Wanted : le riz Orca
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Je suis tombé le week-end dernier sur le statut WhatsApp d’un ami, qui portait le message suivant : « Il y a un an jour pour jour, disparaissait le riz Orca. Ayons une pensée pieuse pour l'illustre disparu. » Le post s’achève avec deux émoticônes qui pleurent comme une source. De l’humour donc. Du Jean Miché Kankan pur !

Le premier souvenir précieux que me rappelle le post ce sont les célèbres films Western de notre enfance et ces affiches non moins célèbres : « Ramenez mort ou vif ». Elles étaient placardées devant chez le shérif, à la porte du saloon, aux quais de gares de l'ouest des États-Unis, cette espèce de no-man’s-land jadis peuplé d’une race d'hommes exceptionnels nommés « cowboys », qui faisaient la loi avec le Colt et le poing. Ces annonces qui sont en réalité les ancêtres de l’avis de recherche moderne, comportaient les écritures, le portrait-robot du renégat à ramener vivant ou mort de chez mort mais aussi la récompense en dollars.

Le deuxième souvenir que m’évoque le statut WhatsApp de mon ami a tout à voir avec le premier mais rien avec le cinéma. C’est le riz Orca. Un cas d'école dans la proverbiale histoire du détournement de la chose publique au Cameroun. Le fameux. Où est-il donc passé ? L’histoire. Une bonne samaritaine d’entreprise nommée « Orca » envoyée par Dieu chez nous pour panser nos plaies du Covid-19, se propose un jour d’avril 2020 de nous offrir 4000 sacs de riz. C’est beaucoup et bien peu mais, en période Covid, qu’importe la couleur du grain de riz pour la poule !

Orca déposa donc son riz devant la cour du plus qu’incorruptible monsieur le ministre de la santé publique. Dans toute l’étendue de sa légendaire honnêteté, ce dernier le compta grain après grain, emballa et déposa à son tour sous la fenêtre d'un certain Paul Atanga Nji (Atango pour les intimes), le très intègre ministre de l'administration de notre territoire venu droit du Faso. C'est aussi l'homme qui inaugura la distribution du don spécial du Chef de l'État fait de seaux de maçonnerie pour se laver les mains. Original ! Atango battit le rappel de la préfectorale, remit le paquet aux gouverneurs, les gouverneurs donnèrent aux préfets et les préfets donnèrent aux sous-préfets. Et la chaine alimentaire fut bouclée. L’itinéraire du riz Orca aurait-il pu être plus clair ? Du Transparency international pur !

Heureusement qu’au Popoland, il est toujours si loin de la cuillérée de riz Orca à la bouche ! Le riz Orca est porté disparu ! Ce qui rappelle le célèbre « Coup de cœur » organisé en 1994 pour sauver la participation des Lions indomptables au mondial de foot qui se jouait aux Etats-Unis. Veufs, orphelins, bègues, voyants, non-voyants, bagnards, et fantômes, etc., tous, nous mîmes la main à la poche ! Et une mallette d’argent se trouve toujours entre New York, Paris, Londres, Honolulu et Yaoundé. Du moins, d’après un certain Augustin Kontchou Kouomegni, le Ministre de la communication d’alors.

Selon la légende, Popol dit un jour à un proche collaborateur rongé par le démon de la kleptomanie, qui était accusé d’avoir distrait l’argent de quelques obsèques : « Mon frère, toi tu voles même l’argent des morts ? » Plus géniaux que les Camerounais, ta gueule ! Pour revenir à notre riz Orca, car c’est le nôtre, ramenez-le-nous grains ou poudre, rôti ou sauté, s’en fout !

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