Canal du Mfoundi : L’insalubrité tisse sa toile
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Cet ouvrage, qui a été transformé en des toilettes publiques, est également devenu un lieu de business.

Un décor d’ordures le long du lit du canal du Mfoundi. Des odeurs nauséabondes accueillent tout visiteur. Et cela est manifeste grâce à un collectif de mouches qui fréquentent régulièrement les lieux. Plus encore, certains usagers ont transformé l’espace en toilettes publiques. Tour à tour, des usagers viennent pour se mettre à l’aise sans gêne. Autour de ce canal, des activités génératrices de revenus se sont développées. Tenez par exemple, les véhicules des particuliers, des cars de transport et autres engins de transport ont déjà occupé le canal qui traverse la voirie municipale, non loin de la poste centrale, jeudi 07 octobre.

Une longue file d’attente pour ces voitures qui venues se faire laver. Non loin de là, de jeunes garçons fabriquent des parpaings de construction. Le long du canal sert aussi d’espace d’apprentissage pour auto-écoles. Plus bas, on aperçoit d’autres personnes, avec des pelles à la main, en train de sortir du sable de l’eau qui coule à longueur de journée. Bref, le canal du Mfoundi, qui constitue le premier système de drainage de la ville aux sept collines, est devenu, au fil du temps, un dépotoir de déchets domestiques, de rejets industriels, d’eaux résiduaires domestiques et industrielles. Il est constitué également de déjections d’habitations non réglementées.

Petits métiers

En effet, plusieurs activités sont pratiquées par des Camerounais le long du canal municipal du Mfoundi. « Cela va bientôt faire trois ans que je lave des voitures dans ce lac. Nous travaillons régulièrement de 06h à 17h. Et c’est une activité qui rapporte bien. Nous n’avons pas de problèmes. Certaines autorités viennent aussi avec leurs véhicules », confie Noha, laveur. Certains par contre gagnent leur pain dans la vente du sable. « Quand je sors tôt, je peux sortir une bonne quantité de sable de l’eau. Les prix des tas commencent à 5000 F CFA, selon la quantité. Quand le sable ne sort pas, je migre souvent vers la laverie », explique pour sa part Loïc. Il n’y a pas que les hommes : les femmes quant à elles ont opté, pour leur majorité, pour l’horticulture.

« J’ai fait une pépinière de fleurs, comme vous pouvez le constater. Je suis installée là parce que l’eau coule dans le canal. Du coup, je n’ai pas de problème d’eau. Je puis vous dire que c’est une activité rentable », confie Martine. Ceux qui font dans la maçonnerie trouvent également leur part. « Moi, je fabrique les parpaings. Ici, je trouve tout le nécessaire pour mon travail. Il y a du sable que j’achète à côté. Quant à l’eau, elle coule dans le lac. Tout l’effort que je fais, c’est simplement d’apporter mes sacs de ciment pour le mélange. Et je vends mes parpaings sur place. Il y a des clients qui passent leurs commandes tous les jours », développe tout trempé de sueur, Yannick.

Un projet bouché

Ce qu’il faut rappeler, c’est que le canal du Mfoundi avait été construit dans le cadre du Projet d’aménagement de la ville de Yaoundé (PADY). Il est question de la construction d’un canal de 17,5 kilomètres sur le lit de la rivière Mfoundi(phase 1), la deuxième phase devrait aboutir à la construction d’un canal de drainage de 6 kilomètres le long du lit principal de la rivière Mfoundi, et de quatre canaux de drainage de 8 kilomètres le long des tributaires, entre autres. Cette œuvre qui évolue à pas de tortue est un projet engagé depuis 2005 par le Cameroun, en partenariat avec la Banque africaine de développement (Bad), l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Par ailleurs, la communauté urbaine de Yaoundé et ses partenaires internationaux avaient envisagé au départ un aménagement qui rendrait le Mfoundi navigable pour les bateaux-taxis. Cette option jugée trop onéreuse, mais qui présentait de nombreux avantages, à l’instar du développement de l’écotourisme, avait été très tôt abandonnée.

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