Daouda MBOUOBOUO : « QUELLES ISSUES POUR LE CAMEROUN ? » :: CAMEROON
Daouda MBOUOBOUO : « QUELLES ISSUES POUR LE CAMEROUN ? » :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance de : Daouda MBOUOBOUO
  • vendredi 12 juillet 2019 00:32:00
  • 1516

Daouda MBOUOBOUO : « QUELLES ISSUES POUR LE CAMEROUN ? » :: CAMEROON

A la lumière des défis qui interpellent le Cameroun, ce septennat dit « des grandes opportunités » pour reprendre les propres mots du Président de la République Paul Biya, sera celui des décisions difficiles. Ces mesures doivent avoir un impact visible sur la stabilité politique, la sécurité et l'économie tous azimuts. Ce pays va devoir faire face à ces énormes challenges apparemment insurmontables et intraitables, avec plus de rigueur, de détermination et surtout une volonté de fer. L’insécurité, sous ses multiples facettes, est effectivement en train de nuire à la cohésion sociale. Le tribalisme a refait surface dans presque toutes les strates de la société camerounaise, le vivre ensemble semble menacé, la criminalité économique est montée d’un cran. Notre pays est dans une situation inconfortable.

Entre autres domaines critiques, qui méritent une attention particulière et des mesures courageuses, citons la refonte totale du secteur de la justice, en particulier l’harmonisation de nos deux systèmes juridiques. Ceci afin de faire croître parmi les populations du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, le sentiment d’appartenance à un seul et même idéal. Cette justice de tempérance trouvera un écho favorable dans l'amnistie ou le pardon général en faveur de certains détenus. Nous entrevoyons aussi l’issue tant attendue du projet du code de la famille. Dans cette optique de réconciliation nationale, le rapatriement de la dépouille du premier Président de la République du Cameroun, S.E El Hadj Amadou Ahidjo serait fort apprécié.

Ces challenges inventoriés, pour se faire, doivent s’appuyer sur des hommes et femmes expérimentés, des ministres, réputés et dotés de compétences avérées pour diriger l’économie vers une croissance rapide. Il est grand temps de laisser certains ministres se reposer. Nous avons besoin urgemment d’un type nouveau de gestionnaires, qui fixeront des objectifs dans leurs domaines de responsabilité et les atteindront de manière à avoir un impact sur la vie des citoyens. Une sélection minutieuse est souhaitée avec une répartition géographique équitable car des bons, on en trouve, aux quatre coins du pays. Il est aussi temps de se concentrer sur la corruption endémique notamment chez certains agents de l’administration, en prenant des mesures strictes pour réduire les frais de fonctionnement et missions. Pourquoi ne pas envisager un projet de loi permettant à tous les partis politiques de bénéficier d’un accompagnement substantiel de l’Etat, afin de leur permettre d’encadrer leurs membres, sauf ceux sanctionnés par la constitution.

Nous espérons que le Président de la République tiendra son engagement d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et celui en matière de santé, pour une meilleure couverture géographique donnant accès aux soins médicaux pour chacun.

Nous entamons le processus de l’implémentation du système de l’Etat unitaire et décentralisé, conformément aux aspirations et aux demandes de la majorité des Camerounais, ayant pour but d’éradiquer systématiquement les frustrations que vivent certaines communautés homogènes et groupes socio-anthropologiques. Pourquoi ne pas créer comme jadis avec la Région du Sud, peu importe les dénominations (Haut ouest, middle centre.), une Région du Noun, une Région du Mbam, une Région du Nyong-Ekellé pour permettre à ces populations, dans le cadre de la décentralisation, d’exister pleinement à la tête des futurs Conseils Régionaux élus, et de s’administrer eux également dans certains domaines, encadrés par la constitution, sous le contrôle de l’Etat.  Nous avons hâte de voir les prémices se réaliser.

Une véritable révolution doit s’opérer dans le domaine de l'éducation, en associant les chefferies traditionnelles, garantes de la sauvegarde des intérêts de notre culture. Un système éducatif qui nous ressemble et colle mieux à nos aspirations voire à nos réalités. Il est impératif de redynamiser et perpétuer l’esprit camerounais. Sur ce point précis, nous devons accepter de remodeler la transition glissante, afin de bâtir pour la postérité. Les fruits de ce labeur germeront, assurant ainsi la pérennité de nos valeurs pour des siècles durant. Pour cela il faut un homme fort ou une femme forte à la tête de ce département ministériel.

Les Camerounais patriotes sont prêts à accompagner cette dynamique sur tous les fronts avec la même volonté, la même détermination et la même empathie, qu’ils ont soutenu les efforts contre l'insurrection de Boko haram dans la partie Nord du pays. Les mêmes mesures de sagesse qui ont prévalu lors du conflit entre le Cameroun et le Nigéria à propos de la presqu’île de Bakassi, celles de la gestion de la catastrophe humanitaire le long du corridor de notre frontière Est avec les réfugiés. Toutes ces mesures seront des atouts sûrs pour l’émergence.

En ce qui concerne la sécurité, une cellule de gestion de crise devrait être mise en place pour assurer la liaison de communication, entre tous les responsables des services généraux et spéciaux, tous les commandants de terrain dans les différentes zones opérationnelles, sans oublier les chefs traditionnels et les chefs des communautés religieuses.

La police camerounaise a cruellement besoin d'une restructuration et d'une réforme en profondeur. Pourquoi ne pas inviter les pays amis qui ont une expérience dans ce domaine à venir : réformer, réorganiser, former notre police notamment en matière de renseignements, de surveillance et de capacités médico-légales. Et également l’outiller pour qu’elle soit elle aussi moins exposée. La crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest continuent d’endeuiller les familles, en faisant des déplacés et favorisant des fléaux tels que le banditisme et la prostitution.

La décision d’instruire le Premier Ministre, pour descendre sur le terrain et d’engager le dialogue, en réalité était très attendue des populations.

Créer en permanence des cadres de concertation avec la société civile, les partis politiques, les chefs traditionnels, les responsables religieux pour résoudre cette crise dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest, est une plus que nécessaire. Certes la route IKKOM – Bamenda est fluide, les efforts des pouvoirs publics sont perceptibles. C’est le moment d’exploiter l'énorme bienveillance des masses camerounaises dans cette lancée pour voir la magie de ces engagements directs s’opérer avec les chefs de ces bandes armées - bergers / agriculteurs et divers moteurs dans ces conflits.

Le dialogue sans relâche doit être permanent à l’égard de ces populations sinistrées et des couches les plus vulnérables de notre société. Le moment n’est plus à la lenteur, mais à la vitesse. Une vitesse cependant apaisée car la gestion d’un Etat est très complexe, souhaitons qu’une issue soit rapidement trouvée pour la paix.

12juil.
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