Institutions publiques : Que cachent tous ces cambriolages ?
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Que ce soit au ministère en charge du Contrôle supérieur de l Etat (Consupe), ou encore à l immeuble siège de la Direction générale des Impôts (Dgi), non sans oublier le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), les différents actes de vandalisme perpétrés dans ces structures témoignent à suffire d'une véritable atteinte à l'autorité de l'Etat. Mais que cachent finalement ces différents cambriolages ? Esquisse de réponse.

Dans la nuit du jeudi 27 à vendredi 28 mai 2021, nous avons appris que des usagers d’un autre genre ont visité les locaux abritant les services du Contrôle supérieur de l’Etat, une structure présentée comme étant le gendarme de l’Etat. Au cours de leur excursion, les malfrats auraient alors vandalisé de nombreux véhicules, apparemment ciblés, en emportant comme « butin », plusieurs ordinateurs et documents, à l’instar de ceux issus de la mission de contrôle de la gestion des fonds Covid-19 menée au sein de certains départements ministériels à l’instar de celui en charge de la  Recherche scientifique et de l’innovation.

Aucun communiqué n’est publié à propos. Au cours de nos investigations, il va s’avérer que cette information n’est pas fondée. Selon des sources crédibles, ce sont 2 cadres du Consupe qui ont été la cible des malfrats, très , , loin de leur lieu de travail. L’information abondamment véhiculée sur les réseaux sociaux et autres plateformes de communication, n’était donc pas avérée. Toutefois, moins de 10 jours plus tard, c’est le nouvel immeuble abritant les services de la Direction générale des Impôts (Dgi), sis à l’Avenue Foch, qui sera la cible d’un gang.

Dans un communiqué rendu public le 9 Juin 2021, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, informe l’opinion publique que la tour abritant la Dgi a reçu la visite de malfaiteurs dans la nuit du 7 au 8 Juin 2021. Le Minfi ne va d’ailleurs pas manquer de préciser, comme pour souligner la gravité et le caractère radical, prémédité, bien organisé et bien exécuté, de cet acte, que les auteurs ont visité tous les 11 étages que compte cette bâtisse, occasionnant ainsi de nombreuses dépravations. Dans la foulée, l’on parle de plusieurs documents importants qui auraient été emportés.

Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) connaîtra à son tour les frais de cette ignominie dans la nuit du 8 au 9 juin 2021. A tout le moins, c’est ce que nous apprendra le président de ce mouvement patronal dans un communiqué rendu public le 9 juin dernier : « le président du Gicam informe l’ensemble de ses membres, et la communauté des affaires en générale, que dans la nuit du 8 au 9 juin 2021, l’immeuble siège du Gicam, sis à Bonanjo à Douala a été cambriolé par des individus non encore identifiés. Plusieurs bureaux ont été éventrés et de nombreux dégâts matériels constatés », pouvait-on lire.

Attaques systématiques

Si au-delà des faits, certains esprits moins éveillés ont tôt fait d’assimiler ces cambriolages à de simples faits isolés, point n’est besoin de verser dans l’art de la divination pour se rendre compte que ces différentes attaques procèdent dorénavant d’une planification soutenue et dangereuse, dont il convient de s’interroger légitimement sur les buts et objectifs des commanditaires, de même que sur l’identité réelle de ces derniers. Et comment cela peut-il en être autrement ?

Dans le cas de la Dgi par exemple, même si les présumés coupables sont aujourd’hui aux arrêts, dont un certain Francis José Mengue, présenté comme le cerveau du gang, et 3 de ses Camarades d’infortune, notamment Jean Marie Belibi, Amadou Bello et Alex Kana, de nombreux observateurs n’arrivent toujours pas à comprendre comment une attaque aussi systématique, aussi large et aussi radicale, a pu avoir lieu dans un bâtiment situé dans un périmètre ultra-sécurisé, à moins de 50m de la division régionale de la Police judiciaire, et du commissariat central N°1.

Seulement les 4 malfaiteurs ont, sans « préparation » eu accès à ce bâtiment, et visité les 11 étages qui lé composent en emportant un butin de 380 000 Fcfa et 2 disques durs. C’est du moins le récit fait par l’un des malfrats surnommé « Chinois » lors de la reconstitution des faits. Un récit qui a suscité moult réactions chez plusieurs observateurs qui n’ont par ailleurs pas manqué d’indiquer que ces malfrats n’auraient pas agi sans des complicités internes, au regard du système de sécurité entièrement électronique de cet immeuble, où l’accès à chaque espace et à chaque étage, est conditionné par la maîtrise d’un mot de passe spécifique. Un immeuble ultra-sécurisé et doté d’un puissant système de vidéo-surveillance, ayant coûté plus de 22 milliards de Fcfa, inauguré le 27 novembre 2020 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute.

Et comment ne pas alors rallier ces différents cambriolages au contexte politico-judiciaire ?

De nombreux observateurs y voient déjà une sorte de stratagème visant à saborder ou empêcher certaines procédures administratives et judiciaires de prospérer, dans un contexte marqué par les magouilles et batailles feutrées construites par de multiples réseaux d’influence, sur la problématique de la succession à la tête du pays, non sans oublier la reddition des comptes dans la gestion des fonds alloués à la lutte contre la Covid-19.

Pour faire simple. Que ce soit au Gicam, ou encore à la Dgi et au Consupe, pour nos nombreux observateurs,* tous ces cambriolages n’ont qu’un seul objectif : détruire les archives pour faire disparaître des traces de faits criminels. A qui le tour prochainement ? L’heure est davantage à la prudence, afin de ne pas porter atteinte à l’intégrité, à la réputation et à la stabilité de l’Etat, et dans le même esprit, s’abstenir de soutenir ou de pactiser avec les promoteurs de la haine, du tribalisme et bien d’autres. A bon entendeur …. !!!

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