-
© Camer.be : Avec CT
- 18 Jul 2026 03:01:14
- |
- 485
- |
CAMEROUN :: Douala : une prostituée refuse un pourboire de 45.000 F :: CAMEROON
Mardi 14 juillet à Ndokoti, Evelyne, 24 ans, a donné l'alerte après qu'un client lui a tendu 50 000 F CFA pour deux heures de prestation un « pourboire » décuplé qu'elle a catégoriquement refusé, préférant en référer à la police.
En général, c'est le client qui ne paie pas qui est arrêté. Cette fois, c'est pour avoir trop payé que Merrick, 37 ans, opérateur économique, l'a été.
Mardi 14 juillet, dans l'après-midi, le quartier Ndokoti à Douala a été le théâtre d'une scène pour le moins insolite. Une travailleuse du sexe de 24 ans, prénommée Evelyne, a refusé un paiement de 50 000 F CFA pour une prestation de deux heures alors que le tarif convenu était de 5 000 F.
Le client, satisfait, avait pourtant offert un pourboire de 45 000 F, qualifié de « prime pour bon rendement ». Mais Evelyne n'en a pas voulu. Et elle a porté plainte. Comment expliquer un tel refus ?
Un rendez-vous comme les autres… ou presque
À Ndokoti, quartier de l'arrondissement de Douala III, le secteur des « marchés de la chair » tourne vingt-quatre heures par jour, à l'instar des usines de la zone industrielle voisine. Mardi 14 juillet, vers 15h30, Merrick, 37 ans, opérateur économique, trouve que la prénommée Evelyne a déjà « ouvert », selon les termes employés par le journaliste Alliance NYOBIA, qui relate les faits.
Après un pot d'échauffement et d'autres formalités de mise en route, le couple se retrouve en face-à-face intramuros dès 16h. Pour la durée du « match » sollicitée, la jeune femme demande cinq mille francs. Un tarif qu'elle juge équitable.
Deux heures de prestation, un paiement décuplé
Deux heures plus tard, vient le moment du règlement. Merrick a l'air satisfait. Il offre d'abord un parfum à la jeune femme, qu'elle accepte avec allégresse.
Ensuite, il paie. Sauf qu'il ajoute un zéro à la somme convenue.
« 50 000 F CFA ? Mais on avait dit 5 000 F », aurait réagi Evelyne.
L'homme répond qu'il s'en souvient, mais qu'il considère le surplus comme une prime pour bon rendement. En somme, un pourboire de 45 000 F.
Le refus qui surprend tout le monde
C'est là que l'histoire prend une tournure inattendue. Evelyne refuse.
La jeune femme, qui dira plus tard aux policiers n'avoir jamais rien vu de tel en cinq ans de métier, rappelle à Merrick les termes du contrat. Elle ne veut pas de ce surplus. Pourquoi ? Elle ne s'explique pas, mais sa décision est ferme.
Merrick pose l'argent sur la table et s'apprête à quitter la chambre. C'est alors qu'Evelyne l'empoigne et lance un cri d'alerte, rameutant collègues et « gros bras » du quartier.
Une plainte et un client dépité
L'affaire finit au poste de police, où les agents tentent de comprendre. Un policier indique à Merrick que « personne n'est obligé d'accepter un pourboire ». L'homme reprend donc les 45 000 F de surplus et s'en va, affichant un air dépité qui en a intrigué plus d'un.
Le parfum offert en guise de générosité ? Il a été saisi par la police, dans l'attente d'une décision de justice. L'affaire, classée, a tout de même valu à Merrick une convocation au commissariat.
Pourquoi refuser un paiement décuplé ?
Au-delà de l'anecdote, cette affaire soulève des questions sur les codes et les logiques qui régissent le travail du sexe à Douala.
Plusieurs hypothèses peuvent être avancées :
La peur du piège : Dans un milieu où les risques sont omniprésents, accepter une somme anormalement élevée peut être perçu comme un signal d'alarme. Un client trop généreux peut cacher une arrière-pensée une tentative d'emprise, un piège ou une provocation.
Le respect du contrat : Dans l'économie informelle, la parole donnée a une valeur. Le non-respect des termes convenus, même à l'avantage du prestataire, peut être vécu comme une transgression des règles.
La dignité contre l'argent : Accepter un surplus trop important, c'est reconnaître que le corps et le temps ont une valeur marchande que l'on peut surenchérir. Pour certaines, refuser un paiement excessif, c'est affirmer une forme de dignité et de contrôle sur sa propre activité.
Un réflexe de protection : Dans un métier où les clients sont parfois violents ou manipulateurs, un comportement anormal même positif peut déclencher un signal d'alarme.
Une affaire qui fait débat
Sur les réseaux sociaux, l'histoire a rapidement fait le tour des discussions. Certains saluent la « dignité » d'Evelyne, d'autres s'interrogent sur sa logique économique. Beaucoup pointent du doigt la précarité du travail du sexe, où le moindre écart peut être perçu comme une menace.
La prostitution à Douala : une réalité complexe
À Douala, comme dans d'autres grandes villes camerounaises, la prostitution est une réalité quotidienne. Elle se déploie dans des « marchés de la chair » comme celui de Ndokoti, mais aussi dans des hôtels, des bars et des lieux plus discrets.
Entre 3 000 et 5 000 F CFA par prestation, les tarifs sont modestes. La concurrence est rude, les risques nombreux : violence, vols, infections sexuellement transmissibles, arrestations policières.
Dans ce contexte, le geste d'Evelyne semble aller à contre-courant de la logique de survie. Mais peut-être est-ce précisément dans ce refus que se lit une forme de résistance.
Un fait divers, mais pas que
Cette affaire est un fait divers insolite. Mais elle est aussi le reflet d'un monde où les rapports de pouvoir, d'argent et de dignité se jouent dans des espaces que la société préfère ignorer.
Elle pose une question que peu osent formuler : que vaut un corps, que vaut une prestation, que vaut une parole donnée, quand on est travailleuse du sexe à Douala ?
Evelyne, en refusant les 45 000 F supplémentaires, a peut-être voulu rappeler que son corps, son temps et sa parole ne s'achètent pas au-dessus d'un certain prix. Et que le contrat verbal, mais réel est un rempart contre l'arbitraire.
Merrick, lui, a compris que dans ce métier, l'argent ne fait pas tout. Et que la générosité, sans consentement, peut être vécue comme une violence.
Et vous, à sa place, qu'auriez-vous fait ? Accepté ou refusé ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique SOCIETE
Les + récents
N/A :: les + lus
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
- 30 April 2015
- /
- 1046647
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
- 15 July 2015
- /
- 583673
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
- 03 March 2016
- /
- 470213
Oyom-Abang : une femme marche nue à Yaoundé VII
- 09 July 2015
- /
- 388440
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 244486
