MAROC :: LA PROFONDEUR STRATEGIQUE AFRICAINE DU MAGRHRED: DEFIS; IMPLICATIONS ET ENJEUX DE L'INTEGRATION :: MOROCCO
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MAROC :: DIASPORA MAROC :: LA PROFONDEUR STRATEGIQUE AFRICAINE DU MAGRHRED: DEFIS; IMPLICATIONS ET ENJEUX DE L'INTEGRATION :: MOROCCO
  • Discours : Pr Bertin Léopold KOUAYEP
  • dimanche 30 juin 2019 12:06:00
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MAROC :: LA PROFONDEUR STRATEGIQUE AFRICAINE DU MAGRHRED: DEFIS; IMPLICATIONS ET ENJEUX DE L'INTEGRATION :: MOROCCO

Discours de clôture du 18 ème colloque International par le Pr. Bertin Léopold KOUAYEP

« Gouvernance de l’Afrique et du Moyen-Orient » GAMO – FSJES-Souissi – Université Mohammed V-Rabat »

Université Mohammed V de Rabat, Institut des Études Africaines, REMA, Fondation Hanns Seidel Marrakech.

les 28 et 29 juin 2019 à Marrakech au Maroc

Thème : « La profondeur stratégique africaine du Maghreb : défis, implications et enjeux de l’intégration » Allocution de clôture du Pr. Bertin Léopold KOUAYEP, Professeur-chercheur à Paris-Ouest, Directeur Général de l’ESCG-ISTEC, Président de l’OMA pour la CEEAC et le Cameroun « Coopération transnationale avancée et développement intégré par la mutualisation des compétences »

Mesdames et Messieurs les Ministres ; Mesdames et Messieurs les hauts responsables des universités, des sociétés savantes et des organisations de développement ; Chers collègues chercheurs ; Chers doctorants ; Mesdames et Messieurs ;

Je vous renouvelle mes civilités et ma profonde gratitude pour l’honneur que les organisateurs, et en l’occurrence le Pr Mohamed Harakat, m’ont fait, en m’associant à la mise en œuvre, et surtout à la co-présidence de la cérémonie de clôture de ce Colloque au combien important, stratégique et opportun, pour le partage de nos expériences et de nos résultats scientifiques en vue du développement de l’Afrique.

Mesdames et messieurs, Page 2 sur 4 Je suis particulière satisfait et ravi de la tenue de ce Colloque qui a coïncidé avec la 12 e édition des Trophées de l’Africanité qui s’est déroulée lundi dernier à Marrakech, l’un culturel et l’autre scientifique. Ceci montre l’engagement continu du Maroc, à œuvrer en faveur de la promotion de l’éducation et de la culture, qui sont pour moi des outils stratégiques d’amélioration de la compétitivité du continent africain.

Durant ces deux jours, des pôles thématiques réunis en cinq panels ont meublés les travaux qui se sont déroulés avec une incroyable intensité.

Je salue ici particulièrement la vivacité et la sagacité des différents panélistes. L’émulation scientifique que j’ai vu se dégager en nos chercheurs a une fois de plus ravivé ma fierté d’Africain-Chercheur. Cet engouement a conforté notre volonté de création d’un laboratoire des chercheurs africains réunis pour la cause africaine.

Chers collègues, mon point d’échange intitulé « Coopération transnationale avancée et développement intégré par la mutualisation des compétences » peut être reformulé en une question : Comment l’avancement progressif de la collaboration Sud-Sud, (cas de la collaboration Maroc autres pays d’Afrique en l’occurrence) peut-il contribuer au développement de l’Afrique, à partir de l’implication effective et continue des Africains aux profils variés ? Comme disent les anglo-saxons, « that is the question ».

Question à laquelle nous répondons en trois temps à savoir :

1. En décrivant le fonctionnement logique de la coopération transnationale avancée à partir de l’exemple marocain et l’induction sur le reste de l’Afrique ;

2. En mettant en exergue les facteurs et extrants de la mutualisation des compétences ;

3. Et enfin en identifiant ou en indiquant quelques impacts positifs (victorieux) en termes de développement du continent, grâce à l’adoption de ce mode de coopération.

Sur le premier point, il me plait de dire que, dans le cadre de sa coopération bilatérale, le Maroc a entrepris des actions afin de développer ses échanges commerciaux et ses investissements dans les pays d’Afrique subsaharienne, notamment.

Les expériences multisectorielles et l’expertise du Royaume en matière de développement humain ont favorisé la mise en place d’un réel socle de partenariat Maroc-Afrique responsable et durable, basé sur un véritable cadre de co- développement, où l’Humain et son mode de vie sont au centre de la Vision africaine du Royaume. Cette vision est renforcée par des actions concrètes de solidarités à l’instar de l’accueil des étudiants et des cadres africains dans les universités et les instituts de formations au Maroc, la régularisation des subsahariens en situation irrégulière au Maroc, etc.

On peut également relever le financement des projets à caractères socio-économiques, ou encore la formation d’imams à Page 3 sur 4 travers la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, l’octroi des bourses multiformes aux étudiants africains, l’organisation de nombreux fora, colloques et autres cadres de réflexions à vocation transdisciplinaire et multipartite. Chers condisciples, le 1 er forum maroco-camerounais sur la régionalisation avancée et le développement économique, organisé à Marrakech en novembre 2017 par l’ESCG de Yaoundé et l’ENCG de Marrakech est à inscrire dans cet ordre d’idée.

