie, il est impératif de procéder à la pose des grillages anti-moustiques sur les fenêtres et de s’assurer que les enfants dorment sous une moustiquaire imprégnée. Le coût de ces mesure de prévention est anecdotique comparativement au traitement du paludisme à l’hôpital. Quand on prend en compte la consultation, les examens, la prise en charge et le temps perdu pour le suivi de l’enfant malade, on peut facilement atteindre des dépenses de l’ordre de 250.000 francs.

Prévenir vaut mieux que guérir… pour le portemonnaie

Si on y ajoute la durée de l’hospitalisation, c’est-à-dire le temps d’absence à l’école, impliquant les retards sur les cours et donc la compréhension des connaissances dispensées pendant la période, la conséquence peut être plus fâcheuse. Car si l’enfant ne parvient pas à combler son retard, il peut essuyer un échec en fin d’année. Ne parlons même pas de l’hypothèse où l’enfant ne s’en relève pas ! Et les efforts, notamment financiers, de ses parents se révèleront vains. On entend souvent certains parents évoquer la maladie de leur enfant comme une circonstance atténuante de leur échec. En réalité, c’est une circonstance aggravante si l’enfant souffrait d’une maladie évitable. Un accident peut arriver à n’importe qui et à n’importe quelle heure. Mais si l’on prend des libertés avec son hygiène de vie, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même quand la maladie débarque.

Il en est du paludisme comme de la typhoïde ou du choléra. Il faut inculquer aux enfants dès leur plus bas âge la notion d’hygiène. Ils touchent à tout, jouent partout, se roulent par terre et pour certains, pataugent dans des eaux usagées. La plupart de leurs infections se font par voie manu-portée, c’est-à-dire par des mains souillées qu’ils portent ensuite à leur bouche. Il importe d’être rigoureux sur l’hygiène des mains. Ils doivent les laver à l’eau propre et au savon chaque fois en rentrant à la maison, quand ils sortent des toilettes, quand ils vont ou sortent de table ; bref, chaque fois qu’ils les ont souillées.

Aller chez le dentiste n’est pas une partie de plaisir

Le brossage des dents est également une nécessité absolue pour garder la santé. Se brosser les dents ne saurait être une formalité. La plupart des produits alimentaires que nous consommons contiennent du sucre. Si on ne débarrasse les restes accumulés sur les dents et dans les interstices, le sucre qu’ils contiennent va détériorer le cément qui est la couche protectrice de la dent et ouvrir la porte aux caries dentaires. Qui n’a jamais connu une rage de dent ne peut comprendre. Et le cabinet dentaire est loin d’être un lieu de touriste ou de plaisance. La douleur vive est conjuguée aux dépenses qu’on aurait pu éviter.

Sans prétention à un quelconque exercice de la médecine, chaque famille devrait disposer d’une boîte à pharmacie contenant du paracétamol qu’on peut administrer pour faire baisser la fièvre afin de rejoindre une unité de soins appropriée, ou des vermifuges pour déparasiter les enfants en cas de besoin. Le risque d’achalander davantage sa boîte à pharmacie c’est de faciliter l’automédication dont les dangers sont parfois mortels alors qu’à la base, il s’agissait d’une petite maladie que le praticien aurait maîtrisée sans aucune difficulté.

Il est important d’exiger plusieurs bains par jour aux enfants. Le corps humain a des endroits serrés qui, par temps chaud, provoquent des macérations et favorisent la multiplication des microbes qui créent des infections. Etre obligé de consulter parce qu’on ne s’est pas lavé n’est pas normal. Et les dépenses liées sont une énorme aberration. Le moindre sou dépensé pour une maladie évitable est un gâchis. Et une catastrophe si, à cause de cette maladie, un enfant passe à côté de son année scolaire.

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