CAMEROUN :: Grand Dialogue National et Libération de certains détenus politiques : La position de Génération 90 :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POLITIQUE
  • Correspondance : GENERATION-90 G90
  • vendredi 11 octobre 2019 16:20:00
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CAMEROUN :: Grand Dialogue National et Libération de certains détenus politiques : La position de Génération 90 :: CAMEROON

GENERATION-90 appelle à poursuivre et à intensifier les efforts pour le retour à une paix durable dans le NO-SO et le règlement effectif des crises que traverse le pays !

I- Les faits

GENERATION-90 appelle à poursuivre et à intensifier les efforts pour le retour à une paix durable dans le NO-SO et le règlement effectif des crises que traverse le pays !

I- Les faits

Le ‘Grand Dialogue National’ (GDN) convoqué par le Chef de l’Etat s’est tenu à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2018. Alors que les travaux de cette rencontre se poursuivaient, Monsieur Biya a ordonné, le 3 octobre, l’arrêt des poursuites pour 333 personnes arrêtées et détenues dans le cadre de la crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et le 4 octobre pour certains responsables et militants du MRC, arrêtés et détenus dans le cadre des manifestations liées à la crise post-électorale.

Dans sa déclaration du 12 septembre portant sur la convocation du “Grand Dialogue”, GENERATION-90 a souhaité qu’un contenu consistant soit donné à ce rendez-vous, a proposé une méthode de travail, et formulé une série de propositions pour le rendre crédible et utile pour notre pays. Dans la même lancée, GÉNÉRATION-90 a exprimé ses craintes qu’en l’absence d’un dialogue franc, la preuve sera faite, une fois pour toutes, d’une absence réelle de volonté de dialogue hypothéquant ainsi durablement la paix civile et sociale au Cameroun”.

II- L‘Analyse de GENERATION-90

Sur les conditions de la tenue du GDN;

1. GENERATION-90 constate avec regret que les modalités pour la tenue d’un dialogue utile et efficace pour sortir le pays de ses nombreuses crises, telles que préconisées par notre organisation le 12 septembre 2019, n’ont pas été prises en compte dans l’organisation du «Grand Dialogue National», à savoir: la mise en place d’un comité d’organisation neutre, la nomination de facilitateur(s) neutre(s), la préparation minutieuse du dialogue dans un temps suffisant afin d’obtenir la participation de tous les acteur majeurs y compris des leaders politiques et militaires des séparatistes anglophones, des mesures de décrispation préalables telles que la libération des leaders anglophones et des leaders politiques emprisonnés, afin de faciliter leur participation au Dialogue etc.

2. En lieu et place du ‘Grand Dialogue National triomphalement annoncé, de nombreux participants ont dénoncé un ‘monologue de DION NGUTE’ tant tout semblait verrouillé d’avance, ne laissant que peu, ou pas du tout, de place aux idées et propositions nouvelles. Pour preuve, le Sultan MBOMBO NJOYA, pourtant grand cacique du régime au pouvoir, a été simplement déclaré ‘hors sujet’ lorsqu’il a, dans son allocution pendant la cérémonie d’ouverture, souhaité que les questions telles que la limitation du mandat présidentiel et la réforme du code électoral soient discutées au cours de ces assises

3. Aucun mécanisme d’implémentation ou d'évaluation de la mise en oeuvre des recommandations du GDN, tel qu’un ‘Comité de suivi et d'évaluation’, n’a sanctionné la fin de la rencontre, laissant craindre une application au gré des humeurs et des intérêts politiques du Chef de l’Etat, destinataire final des recommandations du Dialogue

Concernant les conclusions du ‘Grand Dialogue National’;

1. le GDN a recommandé que les “régions soient effectivement mises en place dans les meilleurs délais“ et que soit “accordé aux Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, un statut spécial conformément à l’article 62 alinéa 2 de la constitution” sans que l’on sache bien ce que sera le contenu de ce ‘statut spécial’. L’objectif principal de ce GDN faut-il le rappeler, était de trouver les voies et moyens de mettre fin à la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. On est en droit de se demander comment ce ‘statut spécial’, décidé en l’absence des leaders politiques et militaires des groupes séparatistes, pourrait arrêter les hostilités sur le terrain.

2. Le scepticisme s'impose d'autant plus que le GDN s'est bien gardé de déplorer l'extraordinaire et incompréhensible délai de 23 ans observe dans la mise en oeuvre de dispositions qui figurent dans la constitution depuis 1996.

3. En tout état de cause, le problème anglophone tel qu'exprimé depuis 2016 par le Consortium est très profond et se manifeste à la fois sur le plan éducatif, judiciaire, politique et culturel, et un simple replâtrage du système unitaire centralisé en vigueur depuis 1972, et qui a favorisé et accentué la marginalisation des anglophones au Cameroun, ne mettra pas fin à la crise. Il faut des mesures politiques courageuses et une réforme institutionnelle positive pour attaquer le mal à la racine.

4. En effet, la reconstruction envisagée des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ou encore le retour effectif des enfants à l’école dans ces régions, ne pourront être effectifs tant que les armes continueront d’y tonner et que des atrocités s’y poursuivront.