L’expérience marocaine en matière de décentralisation, de régionalisation aujourd’hui en partage, est très profitable aux nations de l’Afrique subsaharienne. Mesdames et messieurs, Sur le second point, la mutualisation des compétences est aujourd’hui, plus qu’hier encore, sans conteste, le socle privilégié de toute initiative challengeuse, de toute voix de renaissance. C’est le talon d’Achille de l’esprit conquérant qui doit gouverner les mi

ssions panafricaines. Les facteurs ne sont pas nouveaux, tout comme les extrants observés. Tout au long de nos présentations, nous avons vu se manifester des preuves de la mutualisation, qui, elle-même, n’est rien d’autre que la mise-ensemble, le faire-ensemble, le vivre-ensemble, l’être-ensemble. Dr KETTANI Président de l’OMA, en a parlé dans le concept d’intégration, tout comme le ministre Dr Nasr HAJJI, sur l’économie du savoir et l’intégration régionale, Dr Abdoulay Hassane Diallo, sur l’approche historique, le Pr Sebhallah EL Rhazi, Dr KANANURA et bien d’autres panélistes.

Bref, il s’agit de l’action collective, du bien commun, et même plus, du lien commun, entre les individus partageant la même histoire et qui, partageant la même vision du changement, se mettent en commun, malgré la divergence de leurs qualifications, pour conquérir et assurer l’avenir des générations futures. La force qui motive cette liaison doit d’abord être la passion, la détermination de contribuer à la reconstruction de notre histoire, de développer nos sciences et techniques, de les reformer en authentifiant et pérennisant nos valeurs et en nous appropriant des opportunités qu’offre la modernité, en nous mettant définitivement sur la bonne ligne de départ.

Car comme le disait Amadou Kone, Ancien Secrétaire General de l’OUA et je cite : « lorsque l’on a loupé la ligne de départ, il faut mieux chercher à la retrouver car il n’y aura point d’arriver ». Et l’ancien premier ministre Ethiopien disait en 2009 que pour cela, nous devons apprendre à « formuler nos diagnostics dans nos propres termes » Nous voyons bien que la mutualisation des compétences est au cœur du développement durable, reposant sur cette sagesse africaine : « un seul ongle ne peut tuer un pou, ou, une seule main ne peut attacher un paquet ». Mesdames et messieurs, Sur le troisième et dernier point, concernant les impacts positifs ou victorieux en termes de développement du continent grâce à l’adoption du mode de coopération transnationale Page 4 sur 4 avancée, je vais paraphraser cette sagesse de ma culture d’origine (ouest camerounais) : « la solidarité tire ses fondements de la civilisation fourmilière ». Chacun de nous sait comment fonctionnent les fourmis.

Et nous savons tous comment les grandes théories du management contemporain se sont abondamment inspirées et tirent des illustrations les plus pédagogiques du mode de vie des abeilles et familles. La civilisation ou la solidarité africaine a toujours synthétisé cette sagesse en ces termes « l’union fait la force ». Autrement dit, l’union précède le travail et la récolte. La récolte est le produit de la mutualisation des efforts, des équipes. Comme exemple, ce colloque n’aurait jamais vu le jour, n’eut été l’implication effective des différentes institutions ici présentes. Le Pr. Mohamed Harakat, Président du comité d’organisation et directeur de REMA nous a dit que tous les actes de ce colloque seront publiés dans un ouvrage collectif.

Ma conclusion inductive, étant donné que la coopération transnationale avancée est l’élargissement des pôles de compétences mutualisées et l’accélération de la mise en œuvre des projets communs, l’impact global ne peut qu’être la prospérité de l’Afrique, et donc, sa compétitivité, sa souveraineté, la valorisation et l’exploitation rationnelle et optimale de ses richesses, pour le bien de ses Fils. Mesdames et messieurs, Éminents collègues associés à ce Colloque ; Chers doctorants et amis des sciences ; J’ai eu le grand honneur et l’inestimable plaisir participer à la clôture de ce colloque.

Je termine mon propos en me posant cette question qui me tourmente toujours : « l’Afrique a-t-elle des compétences pour résoudre l’équation de son développement ? ».

Sa majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu le glorifie, lors de son allocution à l’Union Africaine en 2017, a dit je cite : « il est temps que les richesses de l’Afrique profite aux africains » ; Et l’ancien Président du Nigeria, son excellence Olesugun Obsanjo lançait en 2018 un appel « sur l’urgence pour l’Afrique à retrouver sa souveraineté intellectuelle » socle fondamental de toutes solutions. Comme élément de réponse à ma question précédente, je profite de cette tribune pour solliciter l’adhésion de tous pour la rédaction de l’ouvrage sur : « l’approche par compétences en Afrique » qui sera écrit par nous les africains.

Il nous revient de résoudre cette équation qui pour moi est possible si tous, nous prenons conscience des richesses de notre continent et de ses atouts dont la jeunesse constitue le fer de lance. Je vous remercie pour votre aimable attention.

Pr. Bertin Léopold KOUAYEP

Maître de conférences à Paris-Ouest Directeur de l’ESCG-ISTEC du Cameroun 

Président de l’OMA-Cameroun et CEEAC Membre de l’AGRH

30juin
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