CAMEROUN :: La communication du président de la République : Rodrigue Soffo, “Le mythe du complot” :: CAMEROON
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  • Le Jour : Propos recueillis par Claude Tadjon
  • mercredi 18 mars 2015 12:06:36
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CAMEROUN :: La communication du président de la République : Rodrigue Soffo, “Le mythe du complot” :: CAMEROON

Dirigeant d’un cabinet de lobbying, il décrypte les ressorts de la communication du chef de l’Etat.

La communication du chef de l'Etat renvoie-t-elle à une réalité lisible et structurée ?
La propagande autour du Chef de l’Etat ne saurait se confondre à une communication du président de la République du Cameroun. Cette propagande est la traduction de la conception qu’un demi-siècle de magistrature suprême a donné du pays et de la fonction. Elle ne renvoie à aucune réalité ; elle correspond davantage à un mythe qui curieusement est profondément structuré et rendu lisible par certains codes. La communication présidentielle au Cameroun s’articule autour du mythe du président-Dieu.

Elle est structurée autour de l’image d’un être à la fois infaillible, omnipotent, omniscient, dispensateur de tout et dépourvu de l’obligation de rendre compte. Ce mythe en a généré un autre qui lui commande les éléments de langage des acteurs de la propagande présidentielle. C’est le mythe du complot permanent et de la convoitise absolue. Convoitise du poste de président de la République par des groupes dont les noms changent au fur et à mesure que s’écoule le temps et que la classe politique est épurée. Convoitise du Cameroun, de son infinie richesse, de sa glorieuse souveraineté, de son incroyable sagesse. Ce qui bien entendu correspond à une réalité très discutable.

Quel regard posez-vous sur cette façon de communiquer ?
Etant donné que le Président entretien avec son peuple une relation de « createur-creature », pour paraphraser l’un de ses stratèges en « Communication » par ailleurs Grand chancelier des ordres académiques, il n’a pas l’obligation de s’assurer que son message est correctement déchiffré. Il n’est donc pas tenu de s’assurer que les outils, canaux, postures et occasions de diffusion sont appropriés. Le choix des collaborateurs chargés de structurer, d’impulser et de traduire les messages de cette « communication » est faussé de ce simple fait. Soit on recrute dans la Cour, des personnes incapables de critiques, soit on vide le journalisme de ses quelques professionnels pour en faire des spécialistes de tout dans le vaste champ de la communication.

Quelles seraient les pistes d’une communication du président plus efficace ?
La communication, dans son acception de base est un moyen pour valoriser la réputation globale d’un pays, d’une fonction, d’un homme, fut-il providentiel. Qui dit réputation dit point de rencontre entre la réalité et la perception qu’en font les différentes parties prenantes. Il faut donc qu’il existe une réalité, que les parties prenantes soient cartographiées et engagées et qu’une véritable expertise définisse les différents messages qui permettront à chaque partie prenante, en fonction de sa spécificité d’avoir la perception souhaitée de la réalité qui existe. C’est le préalable pour passer de l’actuelle propagande à une véritable communication présidentielle.

© Le Jour : Propos recueillis par Claude Tadjon
18mars
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