5. Nous constatons que le ‘Grand dialogue National’ a évité la question centrale de la forme de l’Etat qui constitue le minimum nécessaire à une discussion sincère avec les groupes séparatistes. G90 émet de sérieux doutes quant à l’efficacité du Statut Spécial recommandé pour les régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest à résoudre la question désormais inéluctable du fédéralisme.

6. Le GDN a également proposé “la réforme du code de la nationalité pour l’adoption de la double nationalité ou des nationalités multiples”, un clin d’œil sans aucun doute à notre diaspora qui les revendique constamment depuis une vingtaine d'années. La Diaspora camerounaise est l’une des plus qualifiée dans le monde et regorge en son sein des compétences multidisciplinaires qui seront d’un apport certain dans le développement du pays. On peut dès lors s'étonner que le gouvernement soit réticent à prendre des mesures législatives et politiques pour faciliter la participation de sa diaspora à l’œuvre de construction sociale économique, politique et culturelle du pays.

Au regard de la libération de certains prisonniers politiques, GENERATION-90:

1. Prend acte de la libération de certains détenus de la crise anglophone et de la crise post-électorale, mais regrette l’absence d’une libération totale de toutes les personnes arrêtées et détenues dans le cadre de ces différents événements

2. S'étonne et regrette que ces libérations massives soient intervenues seulement à la fin du Dialogue, alors même que leur survenue en amont du GDN, comme sollicité par l’ensemble des acteurs

politiques et de la société civile, aurait pu largement contribuer à la décrispation du climat politique et aurait certainement donné plus de crédit à ce ‘Dialogue National’

III- Propositions de GENERATION-90

Au regard de l’analyse qui précède, Génération 90 fait les propositions suivantes pour une paix durable dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dans tout le pays, et pour sortir définitivement des crises que traverse le Cameroun.

Sur la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du pays, GENERATION-90 :

1. Demande la libération immédiate de toutes les personnes encore détenues dans le cadre de la crise anglophone y compris Sissuku AYUK TABE et ses compagnons.

2. Appelle à l’organisation d’un Dialogue National véritablement Inclusif présidé par des institutions ou des personnalités neutres, avec la participation des véritables leaders politiques et militaires des groupes séparatistes et des forces vives du pays, afin de déboucher sur un véritable accord politique global pouvant ramener la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest.

3. Recommande que l’organisation d’un tel Dialogue, soit être précédée de négociations conduites par des institutions ou des personnalités neutres, camerounaises et africaines, afin de parvenir à un cessez-le feu total préalable.

4. Pour ce faire, nous encourageons le «Forum Africain» rassemblant d’anciens Chefs d’Etats africains, à poursuivre et à intensifier ses efforts pour parvenir à de telles négociations et à l’organisation d’un véritable Dialogue National Inclusif National au Cameroun ou à l'étranger

5. Souhaite que de telles négociations et qu’un tel dialogue débouchent sur un ‘Accord Politique Global’ contenant les points essentiels suivants :

i. Un accord constitutionnel sur la forme de l’Etat

ii. La dotation de pouvoirs réels aux entités locales et aux entités fédérées et le confinement des représentants de l’Etat fédéral (préfets, sous-préfets, etc.) au rôle administratif sans pouvoir de supervision ou d’injonction sur les représentants locaux et fédérés élus ; les litiges devant être réglés par la voie de la justice au niveau local et fédéral.

iii. La cessation définitive des hostilités dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest et un plan de reconstruction

iv. La révision des lois électorales vers un mode de gestion consensuelle pour des élections libres et transparentes

v. L’adoption d’un ratio logique et égalitaire du nombre de personnes que représente un député.

vi. L’abolition de tout suffrage indirect et de tout pouvoir de nomination au sein des organes élus.

vii. La dotation du pays d’une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) dont les membres seront reconnus pour leur impartialité et leur probité

viii. Un chronogramme de tenue des élections générales conforme à la nouvelle Constitution : élections locales, élections des instances fédérées, élections législatives fédérales, élection présidentielle. Un tel chronogramme pourra s’exécuter sur une période maximum de 18 mois afin de ne pas s’éterniser dans la transition

Sur la crise des libertés, GENERATION 90 recommande au Gouvernement:

1. La Libération de toutes les personnes encore détenues ou déjà condamnées dans le cadre des manifestations post-électorales

2. L'annulation de toutes les lois scélérates qui permettent à ce jour de traiter les opinions et manifestations politiques dissidentes comme du terrorisme. Il convient ainsi de s’assurer que de telles arrestations ne seront plus possibles et qu’il ne sera plus nécessaire de recourir à l’arrêt des poursuites après des arrestations et des détentions sans fondement

3. L’Abrogation de toutes les dispositions qui répriment les libertés d’expression et de manifestation prévues par la Constitution. Les manifestations doivent être libres sur simple déclaration, non soumise à autorisation, et encadrées par les forces de sécurité

GENERATION 90 se tient à la disposition de l’ensemble des forces vives nationales pour la réalisation de ce plan de sortie de crise, pour une paix durable, afin de reconstruire le pays et le projeter vers un avenir meilleur pour toutes ses filles et tous ses fils.

Paris, ce 10 octobre 2019

Pour le Comité Exécutif de GENERATION-90,

Dr. Tene SOP, Coordonnateur
Hugo JOMBWE MOUDIKI, Secrétaire Général

GENERATION-90 G90 is a Think Tank and action group gathering former student leaders of the 1990s

11oct.
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