Amougou Belinga-Danwé : des liens « particulièrement étroits », dit un témoin
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Cameroun - Amougou Belinga-Danwé : des liens « particulièrement étroits », dit un témoin

Sept heures de contre-interrogatoire, une phrase qui claque : « Ces trois millions ne représentent pas l'arrosage du galon. » Le procès Zogo suspend son souffle. (149 caractères)

Procès Martinez Zogo : le témoignage du colonel Otoulou fragilise la version de la défense

La salle d'audience retient son souffle. Depuis plusieurs heures déjà, le colonel Jean-Pierre Otoulou, directeur des opérations de la commission mixte d'enquête, fait face à une contre-interrogatoire serré. En tant que 34e témoin, ses déclarations sont scrutées de près : elles touchent au cœur même de l'un des procès les plus suivis du pays.

Des liens jugés « particulièrement étroits »

Le tournant de l'audience survient lorsque Me Ndoumou, avocat de la défense, aborde la question des relations entre l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et le colonel Justin Danwé. S'appuyant sur ce qu'il présente comme les résultats d'expertises techniques et des procès-verbaux recueillis pendant l'enquête, le colonel Otoulou affirme que les investigations font apparaître des relations qu'il qualifie de « particulièrement étroites » entre les deux hommes.

Selon son témoignage, les échanges analysés révéleraient des contacts suivis allant jusqu'à des renseignements que le colonel Danwé aurait communiqués à Jean-Pierre Amougou Belinga concernant plusieurs chefs d'État africains. Une affirmation qui, à ce stade, relève du témoignage et n'a pas été confirmée par d'autres sources indépendantes.

La question de l'argent : trois versements sous la loupe

Puis vient le moment le plus attendu de l'audience : celui de l'argent. Le témoin rejette catégoriquement la version défendue par les avocats de la défense, selon laquelle les sommes versées relevaient de largesses traditionnelles offertes à l'occasion de l'obtention d'un galon militaire.

Au contraire, le colonel Otoulou soutient que l'enquête aurait établi trois versements distincts : deux millions de francs CFA, suivis de deux remises successives de cinq cent mille francs CFA soit un total de trois millions de francs CFA.

« Ces trois millions ne représentent pas l'arrosage du galon du colonel Danwé », a-t-il déclaré devant les juges, selon les propos rapportés à l'audience.

Une phrase, deux lectures possibles

Face à cette déclaration, une question demeure centrale pour le tribunal : ces fonds pouvaient-ils réellement financer une opération d'une telle ampleur ? Interrogé sur ce point précis, le témoin s'est refusé à tout commentaire sur l'usage qui aurait été fait de cette somme, se limitant à répondre : « Je ne suis pas responsable de la gestion qu'a faite le colonel Danwé. »

Une réponse qui, loin de clore le débat, alimente déjà les interprétations dans un procès où chaque déclaration est disséquée.

Une audience marathon, un procès sous tension

Après plus de sept heures de débats intenses, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire aux 31 août et 1er septembre 2026, pour la poursuite de la contre-interrogatoire du colonel Otoulou. Ses déclarations, qui occupent une place centrale dans ce procès hors norme, devraient continuer d'alimenter les échanges lors des prochaines audiences.

Rappel : à ce stade de la procédure, les propos rapportés constituent des témoignages et des allégations formulés devant le tribunal, non des faits établis judiciairement. La présomption d'innocence s'applique à toutes les personnes mises en cause.

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