Opération Epervier : le cas Frédéric Ekandé
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Depuis que l’expert judiciaire et ancien député, écroué à Kondengui a saisi la justice en recours, celle-ci tarde à ouvrir les débats

Dans le dernier rapport de la commission nationale anti corruption, Conac, d’une centaine de pages, il y est indiqué un désistement de Fréderic Ekande, expert judiciaire, ancien député commis aux taches de la liquidation de l’ex- Crédit agricole du Cameroun. Une façon voulue afin d’entretenir, au sein de l’opinion, l’information selon laquelle l’accusé aurait abandonné son dossier de pourvoi dans l’affaire de la liquidation du Crédit agricole.

Pourtant depuis quelques années, Ekande Fréderic mène une bataille judiciaire afin d’être rétabli dans ses droits, mieux que le droit soit dit et que triomphe la vérité. Seulement il se trouve que la mise en état et l’instruction du dossier de pourvoi dans lequel l’échange de mémoires est terminé depuis belle lurette piétine.

En effet, sur demande expresse de son client embastillé depuis 2008, Me Mong Antoine-Marcel, avocat au barreau du Cameroun, adresse à la Cour suprême du Cameroun, notamment au président de droit de la section spécialisée de ladite cour, une demande d’enrôlement d’une procédure. Il s’agit du dossier n0 045/SSP/2013, objet du pourvoir formé le 2 juillet 2012 par Ekande Fréderic, contre le jugement n0 301/Crim rendu le 28 juin 2012 par le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi à Yaoundé.

En effet, la loi du 14 décembre 2011 portant création d’un tribunal criminel spécial, modifiée prévoit en son article 12 alinéa 1 que : « le pourvoi est formé dans les 48 h du prononcé de la décision et le délai de son instruction est de 60 jours ».

L’article 13 alinéa 3 quant à lui énonce : « cette section dispose d’un délai maximum de 6 mois pour vider sa saisine ». A en croire le conseil de l’expert judiciaire, « ces délais prévus par le législateur et qui participent du droit à un procès équitable devant intervenir dans un délai raisonnable sont battus en brèche par la haute cour ».

Pourtant, « le dossier est devant celle-ci depuis 2013. Trois années sans aucune suite après la réception de ce dossier », s’indigne le conseil. Qui entend saisir les instances internationales idoines pour dénoncer ces violations de droits de l’homme et des droits de la défense. Le sort ne semble-t-il pas accabler Frédéric Ekandé, expert judiciaire, ancien député.

Commis aux tâches de la liquidation, ce dernier qui est écroué à la maison d'arrêt de Kodengui depuis 2008, a été jugé coupable des faits de détournement de la somme de sept cent quatre vingt dix neuf millions sept mille Fcfa, qu'il aurait perçus pour la liquidation. Condamné par le tribunal de grande instance du Mfoundi à dix ans de prison ferme depuis le mois de juin 2012, Frédéric Ekandé serait-il en train de payer « seul » les pots cassés ?

Au fur et à mesure que le temps passe, Frédéric Ekandé crie à l’injustice. En plus de ne pas se reconnaître dans certains propos que lui a attribués le rapport de la police judiciaire, l'accusé se plaint de la complaisance des enquêteurs et des magistrats de l'instruction, ne comprenant pas pourquoi son nom revient plusieurs fois dans les transactions dont les montants sont fort élevés.
Appelé d’avoir à se trouver et comparaître en personne le 19 janvier 2016, l’accusé n’a pu être entendu à l’audience ordinaire de la section spécialisée de la Cour suprême.

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