Un voleur de motos lynché par la population à MAROUA.
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CAMEROUN :: Un voleur de motos lynché par la population à MAROUA. :: CAMEROON

Il n'a eu la vie sauve que grâce à une ruse de ses acolytes.

Un certain Moubarak, spécialisé dans le vol des motos n’oubliera jamais la journée du lundi, 26 juillet 2021. Ce voleur a échappé de justesse à la mort suite à une vindicte populaire après avoir volé une moto. La scène s'est passée à Domayo. Ce lundi, 26 juillet, il était environ 15h, lorsqu'il a volé une moto de marque TVS appartenant à un moto taximan. Aussitôt, la victime et ses camarades lancent les recherches. Quelques minutes auparavant, ils avaient aperçu Moubarack roder autour de la moto qui a disparu. Dans leur course poursuite ils rattrapent le voleur au niveau du boulevard de Domayo. Il était à bord de la moto volée. Quand il aperçoit la foule qui le pourchasse, il accélère espérant pouvoir échapper.

Malheureusement, il sera freiné dans sa course par le mauvais état de la route. Rattrapé, il sera bastonné. Il jette la moto et se réfugie dans une boutique. La foule en furie va l'extirper de son cachot. Le propriétaire de la boutique est surpris et aide la foule à faire sortir le voleur de son magasin. « J’étais en train de me reposer au niveau du carrefour. Comme j'avais faim, je suis descendu de la moto pour acheter le soya. Pendant que je mangeais, et n'étais plus concentré à regarder la moto, elle a soudainement disparu. Comme par magie. C'est le vendeur de soya qui constate que ma moto a disparu et m'alerte. Quand j'ai commencé à crier, mes collègues mototaxi mans sont arrivés massivement. Et on s'est lancé à la recherche de ma moto », explique celui dont la moto a été volée.

Alors qu'il était encerclé par la population en furie, le voleur réussit miraculeusement à prendre la poudre d’escampette, grâce à la ruse de ses acolytes. Ces derniers ont fait semblant de le conduire dans un commissariat ou une brigade de la place, mais ils ont plutôt pris une autre destination. Pour ne pas attirer l’attention du public sur leur intention, ils l’ont aussi tabassé, tout comme la foule vindicative. « Ce voleur a eu beaucoup de chance aujourd’hui, parce qu’on voulait le bruler vif, surtout que les policiers ne sont pas ici pour le sauver. On était en train de chercher les bidons d’’essence pour verser sur lui et jeter le feu, mais ses complices sont venus nous embrouiller et partir avec lui », déclare un témoin, avant de s’exclamer :

« Merde !». « On voulait finir avec ce bandit. On en a marre d’eux ici à Maroua », tempête un autre moto taximan venu assister Abdoulaye Yaouba Toukour. « Je voulais le taper avec cette latte sur la tête », a-t-il ajouté. Le même degré de nervosité se lit sur les visages de plusieurs autres conducteurs de moto taxis. Ils estiment par ailleurs qu’ils sont majoritairement et particulièrement visés par ces hors-la-loi. « Ils nous dérangent trop. Chaque fois, ils nous arrachent des motos, comme ça. Ça ne fait même pas trois jours, on a agressé notre collègue au quartier Makabay, juste au niveau du mayo.

Personnellement, j’ai une dent contre ces gens qui n’ont aucun sentiment pour nous. On doit les tuer, parce qu’eux aussi, ils nous tuent. Ils ne sont pas différents de Boko Haram », explose Darwé Dansala, habitant du quartier Zileng. Un agent d’une société de gardiennage placé devant un magasin a bien observé cette scène spectaculaire. « Je doute fort que ce garçon va résister aux blessures qu’il a reçues. Ses chances de survivre sont minimales, même comme ses complices ont réussi à fuir avec son corps très blessé là », a-t-il laissé entendre. Selon les victimes et les témoins, les vols des motos « se multiplient chaque jour à Maroua ».

On dérobe à tout moment. « Ils n’attendent pas la nuit pour voler ou agresser. En plein jour, ils sont avec nous. Si tu ne fais pas attention, en quelques secondes seulement, ils t’arrachent ton engin. Et parfois si tu résistes, ils te poignardent, ils laissent ton corps en route, ils partent avec ta moto. C’est comme ça qu’on a fait à mon voisin, il y a quelques mois », regrette une dame et d’ajouter qu’ils sont terribles, ces gens ».

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