Biya absent depuis 2 mois : Akere Muna hausse le ton
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Cameroun - Biya absent depuis 2 mois : Akere Muna hausse le ton

Près de 30 millions de Camerounais attendent une réponse simple : où est leur président ? Depuis le 7 juin 2026, Paul Biya n'est plus apparu publiquement. Face à ce silence prolongé, une voix respectée de la société civile refuse de se taire.

C'est dans ce climat d'incertitude qu'Akere Muna, figure de la lutte anti-corruption et ancien Bâtonnier du Barreau du Cameroun, a choisi de rompre le silence. Sa question, simple en apparence, résonne comme un séisme politique : « Faut-il qu'une nation devine où se trouve son président ? »

Akere Muna interpelle la présidence sur l'absence prolongée de Paul Biya

Depuis le 7 juin 2026, le président camerounais Paul Biya, 93 ans, séjourne hors du pays. Selon les informations disponibles, le chef de l'État se trouverait en Suisse, où il aurait entamé ce qui avait été présenté, à l'origine, comme un court séjour privé aux côtés de son épouse Chantal Biya. Près de deux mois plus tard, ni l'un ni l'autre ne s'est exprimé publiquement, et aucun calendrier de retour n'a été communiqué.

Un silence qui interroge

C'est dans ce contexte qu'Akere Muna, figure connue de la société civile camerounaise, a pris la parole. Dans une déclaration publique, l'ancien Bâtonnier a affirmé que l'absence du chef de l'État, conjuguée à l'absence de communication claire de la part de la présidence, alimente une incertitude grandissante parmi les citoyens.

La présidence camerounaise a, pour sa part, maintenu que le président n'est ni hospitalisé, ni souffrant. Une explication que Akere Muna juge toutefois insuffisante face à l'ampleur des interrogations soulevées dans le pays.

« Faut-il qu'une nation devine où se trouve son président ? », a-t-il demandé, ajoutant qu'il lui semblait difficile de comprendre comment un président en exercice pouvait rester hors du regard public pendant près de deux mois sans, selon ses mots, une communication claire et rassurante à l'endroit de la nation.

Une question d'âge, mais surtout de méthode

Akere Muna a pris soin de nuancer son propos. Compte tenu de l'âge du chef de l'État, une maladie serait, selon lui, compréhensible. Ce qu'il conteste, en revanche, c'est l'absence d'explication transparente. Il a évoqué « le silence, le suspense et la spéculation imposés à près de 30 millions de Camerounais » comme étant difficilement justifiables dans les circonstances actuelles.

Un contexte politique sous tension

Cette prise de position s'inscrit dans un climat déjà marqué par une inquiétude croissante. Selon plusieurs médias, l'absence du président aurait dépassé les 60 jours à la date du 6 août 2026, un record pour le chef de l'État camerounais, connu pour ses séjours réguliers à l'étranger, notamment à l'hôtel InterContinental de Genève. Cette situation aurait par ailleurs conduit au report d'événements institutionnels, et ravivé le débat sur la gouvernance et la succession au sommet de l'État.

D'autres figures de l'opposition, dont Issa Tchiroma et Maurice Kamto, se seraient également exprimées sur le sujet ces dernières semaines, sans toutefois parvenir, selon certains analystes, à transformer ces critiques en mobilisation politique d'ampleur.

Un appel à la transparence

Akere Muna a conclu sa déclaration sur une note qu'il veut porteuse d'espoir : si la vérité peut être inconfortable, elle serait, selon lui, en définitive libératrice. Une communication transparente de la part des autorités permettrait, a-t-il estimé, de libérer la nation de cette incertitude prolongée.

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