Vient de paraître: LA LUTTE POUR LA SOUVERAINETE DU CAMEROUN : DE MBIDA A PAUL BIYA …
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Vient de paraître: LA LUTTE POUR LA SOUVERAINETE DU CAMEROUN : DE MBIDA A PAUL BIYA … :: CAMEROON

Dans une interview devenue par la suite célèbre, Pierre Messmer, l’un des bourreaux du peuple camerounais, avait fait cette tonitruante déclaration :
« l’indépendance a été accordée à ceux qui en voulaient le moins … »
En clair, les personnes, à commencer par Ahmadou Ahidjo, qui ont géré le Cameroun dès 1960, étaient des anti-indépendantistes. Il a ainsi crédité la thèse largement répandue selon laquelle :

1/- les Camerounais qui, à la faveur du scrutin décisif de 23 décembre 1956 devant aboutir à la formation du tout premier gouvernement de la partie de notre pays placée sous administration française, ont refusé de respecter le mot d’ordre de boycott prôné par l’UPC pour y avoir été exclue, n’étaient rien d’autre que des « traitres » ;

2/- les Camerounais qui, également, ont refusé de prendre des machettes pour saccager des bureaux de vote le 23 décembre 1956 conformément à ce mot d’ordre et empêcher ainsi le déroulement de ces élections l’étaient aussi. Ils ont été de « faux » patriotes. Les vrais sont ceux qui ont recouru à la violence.
Ce thème est devenu central dans la politique nationale et se trouve de ce fait à la base de la délégitimation, aux yeux de certains Camerounais, du régime Ahidjo et d’une manière plus large, des personnes qui ont géré notre pays au lendemain de la proclamation de notre indépendance le 1er janvier 1960. Il leur est attribué l’épithète infâme aux yeux de nombre de Camerounais « d’aujoulastistes ».
Ce n’est guère le lieu ici d’établir le bilan de ceux qui ont boycotté avec des machettes le scrutin décisif du 23 décembre 1956, et de ceux qui y sont allés. Tel n’est pas le propos de ce livre.

Cependant, l’assertion de Pierre Messmer passe totalement sous silence la bataille menée au Parlement dès l’ouverture de la session devant débattre du statut du Cameroun le lundi 28 janvier 1957, par les élus «traitres et anti-indépendance». Des individus opposés à la libération de notre pays  n’auraient guère acculé la France ainsi qu’ils l’ont fait au cours de cette session, qui s’était achevée le 22 février 1957. Ils ont totalement défiguré le projet de statut proposé par le gouvernement français pour le Cameroun, soumis à l’approbation des députés, et ont arraché à Paris la naissance de l’Etat du Cameroun, le seul Etat ayant vu le jour sous le régime colonial français dans tous les territoires de la France d’outre-mer. Ils ont également obtenu la citoyenneté camerounaise avant la proclamation de l’indépendance. Le gouvernement français ne s’attendait nullement à cela de la part des élus camerounais.

Par la suite, ce sera un perpétuel, délicat et habile jeu du chat et de la souris entre Paris et Yaoundé, de Mbida à Paul Biya, en passant par Ahmadou Ahidjo. Paris cherchant irrémédiablement à régner sur le Cameroun par-delà la proclamation de l’indépendance, Yaoundé rusant systématiquement et continuellement.
En clair, Yaoundé, depuis son premier gouvernement investi le 15 mai 1957 par l’ALCAM, n’a eu de cesse de chercher à accroître sa souveraineté, face à la pesante influence de la France.
…………………..
Introduction
Chapitre I :
La conquête de la souveraineté sous André-Marie Mbida
A – La création de l’Etat du Cameroun en 1957 et André-Marie Mbida
B – Le drapeau, l’hymne, la devise par André-Marie Mbida avant l’indépendance
Chapitre II :
Mbida contre « l’indépendance des boys » pour le Cameroun préconisée par Paris
A – L’indépendance après 10 ans de 1958 à 1968 pour former des cadres nationaux
B – Le début de l’opposition au néocolonialisme
Chapitre III :
Ahmadou Ahidjo : L’indépendance aux conditions de la France
A – L’octroi du sous-sol camerounais à la France
B – La politique : l’art du possible ?
Chapitre IV :
Ahmadou Ahidjo important pilier du dispositif néocolonial français en Afrique centrale
A – Membre du « Groupe de Brazzaville » pro-français
B – Le Cameroun héberge l’Organisation Commune  Africaine et Malgache  OCAM pro-française
Chapitre V :
La timide démarcation de la France par Ahmadou Ahidjo
A – Ahmadou Ahidjo : membre fondateur de l’OUA le 25 mai 1963
B – Le refus d’adhérer à la Francophonie et de suivre Paris dans son soutien à la sécession au Nigéria
Chapitre VI :
Grands contrats : la France en ballotage par Ahmadou Ahidjo
A – Cameroon Airways véto de Paris : Cameroon Airlines  plutôt
B – La télévision nationale : Siemens Allemagne et Thomson France
Chapitre VII :
La « démission » de l’obligé et protégé Ahmadou Ahidjo par Paris
A – La nouvelle politique africaine de Giscard d’Estaing 1974-1981
B – Mitterrand parachève l’œuvre de Giscard en 1982
Chapitre VIII :
Paul Biya Président de la République : manœuvre de l’Elysée
A – La modification constitutionnelle décidée par Paris en 1979 au bénéfice de Paul Biya
B – La mise en scelle définitive de Paul Biya
Chapitre IX :
Le retournement inattendu de situation de Paul Biya : « le Cameroun n’est pas la chasse gardée de la France »
A – Le décevant virage allemand en 1986
B – La France en ballotage à nouveau dans les contrats
Chapitre X :
Le 3ème Président sera-t-il davantage autonome ?
A – Le partage de la décision entre Paris, Bruxelles et Washington
B – L’époque de Jean Ramadier renversant Mbida est révolue
Chapitre XI :
Un Président « anglo » : indépendance définitive avec Paris ?
A – De réels atouts ?
B – Indépendance d’esprit ou filiation coloniale ?

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