Ndjansang
CAMEROUN :: FRANCAISCAMER

CAMEROUN :: Ndjansang :: CAMEROON

En hommage à Flora Zé qui est décédée l’année dernière, j’ai décidé de consacrer cet article à la sensibilisation contre le ndjansang.

C’est quoi le ndjansang ?

Le ndjansang, c’est le maquillage. Le décapage. C’est cette pratique qui consiste pour nos sœurs (ou pour nos frères congolais) à se dépigmenter, dans l’objectif ultime – et surtout rapide – de modifier l’apparence extérieure de la surface de leur épiderme.
Le ndjansang, c’est le « blanchiment » de la peau. C’est un effet de mode, c’est un usage qui est devenu banalisé au sein de la gent féminine camerounaise, puisque celle-ci le considère déjà comme indispensable pour rehausser l’intensité de leur propre splendeur…

Pourquoi le ndjansang ?

Eh bien c’est simple : pour plaire aux hommes, pour faire comme les autres filles, et pour se plaire à soi-même. Parce que de nos jours, certaines femmes sont devenues si influençables à travers les réseaux sociaux, qu’elles veulent presque toutes se ressembler !

Les femmes considèrent que la véritable beauté, ce n’est plus la noirceur. Et d’ailleurs, elles considèrent déjà la noirceur de leur peau comme une nouvelle variété de la laideur. Les Camerounaises veulent se décaper parce que ce sont les filles qui sont claires de peau (ici on les appelle les filles brunes) qui « passent sur le marché ». Les Camerounaises veulent se décaper parce qu’elles veulent aussi ressembler aux actrices des séries sud-américaines. Les Camerounaises se décapent même déjà exagérément, malgré les risques qu’elles encourent, parce qu’elles subissent encore le complexe du néo-colonisé. Un complexe qui les pousse à accroire qu’elles sont moins jolies que les femmes qui sont d’origine indo-européenne ou nord-africaine.

Le business du ndjansang

C’est toute une industrie qui s’est ouverte autour du ndjansang ! À commencer par l’industrie cosmétique et pharmaceutique, puisque les « produits éclaircissants » sont devenus légion dans toutes nos officines. Et pourtant, ces produits-là transitent paisiblement par la douane, tandis que notre gouvernement fait toujours semblant de ne jamais rien regarder… Tsuip !

Il y a aussi l’industrie de l’esthétique. Puisque dans nos salons de coiffure et dans nos instituts de beauté, on peut te rendre « blanche » en un rien de temps. Il y aussi le marché noir. Puisque depuis que cette tendance a connu un boom extraordinaire au début des années 1990, il y a des femmes ici qui ne sont ni des chimistes, ni des scientifiques, ni des dermatologues, mais qui se lancent dans des compositions de laits de toilettes et de mixtures qui vont vous détruire toutes les cellules de votre peau !

Elles font miroiter à nos sœurs une esthéticité qui leur coûte beaucoup d’argent, et malheureusement elles ne sont même pas conscientes des nombreux autres risques qu’elles vont ainsi leur faire endosser.

Les conséquences du ndjansang

Hormis l’effet désagréable d’une peau « Fanta-coca » qui va se désagréger de façon déplaisante et quasiment dégueulasse, il y a également des risques de santé qui sont non négligeables. Il y a la destruction de la couche épidermique qui nous protège de certains rayonnements toxiques contenus dans la lumière du soleil, et il y a aussi des risques très élevés du cancer de la peau.

La dépigmentation n’est pas une bonne chose. Et encore moins pour celles qui le font en s’injectant avec des seringues (contaminées ou pas). La dépigmentation peut causer des lésions, des tumeurs, voire même perturber les résultats de vos examens médicaux. Et lorsque j’observe le taux de risques mortels endurés pour ce simple souci d’estime de soi, je me dis que les Camerounaises se trompent vraiment de priorité. Et je suis convaincu que c’est malheureusement aussi peut-être la faute de nous, les hommes.

Dépigmentation

Donc en hommage à Flora Zé qui nous a quittés le 13 avril de l’année dernière, j’ai décidé de consacrer tout cet article à la sensibilisation contre le « blanchissage ».

Ndjansang ! Les filles camerounaises se dépigmentent pour une raison principale, et cette raison principale s’appelle le mariage.

Ndjansang ! Les filles camerounaises risquent leur vie parce que les hommes ne s’intéressent plus aux femmes qui sont noires comme le pétrole, tandis que celles qui sont « brunes » sont encore considérées ici comme le diamant.
Ndjansang ! La société camerounaise a négligé ce fléau qui est devenu un véritable problème de santé publique, d’ailleurs il est grand temps que nous félicitions nos adolescentes qui ne l’ont pas encore commencé.

Parce que si le peuple camerounais valorisait les femmes qui nous ressemblent, si on voyait ces femmes-là sur les affiches publicitaires et si on les admirait dans les programmes qui passent à la télévision, nos filles ne souhaiteraient plus changer la couleur de leur épiderme. Si on voyait les femmes qui ont le teint chocolat en train de se marier avec un homme très important comme le président de la République (ou bien avec mon ami Pierre La Paix Ndamè), peut-être bien que le paradigme de la couleur de la beauté changerait irrémédiablement.

Mais au contraire nous nous comportons comme des néo-colonisés, et voilà pourquoi nos sœurs se sont individuellement et collectivement précipitées sur le ndjansang.

Lire aussi dans la rubrique FRANCAISCAMER

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo