COVID-19 : Le gouvernement échoue dans sa stratégie de vaccination
CAMEROUN :: SANTE

CAMEROUN :: COVID-19 : Le gouvernement échoue dans sa stratégie de vaccination :: CAMEROON

Assemblée nationale, vendredi, 04 juin 2021, il est 11 heures, une ambiance des jours ordinaires y règne. La campagne de dépistage et de vaccination volontaire contre le covid-19 lancée mercredi, à l’intention du personnel et des personnes accréditées à la session qui s’ouvre demain, ne trouve pas un écho favorable. Le personnel médical se tourne les pouces.

Par groupe, il se raconte leurs « aventures ». À peine dix personnes occupent la véranda qui conduit au centre de dépistage contre le coronavirus, en attendant le résultat du test PCR. Toute personne testée « Négatif », regagne son bureau sans la moindre intention de se faire vacciner. Aucun usager ne s’est encore présenté au service de vaccination « As-tu déjà fait ton test contre le coronavirus ? S’il est négatif, vas directement prendre ta première dose de vaccin », dira un directeur à son collaborateur.

En retour, celui-ci reçoit une fin de non-recevoir « M le Directeur, je ne prends pas de vaccin. Comme mon résultat est négatif, je continuerai à prendre mes précautions ». Ce qui se passe en ce moment à la Chambre basse n’est pas un cas isolé. La vaccination contre le covid-19, qui a démarré le 11 avril 2021, gagne peu à peu le corps social camerounais. Selon le rapport de situation covid-19, au 26 mai 2021, 57 630 personnes ont reçu la première dose dans tout le pays et 8 988, la deuxième dose. Dans la région du Centre, c’est 12 299 qui ont reçu la première dose et 26 27 la deuxième. Un gap abyssal de près de 700 000 vaccins en attente de candidats. Dr Shalom Tchekfe Ndoula, Secrétaire permanent du PEV, précise dans une interview accordée au quotidien Le Jour, « la population hésite encore parce qu’en plus d’être un nouveau vaccin, celui contre le covid-19 a été pratiquement critiqué. Il fait l’objet de beaucoup de critiques dans les réseaux sociaux.

Le problème, c’est la perception que la population a eu du vaccin. Nous comprenons bien leur hésitation, ainsi que celle du personnel de santé. Je pense que le vaccin a fait l’objet d’une campagne de désinformation bien organisée ». Et pourtant, le PEV espérait vacciner pour cette première phase environ 800 000 personnes. « Actuellement, nous sommes seulement à 63 000 personnes dans tout le pays ».

Malgré l’élargissement de la vaccination à toutes les cibles et l’extension des centres , l’intégration de la vaccination dans les activités de routine et le mécanisme de financement basé sur les performances, la communication de proximité dans toutes les communautés et l’identification des centres de vaccination supplémentaires de manière à couvrir toutes les Aires de Santé avec un Centre de vaccination, le gouvernement à travers le ministère de la Santé publique et ses partenaires n’a pas atteint son objectif. Toute chose qui selon le Secrétaire permanent du PEV déteint l’image du Cameroun « nous ne pouvons pas dans un délai aussi court changer les perceptions ou rassurer ou encore repérer tous les torts de la désinformation bien organisée ». En mettant sur pied la stratégie d’accélération de la vaccination, le but était d’atteindre 5000 personnes vaccinées par jour, « en dehors des campagnes de vaccination intensives organisées occasionnellement », précisait Manaouda Malachie dans un document du 21 mai adressé aux 10 délégués régionaux de la Santé publique.

Jusqu’alors, le Cameroun vaccine une moyenne de 1360 personnes contre le covid-19 par jour. « La moyenne est faible », reconnait Dr Tchokfe Shalom Ndoula, secrétaire permanent du Programme Élargi de vaccination. Ce d’autant plus que son ambition est de vacciner au moins 20% de la population avant l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier 2022. Les cibles potentielles trainent le pas et pour des raisons diverses « personnellement, je crois plus en la médecine traditionnelle, qu’en la médecine. Jusqu’ici, nous avons vu que le remède à base de plantes que nous a proposé Mgr Kleda est plus sûr que le vaccin, je ne vois pas pourquoi je me ferai vacciner. Les mesures barrières et ce remède me suffisent », lance un étudiant.

La désinformation autour de cette campagne de vaccination en est également une conséquence « Les polémiques qu’il y a eu autour de ces vaccins font peur. Nous ne savons pas lequel des deux vaccins (Astra Zeneca, Sinopharm) est sûr. Et puis l’État n’a vraiment pas rassuré sa population sur la qualité, les effets indésirables, ou secondaires de chacun de ces vaccins. S’il faut que je me fasse vacciner un jour, j’aimerai d’abord avoir les composantes dudit vaccin et en savoir plus sur les éventuels effets ».

La conséquence immédiate de ce désintéressement est la péremption des vaccins. Le vaccin Astrazeneca reçu le 17 avril 2021, à près de 400 000 doses expire en septembre. La solution serait à en croire le Secrétaire permanent du PEV d’accélérer la vaccination. A Orca, le centre spécialisé de prise en charge des patients atteints du covid-19 et à l’hôpital Gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, la campagne se poursuit. D’autant plus que le danger covid-19 rôde toujours. Le rapport de la situation covid-19 au Cameroun dont les sources sont le Centre de coordination (Ccousp) et le ministère de la Santé publique (Minsanté) renseigne qu’à la période allant du 13 au 19 mai 2021, 77 982 cas de coronavirus ont été complétés sur l’étendue du territoire.

Parmi ces cas confirmés, 72 926 personnes en sont guéries et 1270 ont trouvé la mort. Les régions du Centre, du Littoral et du Nord-Ouest ont enregistré la plus grande proportion des déc7s avec respectivement : 28,3%, 18,5%, 16,0%.

Lire aussi dans la rubrique SANTE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo