Le gouvernement en flagrant délit de corruption
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Le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, à travers une note portant la mention « urgent », a mis des millions de Fcfa à la disposition des autorités administratives dans le cadre de l’élection présidentielle. Pour de nombreux leaders politiques, cet appui financier vise ni plus ni moins qu’à corrompre les gouverneurs et autorités administratives à l’effet de truquer les élections.

Une autre manœuvre de plus du gouvernement. Dans une note portant la mention « urgent », le ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji attri- bue un « appui financier aux autorités administratives dans le cadre de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 ». Selon la« clé de répartition », les gouverneurs percevront la rondelette somme de 3.000.000 Fcfa tandis que les secrétaires généraux, les inspecteurs généraux/services régionaux et les chefs de cabinet recevront respectivement 700.000, 600.000 et 400.000 Fcfa. Il en va de même pour les préfets, les premiers, deuxièmes et troisièmes adjoints préfectoraux. Les premiers auront droit à 1.500.000 Fcfa et les seconds

bénéficieront, chacun, de la somme de 400.000 Fcfa. Les sous-préfets et les adjoints aux sous-préfets ne sont pas en reste. Ils percevront respectivement 1.000.000 pour les premiers et 300.000 Fcfa pour les seconds. Comme on peut s’en apercevoir, le ministre de l’Administration territoriale n’a lésé aucune auto- rité administrative dans la répartition de ce qu’il a lui-même dénommé « appui financier » dans le cadre de l’élection présidentielle du 7 octobre prochain.

Pour de nombreux leaders politiques joints par nos soins, hier, alors que nous allions sous presse, il s’agit ni plus ni moins d’un acte flagrant de corruption. « Cela prouve une fois de plus

comment fonctionne le gouverne- ment qui a toujours été à la solde du parti au pouvoir. Au nom de quoi cet argent leur ont été attribué. Nous dénonçons cette façon de procéder depuis longtemps », fulmine-t-on au sein du Social democratic Front.

« Le gouvernement met ces mil- lions qui appartiennent au peuple pour corrompre les gouverneurs et autorités administratives pour qu’ils truquent les élections. Sinon, qu’est ce qui peut bien justifier une telle dotation financière à ces commis de l’Etat en ce moment précis », dénonce-t-on au sein du Mrc. Où l’on pense que les incidences politiques et économiques de la corruption au Cameroun sont nombreuses. « Ce

fléau est un véritable obstacle à la bonne marche des affaires publiques et freine considérablement les affaires privées, et donc le développement économique », analyse un cadre du Purs.

Affaiblissement des institutions

Au niveau politique, poursuit- il, la corruption au Cameroun entache la légitimité des gouvernements en renversant les processus officiels. Aussi participe-t- elle considérablement à l’affaiblissement des institutions, pense un politologue. A en croire le Cpp, « de cette brèche naît une inégalité dans la prestation des services publics au citoyen. On assiste à la suspension pure et simple de la primauté du droit dans la marche des administrations publiques. Les procédures sont délaissées. Les ressources sont affectées à d’autres emplois que ceux initialement prévus. Le recrutement et la promotion des fonctionnaires se basent sur des considérations autres que le mérite et les compétences ».

En attendant que les partis politiques engagés dans la course au fauteuil présidentiel montent au créneau pour dénoncer cet acte du ministre de l’Administration territoriale, force est de noter que le niveau de corruption comme celui qui règne au Cameroun ne saurait permettre l’éclosion d’un terreau institutionnel propice à la prospérité économique.

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