« SUCCESSION » DE PAUL BIYA : Les non-dits d'une manipulation foireuse
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Des candidatures à la prochaine élection présidentielle sont en train d’être suscitées. Mais il s’agit probablement d’une campagne de désinformation vraiment grotesque, aux visées troubles.

On a eu il y a quelque temps à subir les envolées d'un certain « Mouvement citoyen des Franckistes pour la paix et l’unité du Cameroun », proposant la candidature du fils de Paul Biya à la prochaine présidentielle. L’intéressé n’a même pas jugé nécessaire de se démarquer officiellement de cette « initiative » qui, apparemment, ne le concerne pas. Le souffle de cette galéjade n’était pas tombé, que voilà un autre « Mouvement des Famistes » (qu’elle imagination !), pour celle de Fame Ndongo, pour le même scrutin. Il n’en demandait pas tant, et bien entendu, n’a pas barguigné pour vite rejeter en bloc « ces fausses allégations comportées par des pyromanes et des schizophrènes tapis dans l’ombre ».

Comme d’habitude, les médias ont gobé ces histoires, généralement sans se poser aucune question. Alors, cette agitation devrait appeler, à tout le moins, quelques remarques. D’abord, on peut constater le côté vraiment bizarre de ces « appels à candidature » d’un autre genre : il y a un président normalement élu et en exercice, pour quatre ans encore. C’est-à-dire que le poste n’est pas encore vacant, à ce qu’on sache ! Alors, à quoi jouent ces gens, au juste ?

Ensuite, l’idée même de « succession » ici n’a aucun sens : on est supposé être dans une démocratie, pas dans une chefferie de village ! À moins que cette lubie ne sorte de cerveaux qui ne conçoivent l’accession au pouvoir que par dévolution, comme cela se pratique dans leurs bleds et selon leurs chères traditions et lois tribales, qu'ils placent au-dessus de celles de la République tout le temps.

D’un autre côté, comme par hasard (?), les deux « successeurs » putatifs, malgré eux, se trouvent être de la même aire géographique que l’actuel chef de l’État ! Pourquoi ? Répondre à cette dernière question lève un pan de voile sur cette campagne ridicule, et désigne forcément ses promoteurs : probablement les mêmes qui ont popularisé, notamment sur les réseaux dits sociaux, la notion de « Renouveau tribal » pour évoquer le pouvoir de Yaoundé, et « milice tribale » quand ils parlent de l’armée nationale.

En mettant en avant deux Bulu, l’objectif est sans aucun doute de faire passer subrepticement dans l’opinion l’idée que ces derniers se prépareraient à défendre « leur pouvoir » par tous les moyens. L’intention étant d’appeler les autres segments ethnosociologiques du pays à se braquer, et à envisager des actions pour contrer ce dessein imaginé. Il s’agirait donc clairement d’une grossière manœuvre d’intoxication, à des fins claires de déstabilisation. En fait, cette histoire de « successeurs » n’est très certainement que la continuation de la même tactique, d’un amateurisme affligeant, engagée il y a déjà des lustres. Avant d’atteindre les sommets actuels, elle a commencé avec la fable de la « passation de pouvoir de gré à gré », pour ce que cela voulait même dire.

Ce mantra n’a évidemment aucun fondement juridique, et n’est justifié par aucune attitude de l’actuel président, malgré ce qu’en ont pensé ces bien mauvais experts en communication politique. Il avait pour seul intérêt de sonner bien, dans le sens « plus c’est gros plus les gogos y croient ». Mais ça ne vaut franchement rien : les Camerounais ne sont pas des dupes, et comprennent parfaitement ce qui est en jeu (y compris, cela est certain, les plus farouches adversaires intelligents de Paul Biya, dans leur for intérieur).

Les Think thank qui ont lancé ces appels bidons ont donc choisi une fois encore, la mauvaise stratégie. Ce sont à proprement parler des amateurs, dans le sens d’incompétents en analyse politique. Des escrocs même, que les politiciens ambitieux ont tort de payer pour des opérations aussi minables. La dernière question est : pourquoi certains médias nous bassinent-ils avec cette risible manipulation ? Soit-il sont complices de cette mascarade, soit ils sont dûment stipendiés pour animer ce faux buzz. Dans les deux cas, on n’est plus ici en journalisme, mais bel et bien dans une propagande politicienne complètement pathétique et malhonnête.

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