TRAFIC ILLICITE DE CIGARETTES : Contrebandiers et Boko Haram main dans la main
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Le Gicam a réuni le 30 Juin 2016 la presse nationale et internationale autour du commerce illicite au Cameroun.

Selon les principaux intervenants, parmi lesquels le Secrétaire Exécutif du Gicam Alain Blaise Batongue, le Manager de la société Security Services Group Alain Tchokokam, par ailleurs expert en matière de lutte contre la contrebande et les représentants des entreprises membres du Gicam et victimes du commerce illicite au Cameroun, ce fléau s’aggrave d’année en année, nonobstant les dispositions prises pour le combattre par les autorités et le patronat.

Des sources au sein de la douane camerounaise estiment à une centaine de milliards de Fcfa les pertes annuelles subies par l'Etat du fait de la contrebande des produits pétroliers. Les enquêtes menées par le Gicam estiment à près de 5 000 tonnes de sucre en provenance du Nigeria, qui entrent frauduleusement au Cameroun chaque année, mettant ainsi en difficulté la production nationale.

Plus grave est la situation subie par l’industrie du tabac, puisque 25% des cigarettes vendues sur le marché camerounais sont issues de la contrebande, occasionnant une perte financière de l’ordre de 4 milliards de Fcfa par an pour l’Etat, tout en contribuant au financement des activités terroristes. En effet et selon Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense du Mali et aujourd’hui expert sur les questions de terrorisme et d’extrémisme violent à l’Union africaine, «le trafic des cigarettes, qu’il faut aussi ajouter aux différents trafics contrôlés par Boko Haram, a généré plus de 800 millions d’euros de profits en 2015».

Ce qui fait que, selon cet expert, «Boko Haram dispose aujourd’hui de ressources financières importantes qui lui permettent de monter des opérations, de les planifier, de les conduire et de les multiplier». 800 millions d’euros, c’est tout de même près de 560 milliards Cfa. Une véritable manne financière qui renforce les activités de cette nébuleuse terroriste, activités qui endeuillent régulièrement de nombreuses familles camerounaises. Cette triste réalité, ainsi que les incidences économiques et financières sur les recettes de l’Etat et la compétitivité des entreprises sous-tendent la campagne de communication lancée en mai dernier par la Cellule de lutte contre le commerce illicite du Gicam.

C’est la deuxième campagne du genre organisée par le Gicam après celle de 2009 qui était plus large et couvrait plusieurs secteurs à l’instar des cosmétiques, des carburants, des médicaments, etc. Celle de cette année est essentiellement focalisée sur le commerce illicite de cigarettes, compte tenu de la gravité du phénomène et de ses contours sur le plan économique, mais surtout sécuritaire.

La  campagne va durer 4 mois avec au menu, entre autres, des spots publicitaires radio et télé, des films documentaires, des annonces dans la presse, des débats radio et télé, des messages dans les réseaux sociaux et une campagne d’affichage. Depuis 2004, le Gicam s’investit dans ce combat avec l’appui de la police, de la gendarmerie, de la douane et du ministère du Commerce. C’est ainsi que récemment, les actions menées ont permis d’enregistrer des saisies de centaines de cartons de cigarettes illicites à Bafoussam, Yaoundé et Douala.

Au  Port de Douala, par exemple, un container de cigarettes sans timbre a été saisi par les services de la douane, alors que l’importateur prétextait qu’il s’agissait uniquement de la matière première. «Nous savons que le combat contre le commerce illicite est un combat de longue haleine. Il nécessite l’implication de tous les acteurs.

C’est d’abord un problème de conscience personnelle, car comme la lutte contre la corruption, la lutte contre le commerce illicite doit intégrer une prise de conscience et un engagement personnel de chacun», souligne Alain Blaise Batongue.

A côté de cela, des actions doivent être permanentes et assidues afin de marquer les consciences. C’est ainsi que le Gicam mène chaque année des actions de formation, de sensibilisation et d’information du public en général et des douaniers et professionnels de la propriété intellectuelle en particulier. Dans ce cadre, le Groupement a par exemple organisé plusieurs sessions de formation des douaniers en faisant appel à des experts nationaux et internationaux.

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