Commune de Bangangté : Les conseillers boycottent l’élection du maire
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La session extraordinaire du conseil municipal convoquée pour  remplacer le Dr Jonas Kouamouo, décédé subitement en mars dernier, n’a pas eu lieu, faute de quorum. Une nouvelle session programmée dans trois jours. 

Les 40 conseillers municipaux vivants de la Commune de Bangangté sont attendus de nouveau jeudi prochain, 6 mai 2021, pour l’élection du nouveau maire. Ainsi en a décidé le préfet du Ndé, Ernest Ewangu Budu. Cette décision fait suite au boycott de la session extraordinaire convoquée hier lundi, 3 mai, pour élire le nouveau maire, après le décès du Dr Jonas Kouamouo. Tout était pourtant bien parti pour que les joutes, régulièrement houleuses dans cette ville, ne soient pas portées en public. 

La veille, l’émissaire du comité central du Rdpc, Lamère Njankouo, a réuni les conseillers municipaux en présence du président de la délégation permanente départementale du Rdpc pour le Ndé, Clobert Tchatat, pour choisir le candidat à présenter le lendemain en session. Au terme d’un vote de qualification, Eric Niat a battu Jean Lambert Tchoumi, par 21 voix contre 19. Semblant de fairplay, les deux candidats se sont donné une accolade. La jeunesse de Bangangté est entrée en ébullition, les réseaux sociaux se sont enflammés, considérant que le fils du Président du Sénat était déjà élu. 

Coup de théâtre. A 13h, heure du conseil sensé être une formalité, seuls 16 conseillers sont présents. Les 24 autres dont des transfuges nocturnes, pourtant aperçus dans la ville, sont injoignables. Pour accéder à la salle des délibérations, des airs de bombance sont en l’air. Un service traiteur de qualité s’affaire au rez-de-chaussée. Lorsque le préfet décide d’ouvrir la séance, avec un léger retard, ils sont nombreux à ne pas répondre au téléphone. Le bureau d’âge est mis en place. Pour constater que l’élection ne peut pas avoir lieu, faute de quorum. Pour y arriver, l’émissaire du comité central aura regretté « l’indiscipline » de ses éléments, puis promis des sanctions aux contrevenants. Il a garanti d’oeuvrer, de concert avec la hiérarchie du parti, pour que les résultats obtenus la veille lors du conclave interne, soient maintenus. 

Marcel Niat Njifenji

Eric Niat, le candidat retenu pour le poste est certes conseiller municipal comme les autres, ancien 4ème puis 3ème adjoint au maire dans la mandature passée, il reste qu’il est le fils de son père, le Président du Sénat et que beaucoup à Bangangté refusent ce qu’ils appellent « la perpétuation de la dynastie ». Il réussit à se rapprocher sérieusement du siège après plusieurs tentatives infructueuses. En face, il est clair que Lambert Tchoumi, ancien haut cadre du Ministère des Travaux publics et actuel deuxième adjoint au maire, est le pion du ministre Célestine Ketcha Courtès et d’un bon nombre de chefs traditionnels. 

En effet, le chef supérieur Bangangté, Nji Mouluh Seidou Pokam n’est pas allé par quatre chemins pour imposer sa candidature aux conseillers qu’il a « convoqués » en son palais la veille, au nom de la continuité du bureau sortant et en hommage au défunt maire, qui avait rongé son frein derrière les dinosaures politiques pendant trois décennies. Ancien président de la section départementale Rdpc du Ndé, il est mort en étant toujours président de la nouvelle section reconfigurée du  Ndé Nord.

Dans les tractations nocturnes, trois conseillers ont changé de camp. Les ennemis d’Eric Niat racontent que pour convertir les 21 conseillers qui l’ont élu lors des primaires, il a puisé dans les 150 millions mis à sa disposition par son riche père, qui nourrirait le rêve sacré de voir son fils à ce poste avant de tirer sa révérence. C’est dire si les tractations continuent, en attendant « la discipline du parti ». De là où ils étaient reclus, certains parmi ceux qui ont boycotté le conseil ont en effet envoyé des messages aux autorités pour se défendre d’une quelconque rébellion contre les institutions. Trois jours de longs couteaux donc ! 

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