LE TRANSFERT IMMEDIAT, SANS CONDITION ET SANS INTERPRETATION DES 15% DES RECETTES DE L’ETAT
CAMEROUN :: POINT DE VUE

CAMEROUN :: LE TRANSFERT IMMEDIAT, SANS CONDITION ET SANS INTERPRETATION DES 15% DES RECETTES DE L’ETAT :: CAMEROON

Les Constitutions ont beau dire, les textes de lois ont beau dire, ce n’est pas cela qui régit le monde. C’est le rapport de force. Le plus fort domine, c’est tout ! Et pour faire bonne figure, il légitime son action par la loi.

Le colonel qui fait un coup d’État viole la Constitution, et s’il échoue, il est fusillé. Mais s’il réussit son coup, c’est sa volonté qui devient la Constitution et la loi. Le rebelle qui prend les armes pour combattre un régime légal viole la loi et s’il échoue, il sera pendu. Mais s’il gagne, c’est lui qui devient la loi.

C’est comme cela que fonctionne le monde, celui que Dieu a créé et en tant que scientifique, je m’en tiens aux lois de ce monde, car je n’en connais aucun autre.

De ce point de vue, la configuration sociopolitique du pays et les mœurs politiques d’Afrique et notamment l’Afrique Centrale sont formelles : il n’existe aucune chance que l’entourage de Biya laisse échapper leur monstrueux pouvoir au profit de quelqu’un venant hors de leur cercle, à moins d’y être forcé.

Des gens qui contrôlent l’exclusivité des 5.000 Milliards d’un pays, recrutent à tous les postes administratifs, nomment aux positions de pouvoir et distribuent les rentes de situation ne peuvent jamais abandonner un tel avantage, à moins d’y être contraints par une menace qui peut emporter leur vie.

Cela signifie quoi ? Tout simplement qu’après Biya, ce sera un autre Biya, idéologique, voire biologique.

Bien sûr que comme ailleurs, ils feront semblant de jouer le jeu, protesteront avec de leurs bonnes intentions, mettront la main au cœur pour leur respect de la loi, mais sans la moindre entame dans leur détermination à rester au Palais.

Face à ce raisonnement, une bande de fanfarons vient dire :

« Non, ce n’est pas possible ! Tu ne connais pas les Camerounais ! Les Camerounais, ce n’est pas les Gabonais, les Togolais ou les Congolais ! Tu verras ce qui va se passer, et tu comprendras que le Camerounais n’accepte pas n’importe quoi ! »

Allons, allons ! Ces gens me parlent de quel pays ? Combien de gens connaissant le Cameroun mieux que moi ?

Le Camerounais va faire quoi ? Il peut d’abord faire quoi ?

En dehors du brouhaha, il va faire quoi ?

Ahidjo les dirigés d ‘une main de fer pendant 25 ans, sans qu’aucun regimbe ! Ils ont fait quoi ? Rien du tout !

Et Biya est là depuis 40 ans, en dépit de leur petite agitation : les Camerounais ont fait quoi ?

Rien du tout !

Les Camerounais ont déjà fait quoi, où et quand pour croire un seul instant qu’ils peuvent empêcher que les gens de Biya confisquent le pouvoir à Yaoundé ?

Rien, rien du tout !

Quand on leur demande ce qu’ils vont faire pour empêcher cette démarche, ils vous regardent d’un air mystérieux en disant : « on verra le moment venu ! »

Mon Dieu, quelle rigolade !

Écoutez-moi bien, messieurs les Camerounais : C’est ce que je dis qui est vrai au Cameroun, s’applique au Cameroun, et non vos naïves illusions.

Le vrai combat du peuple camerounais, c’est sortir une partie du pouvoir monstrueux qu’Etoudi détient pour l’éparpiller dans les État Régionaux.

Cela permettrait d’améliorer la gouvernance du pays, de limiter les tensions intercommunautaires et surtout, de réduire l’influence des étrangers qui peuvent contrôler le pays dès qu’ils contrôlent tout simplement le Président.

En outre, c’est cela qui est plus facile à réaliser. En effet, on peut plus facilement arracher une partie du pouvoir d’Etoudi au bénéfice des États Régionaux, plutôt que d’entrer à Etoudi pour s’approprier la totalité de tout le pouvoir.

Les gens qui gouvernent peuvent, sous la pression lâcher du lest en disant : « comme les Camerounais insistent, donnons-leur 15%, 20%, 30% ou même 50% des ressources ». Ils l’ont d’ailleurs fait en acceptant la décentralisation et le transfert des 15%, même si c’est du bout des lèvres et pour gagner du temps.

Mais ils ne peuvent jamais accepter se délester de ce pouvoir si vous dites : « Sortez du Palais ! Vous gérez mal ! »

Tout projet visant à remplacer Biya par quelqu’un d’autre que celui que son entourage aura choisi avec l’approbation des colons extérieurs est un pur perd-temps. Ce n’est pas cela le vrai combat du peuple camerounais.

C’est pour cette raison que j’ai sévèrement critiqué tout le tralala qui se fait autour du Code Électoral et qui n’est qu’une pure diversion, alors que le vrai combat de l’heure est totalement occulté : le transfert immédiat, sans condition et sans interprétation, des 15% des recettes publiques aux Collectivités Territoriales Décentralisées, tel que décidé au Grand Dialogue National, devant le Peuple Camerounais et la Communauté Internationale.

Voilà le seul et vrai combat que devrait mener les Camerounais contre la bureaucratie centrale néocoloniale : leur arracher des espaces de liberté.

Certes, dans une perception purement naïve, certains s’arrêtent au fait que c’est le RDPC qui contrôle les Conseils Régionaux. Mais justement, se limiter à ce niveau, c’est sacrifier l’essentiel à des préoccupations politiciennes du moment. En effet, cette hégémonie n’est qu’un élément circonstanciel qui n’invalide pas la nature révolutionnaire de ce transfert, la toute première victoire contre la bureaucratie néocoloniale à qui on retire le monopole de la décision.

Et c’est une énorme évolution qui ouvre de larges perspectives d’espaces politiques autonomes aux partis politiques. Mais bien plus, ce combat constitue une occasion de mobilisation qui va au-delà des partis politiques, car s’il y a des gens agacés et qui n’attendent que ces protestations populaires, c’est bien les Conseils régionaux eux-mêmes, agacés devant les atermoiements, voire le refus de les faire fonctionner.

C’est dire que si les Camerounais veulent organiser les manifestations populaires contre le régime du Renouveau, leurs réclamations doivent porter sur le transfert immédiat, sans condition et sans interprétation, des 15% des recettes publiques déjà collectées par l’État, sur l’adoption immédiate des budgets régionaux et sur le fonctionnement immédiat de ces Conseils.

C’est cela la vraie révolution.

Le reste est un perd-temps.

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