Hommage au Pr. Laurent ZANG
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Du jeune enseignant non conformiste, libre-penseur, en perpétuel conflit avec l’administration universitaire et le politique, au Patriarche académique sage, réservé, respecté par ses pairs et adulé par les étudiants.

La nouvelle de la disparition de l’universitaire Laurent Zang, professeur de l’Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC), laissera très peu de personnes qui l’ont connu et fréquenté sans émotions fortes. II était incontestablement au départ, une forte tête insaisissable, incomprise et redoutée dans son milieu professionnel, avec une inacceptable versatilité. Il s’est ensuite mué, au faîte de son art, en un maître sachant baliser les chemins de la conciliation, de la médiation et du pragmatisme à tous les niveaux.

Il aura démontré un admirable attachement au métier des conteurs, des analystes et des indicateurs experts, des compétitions et des secrets de la scène internationale.

Contestataire quelque peu brouillé et distant, le Pr. Laurent Zang le fut, mais captivant, attirant et plein de fraternité et d’amitié, il l’était devenu au fil des ans. Il aura ainsi incarné à lui tout seul, la sublime et étonnante symbolique des deux visages nécessaires de l’enseignant en perpétuelle sondage, introspection, projection, appropriation et quête de maîtrise de son temps. Africaniste par dévotion et par pureté traditionnaliste, il œuvrait pour une dissémination aux apprenants livrés à l’autorité de son magistère scientifique, des savoirs et des connaissances intégrant les réalités des justes intérêts nationaux, des légitimes attentes du terroir et des peuples.

Modèle extraordinaire du non-politique, son aversion légendaire pour l’agitation opportuniste comme courroie vers les sommets du régime, témoignait du choix original d’une vie d’humilité et de presque moine. Il était ainsi un genre unique sans souci du paraître, dans notre cité où les toges des amphithéâtres, se sont transformées en carapaces et mieux en tremplins, du saut vers le strapontin d’ostentation publique et de visibilité villageoise.

L’IRIC perd avec son absence définitive mais humaine, l’une des dernières pièces vivantes de sa patiente construction et de son ambivalente mutation. Le mémorable internationaliste aura assisté mélancolique et discret, sans réel pouvoir d’influence, au passage de la prestigieuse école du statut exceptionnel de moule de formatage de plusieurs cuvées de cadres chevronnés de la diplomatie, à celui d’institution académique presqu’ordinaire, faite d’une juxtaposition de cursus arc-en-ciel./.

Je m’incline avec tous les honneurs et le protocole mérités devant sa mémoire, et délivre la plus intime, la plus amicale et la plus fraternelle des condoléances, à sa famille, à ses amis et collègues, au Directeur le l’IRIC, au Recteur de l’Université de Yaoundé II/SOA, et enfin au Ministre d’Etat, Ministre de l’enseignement supérieur./.

Yaoundé, le 18 Octobre 2021

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