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© Le Jour : Franklin Kamtche
- 06 Sep 2016 08:20:10
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CAMEROUN :: Bafoussam : les obstacles à la modernisation :: CAMEROON
Le désordre est la règle, à l’heure où l’on vante les performances réalisées dans l’hygiène et la salubrité.
L’actualité, ces derniers jours à Bafoussam en dehors de la destruction du chantier de la mairie de Bafoussam 1er, se conjugue avec ces nombreux trous qu’une entreprise chinoise fore sur les routes et ne referme pas ou referme mal. Les « petits hommes jaunes », comme les raillent les riverains, sont chargés d’étendre le réseau urbain d’adduction d’eau, par la pose de grands tuyaux. Dans des conditions qu’aucune autorité ne maîtrise.
Un épais brouillard entoure le cahier de charges de cette entreprise qui prend la liberté de laisser pendant des semaines des regards béants au milieu des routes courues par les mototaxis, de fragiliser des ponts ou de remplacer un morceau de goudron acceptable par une couche de ciment chiche ou même la terre, etc. Dès la première pluie, la boue s’installe, la terre est lessivée et un creu prend la place. Dans une ville qui n’a pas de route, cette manière de travailler est jugée scandaleuse mais personne ne les a jusqu’à présent rappelé à l’ordre. A la moindre protestation, on crie à la manipulation.
L’eau est toujours rare. Au quartier Djeleng, les riverains du « camp sable » se plaignent de l’envahissement des routes par les tas de sable et les camions affectés à son transport. Avec le temps est née la fabrique des parpaings. Des pans de route sont occupés par ces nouveaux opérateurs dont le nombre croit chaque jour. Les disputes sont inévitables entre les propriétaires de voiture et les négociants de sable, quand faute de passage, une roue rase les rebords de leur patrimoine.
Plus haut, au quartier Nylon, les vendeurs de planches qui occupent plusieurs rues, ont bloqué la circulation sur ce qui y reste de route et vendent des lits, des meubles ou des matelats sur la chaussée. Les automobilistes sont insultés par ces opérateurs qui ont colonisé le quartier et dictent leur loi. Au quartier Banengo, les longs véhicules rouges qui viennent charger à l’usine des Brasseries du Cameroun, constituent une entrave sérieuse à la mobilité des citadins et des voyageurs qui vont à Bameka ou Bamendjou. Il y a quelques mois, ils garaient entre le marché Socada et la sortie de l’usine. Ce qui n’était déjà pas une garantie pour la sécurité des riverains et passants.
Il a suffi qu’une semi-remorque en panne fasse 7 mois sur un nid de poule, près de la Caplami, pour que les autres commencent à garer grossièrement le long de cette route. Sous la barbe des agents de la communauté urbaine, qui y viennent prétendument lutter contre le désordre urbain. « Seul le délégué du gouvernement peut vous répondre », avons-nous appris du secrétaire général et du chef de service technique, en l’absence d’Emmanuel Nzete. Néanmoins, après notre passage, ils sont allés planter des panneaux d’interdiction de stationner devant les Brasseries, qu’aucun camionneur ne respecte.
Ville émergente ?
« A Bafoussam, [en 2009], des tas d’immondices inondaient la ville, uriner ou déféquer là où l’envie nous prend était un geste naturel ; le rond point marché central et le carrefour Total d’en bas en ont payé le plus grand frais. De même, installer son commerce en pleine chaussée était tout à fait normal. C’était la cour du Roi Pétaud », résumait Emmanuel Nzete lors de la célébration du « balai d’or », le vendredi 24 juin 2016. En est-on désormais éloigné ? Bafoussam en effet, est un contraste de bâtisses inspirées des nouvelles techniques architecturales et des anciennes maisons en brique.
De nombreux autochtones ont été rattrapés et dépassés par la modernité. « Maison familiale. A ne pas vendre » ou encore « Interdit d’acheter » sont lisibles sur des murs défraîchis, habités par des gens qui résistent à déménager. Champs de maïs et porcheries bordent de nombreuses concessions. Les nouveaux quartiers se créent sans plan et on y manque de commodités élémentaires.
Quelques usines, notamment des savonneries se trouvent à l’intérieur de la ville et l’évacuation des déchets ou la circulation des camions industriels sont des vecteurs de catastrophe. L’administration publique, jadis en location, a fait quelques efforts, en construisant quelques délégations régionales mais Bafoussam attend ses routes. Si la ville venait à être désservie par avion comme projeté par Camair.co, les passagers seront désillusionnés par l’inexistence des taxis dignes et des embouteillages.
Après avoir fait Douala – Bafoussam en moins d’une heure, on pourrait prendre plus de temps pour arriver à Bandjoun, à 15km de l’aéroport.
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