MORT D'IDRISS DEBY: CE QUI MANQUE A L'AFRIQUE NOIR...C'EST UN IMAGINAIRE PAR CALVIN DJOUARI
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FRANCE :: MORT D'IDRISS DEBY: CE QUI MANQUE A L'AFRIQUE NOIR...C'EST UN IMAGINAIRE PAR CALVIN DJOUARI

« Ce qui manque à l’Afrique Noire, c’est un imaginaire. C’est pourquoi nous sommes encore en captivité »  

Le président de la république du Tchad IDRISS DEBY ITNO a été tué par balle alors qu’il était sur le terrain des opérations selon les sources militaires écoutées à la radio nationale tchadienne. Le président IDRISS, élu pour un sixième mandat s’apprêtait à prendre fonction lorsque les rebelles venus de Lybie l’ont invité à affuter ses armes.

Ces derniers jours, il était en pleine forme et avait même assisté à la prestation de serment du président DENIS SASSOU-NGUESSO. C’est donc un homme qui meurt avec toutes ses forces et son intelligence qu’il avait mises au service de la sous-région. La photo qui circule sur la toile, si elle est authentique montre une tête ouverte par une balle, les yeux mi-clos par une main ; en bermuda blanc maculé de sang, le maréchal président est étalé de tout son long, allongé sur le dos, dans un corps sans vie.

Le président Deby était un homme éloquemment calme, devenu Maréchal à cause de sa bravoure et ses prouesses de guerre, l’homme   s’en est allé comme un vulgaire animal dans un abattoir. L’Afrique vient de perdre un président qui avait eu une brillante carrière et qui avait rehaussé le courage de l’homme Noir.

 Malgré son parcours des plus tumultueux, il s’est battu pour la grandeur de son pays.  IDRISS fut d’abord un rebelle, sans aucune culture politique et sans grade universitaire éloquent, il parvint à se hisser dans le haut du pavée, de victoires en victoires, il volait comme l’aigle et il finit à se faire bombarder ce titre d’honneur de maréchal très prisé par les militaires conquérants.

Puis d’année en année, Idriss est devenu le maître incontesté de l’Afrique centrale ; le gardien de la sous-région ; grâce à lui l’Afrique centrale réussira à mettre hors d’état de nuire la secte Boko Haram. L’Afrique perd un de ses meilleurs soldats qui dignement, défendait ses valeurs en l’évoquant au plus haut.  

Mais, il est important de se le demander, d’où vient cette soif de tant de nos hommes de vouloir faire les guerres dans le contexte socio-économique et sanitaire difficile ? À quoi peut bien servir des hommes qui veulent prendre le pouvoir dans un pays toujours en guerre ? Quel pouvoir détiendront-ils en réalité ? En Afrique on a toujours des dictateurs éclairés.

Personne n’est libre dans son action, aucun chef d’État n’est sûr de lui, même s’il est démocratiquement élu. La démocratie est un leurre. Elle est prise en otage par ceux qui détiennent les armes et qui peuvent agir dès qu’ils ont un petit espace libre et sans surveillance. La souveraineté populaire reste encore minime.

On se demandera toujours est-ce qu’il existe bel et bien un pouvoir caché dans chaque pays africain, qui s’exprime par le biais de la violence ?  Ce pouvoir sournois qui interdit aux peuples et aux individus de prendre en main leur destin. Avec la mort d’Idriss Deby, l’Afrique noire perd son temps en parlant de démocratie. Quand les hommes en tenue voudront à chaque circonstance, ils prendront le pouvoir s’ils ne sont pas surveillés de près. L’Afrique est entourée des confréries inconnues.

Celles-ci dictent littéralement leur comportement aux hommes politiques africains peu subtils qui tombent toujours dans ces duperies. On nous dicte ce qu’on doit manger, ce que nous devons boire, et en quelle quantité, dans quelle posture et souvent de quelle manière on doit se vêtir jusqu’au couleurs de nos vêtements. Sans oublier que nous sommes également guidés dans nos modes de penser. Nous sommes encore colonisés contrairement à l’Afrique du nord qui s’est libérée parce qu’il existe chez les arabes un imaginaire.  

Ce qui manque à l’Afrique Noire, c’est un imaginaire. C’est pourquoi nous sommes encore en captivité. Il n’y aura pas de messie en Afrique pour l’instant. On aura des présidents, élus démocratiquement de façon solennelle s’entend, mais ceux-ci ne seront pas capables de mettre un terme à l’arrogance de l’occident.

Nous allons toujours nous contenter des miettes de la vie et pour la démocratie, ce sera notre fantôme. Nous sommes au point culminant du supplice, exactement comme à Golgotha, où on entendra sûrement le cri du fils, à son père. La souffrance des africains dépassent toute proportion humaine. Nous sommes dans une sorte de béance atroce. Et pour longtemps.   

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