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Alors que la communauté nationale et internationale attend la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2011, l’adrénaline monte dans la capitale en ce mois d’octobre. Réunis au siège de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) à Yaoundé, sept candidats, en l’occurrence Adamou Ndam Njoya (Udc), John Fru Ndi (SDF), Bernard Muna (Afp), Kah Walla (CPP), Albert Dzongang (La Dynamique), Jean De Dieu Momo (Paddec) et Paul Ayah Abine (PAP), signent la « Déclaration de Yaoundé ». Le G7, comme l’appellera la presse, rejette « tout résultat de l’élection présidentielle que pourra déclarer le Conseil constitutionnel [la Cour suprême à cette époque]…Nous déclarons que Elections Cameroon (Elecam) a failli complètement à sa mission d’organiser une élection libre et transparente (…) 

Dans le cas où le Conseil constitutionnel refuse d’annuler cette mascarade électorale et persiste à déclarer les résultats, nous appelons (…) le peuple à venir massivement manifester en faveur de leur droit de participer à des élections libres et transparentes », scandent ces leaders politiques. En dépit de la « Déclaration de Yaoundé », Paul Biya est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. Des années plus tard, le G7 va mourir de sa belle mort et laisser place au Pacte républicain présenté comme un regroupement des partis politiques et des organisations de la société civile engagés pour une alternance pacifique par les urnes au Cameroun. 

Dans l’intervalle, en avril 2012, après son adoption à l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat réélu, Paul Biya, promulgue la loi portant code électoral. Une loi conspuée par l’opposition, qui y décèle beaucoup d’ambigüités et de manquements. En avril 2019, certaines dispositions du code électoral sont modifiées et complétées, sans pour autant combler les attentes de l’opposition. D’autres élections sont organisées, avec chacune son lot de contestations. C’est globalement dans ce contexte qu’il faut situer l’avènement d’un nouveau G7. La nouvelle coalition de leaders politiques de l’opposition déclare qu’il « existe de nombreux désaccords sur plusieurs dispositions du Code électoral en vigueur, ainsi que des dispositions obsolètes, des contradictions et des vides juridiques, ce qui fait obstacle à la plénitude de l’exercice d’un droit fondamental, le droit de vote, puis à l’éventualité d’une alternance pacifique et démocratique ». 

De notre point de vue, le moment est venu de relever la qualité de notre système électoral afin d’accroitre la légitimité des élus et éviter les conflits qui pourraient découler des contestations électorales. Ultra-majoritaire au Parlement et dans les conseils municipaux et régionaux, le Rdpc (parti au pouvoir) n’a en réalité rien à craindre d’une relecture du code électoral, également souhaitée par Elecam. Les prochaines élections devant théoriquement se tenir d’ici 2025, l’opposition et le pouvoir gagneraient tous à ce que les règles du jeu électoral soient revues et corrigées sur les points où cela s’impose, y compris dans la Constitution. 

L’idéal républicain commande que les acteurs politiques, quels que soient leurs bords, puissent s’accorder lorsque l’intérêt supérieur de la nation est engagé. Il s’agit pour ce cas de l’organisation transparente des élections comme gage de paix dans le pays. Si la préservation de la paix sociale est un impératif pour l’opposition et la majorité, pourquoi enfermer l’aspiration d’un nouveau code électoral dans un carcan partisan ? Oui. Il est temps de franchir le pas de la révision du code électoral. La session parlementaire de juin, c’est dans moins de trois mois. Pensons-y, au-delà des chapelles politiques. 

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