LES CAMEROUNAIS ET LES ESCALATORS DU GRAND MALL
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LES CAMEROUNAIS ET LES ESCALATORS DU GRAND MALL :: CAMEROON

Depuis son ouverture, le Grand Mall est devenu la principale attraction de la ville de Douala. Les habitants de la capitale économique partent des 4 coins de la ville pour visiter ce qui est présenté, à juste titre, comme le plus grand centre commercial en zone CEMAC.

Si on peut à juste titre se réjouir que Douala soit enfin doter d'un centre commercial digne de ce nom, on est tout le moins surpris des vidéos désormais virales qui circulent sur la toile et qui montrent des chutes à répétition sur les escalators qu'offre ce magnifique espace.

Il ne se passe pas un jour désormais sans qu'on voit une vidéo ou quelqu'un tombe, monte ou descend à contre sens, sous les railleries des autres visiteurs. C'est à croire que c'est la première fois qu'on a des escalators au Cameroun. Ce qui est complètement faux.

En effet, Construit entre 1972 et 1977 par l'entreprise française GTE (Grand Travaux de l'Est), l'aéroport de Douala, inauguré par l'ancien président Ahmadou Ahidjo, le 27 juin 1977 est le premier endroit au Cameroun qui un escalator.

Seulement l'aéroport n'étant pas un espace accessible à tous (aujourd'hui plus qu'hier) beaucoup n'y ont jamais accéder. Le vieil escalator a cessé de fonctionner depuis Mathusalem. Puis en 1980, les habitants de Yaoundé découvrent l'escalier roulant à la faveur de l'ouverture du Supermarché Prisunic à l'immeuble T Bella.

Depuis lors on n'a pas vu beaucoup de bâtiments avec des escalators ce qui n'est pas surprenant dans un pays où on laisse des gens construire des immeubles de plus de 5 niveaux sans ascenseur.

On notera cependant que quelques investisseurs ont installé des escalators dans leurs bâtiments, je pense à l'hôtel la Falaise à Yaoundé ou à la Boulangerie Saker (eh oui !) à Akwa à Douala. Ces derniers n'ont pas fonctionné longtemps à cause justement des chutes à répétitions des usagers mais aussi et surtout des coupures intempestives de courant.

Du coup rien de surprenant que les camerounais de la ville de Douala découvrent dans leur grande majorité les escaliers roulants.

Au-delà du burlesque que nous offrent ces multiples chutes, nous devrions peut-être nous interroger sur le niveau développement infrastructurel de notre pays ces 40 dernières années. Il faut surtout saluer les promoteurs de ce projet car il nous aura fallu 60 ans après les indépendances pour avoir un centre commercial digne de ce nom et de notre statut de plaque tournante de l'économie de la Sous-Région. Mieux vaut tard que jamais.

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