De la dépravation des mœurs en milieu scolaire camerounais
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De la dépravation des mœurs en milieu scolaire camerounais :: CAMEROON

Les pays Africains en général, et le Cameroun en particulier, subissent les influences technologiques et culturelles des pays dits développés. La dépravation des mœurs peut être une conséquence de plusieurs facteurs aussi bien familiaux, sociétaux ou encore culturels.

L’avènement de nouvelles technologies ne facilite pas la donne. Avec l’arrivée de ces nouvelles technologies, diverses sources d’information, pas toujours contrôlées par les parents, deviennent accessibles aux enfants. En plus, il arrive que les enfants soient soumis à une multitude d’influences qui échappent au contrôle des parents : l’école, la rue, les groupes d’amis, les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ont un impact considérable sur les jeunes. Ils sont aujourd’hui indispensables dans la vie de certains d’entre eux. Notre jeunesse aujourd’hui pose problème. Il ne manque pas de jours où nous nous retrouvons face à des images montrant des jeunes ayant des comportements douteux. Sur les réseaux sociaux, ces comportements déviants prennent une autre ampleur. Plusieurs faits de violence nous parviennent souvent en direct de la toile, ce qui provoque l’émoi général. Comment comprendre que nos jeunes puissent aller aussi loin dans leur liberté en violant des règles de conduite en société ?

Parler de mœurs c’est faire allusion à des règles imposées par la morale sociale à une époque donnée. Les mœurs, qui ne sont pas nées aujourd’hui, appartiennent à une époque révolue, celle de nos anciens. Il existe par conséquent un problème générationnel entre le traditionnel et l’actuel. La dépravation des mœurs est dans la même suite d’idées un outrage aux bonnes mœurs. La dépravation, si nous nous en tenons à sa définition d’après le dictionnaire, est un comportement dénaturé, une manière de se conduire qui ne cadre pas avec la morale.

La société camerounaise peut être considérée comme étant une société essentiellement patriarcale. L’homme est dépositaire de l’autorité au sein de la famille. La femme y occupe une place prépondérante. Elle est le sein nourricier. C’est elle qui lave, soigne, éduque, veille à la bonne tenue de sa maison et de ses occupants. Le rôle d’éducatrice parfois peut lui valoir le courroux du père de famille lorsque celui-ci estime qu’il existe des failles dans l’éducation de l’enfant. Parfois, pour renforcer son autorité auprès de l’enfant, elle peut avoir recours à l’autorité paternelle. Pour les familles monoparentales, l’éducation est assurée aussi bien par le parent que par son entourage, les oncles, les tantes et jusqu’à une certaine mesure certains voisins. Tout le monde est gardien de tout le monde. Malgré cet effort d’équilibre, nous constatons l’apparition d’un déséquilibre dans la vie sociale de nos jeunes. Comment l’expliquer ?

Avec l’évolution de la société découle l’évolution des mentalités. La démographie galopante, la pauvreté, la crise économique sont quelques phénomènes sociaux à la base du grand banditisme, des enlèvements, des viols, des disparitions d’enfants, des meurtres. Par souci de protection pour leur progéniture, les parents font de moins en moins confiance à tout ce qui les entoure. Il devient difficile de laisser son enfant avec un inconnu. L’intervention du voisin est désormais considérée comme une violation d’un espace qui n’est pas le sien. La confiance qui jadis pouvait exister disparaît. Il apparaît un accroissement de la liberté chez le jeune qui n’a plus que son parent comme principale figure de référence.

Il est aujourd’hui difficile pour les parents d’exercer un contrôle parental sur leurs enfants. Cette jeunesse qui veut évoluer suivant les tendances de la société occidentale finit par s’embourber et se retrouve prise au piège. Dans les milieux scolaires, le premier facteur responsable du détournement des jeunes est la mauvaise compagnie. Nombreux sont ces camarades qui font des lycées et des collèges des lieux de trafic de toutes sortes de stupéfiants. Certains se font passer pour des lycéens, arborent des tenues de classes mais s’y rendent pour toute autre chose. Dans les classes, on retrouve des élèves en possession de toutes sortes d’armes. Au moindre mécontentement, ils n’hésitent pas à se servir de leurs armes aussi bien contre d’une part, leurs enseignants et d’autre part, leurs camarades. L’école devient une école assassine.

En dehors de la télévision, l’ordinateur peut être considéré comme un des instruments phares qui contribue à la dépravation des mœurs. Pour se construire, la jeune génération a besoin l’autre, de son regard. En tant qu’instrument qui le met en relation avec son semblable, internet devient l’espace adéquat qui lui offre un contexte unique permettant au jeune de participer à toute vie publique. C’est à la suite du développement important des nouvelles technologies que le phénomène internet a évolué.

Les réseaux sociaux ont conquis le cœur des jeunes. La place des réseaux sociaux est prépondérante de nos jours, ils permettent de fédérer, de réunir, de créer des échanges sur tout ce qui nous entoure une nouvelle mode grâce à Instagram, Facebook, tweeter. L’utilisation des téléphones portables à l’intérieur et hors de l’enceinte des établissements favorise la création et l’appartenance à des groupes où peuvent se partager tout type de contenus. Des applications telles que Snapchap, Tiktok.

Malheureusement tout n’est pas toujours rose avec les Réseaux sociaux puisque nos jeunes deviennent facilement accros. Les Réseaux sociaux sont à l’origine d’une baisse de la concentration, le cyberharcèlement par d’autres utilisateurs. A l’aide des téléphones, il est plus facile de prendre des rendez-vous pour organiser des fêtes d’anniversaires et d’autres rencontres de réjouissance lesquelles se transforment souvent en rencontres avec comme finalité la consommation d’alcool, de drogues fortes de toute sorte, de sexe et pour finir, des viols.

Les réseaux sociaux ont des effets néfastes sur les jeunes. Les jeunes filles, sont de plus en plus enclines au culte du corps parfait. La jeune fille s’assimile à des célébrités (télénovelas), ce qui entraine chez elle une perte de l’estime de soi. Ce regard sévère sur son corps est accentué par les réseaux de placements des produits des « influenceuses », les crèmes pour le corps, les potions amincissantes ou autre remède miracle. Tout ceci pouvant provoquer une sorte de dysmorphie chez la jeune fille qui aura des pensées obsédantes sur des défauts imaginaires ou obsédée par l’imperfection de l’apparence physique.

Il y a seulement quelques années, les adolescents n’avaient pas accès aux médias audiovisuels. Les familles qui possédaient un poste de télévision se comptaient au bout des doigts. L’éducation qui primait en ce temps était celle des parents, celle de l’ancienne génération qui accordait une grande importance à la morale ou encore l’éducation des maîtres. Il était plus facile de canaliser le comportement d’un enfant. Aujourd’hui, les équipements médias et leur contenu ont pris le pouvoir sur les habitudes des plus petits comme des plus grands. Il devient facile de trouver sur internet des vidéos d’adolescents pratiquants des partouzes dans des domiciles privés ou molestant leur camarade.

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