World news CAMEROUN :: Carte nationale d’identité : Les récépissés font un carton :: CAMEROON CAMEROUN INFO - CAMEROUN ACTU
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  • Mutations : Rosette Ombessack
  • vendredi 24 janvier 2020 01:15:00
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World news CAMEROUN :: Carte nationale d’identité : Les récépissés font un carton :: CAMEROON CAMEROUN INFO - CAMEROUN ACTU

De plus en plus de personnes ont du mal à entrer en possession de cette pièce d’identification, une situation qui n’est pas sans conséquences.

Louise Amougou, la soixantaine sonnée, est dans tous ses états ce mardi 21 janvier à la Délégation générale à la sureté nationale (Dgsn). Elle y est venue se plaindre parce que depuis un an, elle n’est pas entrée en possession de sa carte nationale d’identité (Cni). « Faites une requête et venez la déposer au courrier », lui conseille à l’accueil un agent de la police. «Je sais que la requête c’est quoi?», rétorque la dame. «Rendez vous dans un secrétariat à côté et demandez qu’on vous aide à rédiger une requête», ajoute l’officier de police. Après Louise Amougou, une autre jeune femme se présente à l’accueil et demande elle aussi la ligne de conduite à suivre pour entrer en possession du précieux sésame qu’elle attend en vain depuis huit mois environ. « Déposez une requête au courrier que voici», lui répond également un autre agent.

Les plaintes enregistrées à la Dgsn sont aussi courantes dans des commissariats de la ville de Yaoundé. Un tour effectué dans différents postes d’identification montre à suffisance que plusieurs personnes sont en attente de leur Cni, une situation irrite. « Je suis fatiguée de venir tout le temps ici pour entendre la même chanson : «Votre Cni n’est pas encore sortie », lâche une dame au commissariat de Nkolndongo, le 17 janvier dernier. Elle fait comprendre que ça va bientôt faire un an qu’elle attend sa Cni. « On m’a dit qu’on ne peut proroger mon récépissé plus de deux fois. Que vais-je faire pour retirer de l’argent que mon frère m’a envoyé ? », se demande-t-elle. Idem pour Lambert Dongo, manoeuvre dans une entreprise privée basée à Yaoundé. Il n’a pas pu retirer vendredi 17 du mois en cours la somme de 400.000 Fcfa que son parent lui a envoyé depuis la France pour ses soins de santé. « Vous ne pouvez pas retirer votre argent avec un récépissé dont le délai de validité est déjà dépassé », lui a dit fermement la dame de l’autre côté du guichet. Pour sortir de l’auberge, Lambert a été obligé de faire retourner ledit argent chez son expéditeur, afin qu’il soit renvoyé cette fois-ci sous un autre nom, celui d’une collègue.

Raisons

Comme on peut le constater, c’est un malaise général qui perdure. Aux dires d’un agent identificateur en service à la direction régionale de la police judiciaire, une seule erreur faite pendant son identification peut bloquer la sortie d’une Cni. « Il y en a qui, sur la fiche, disent qu’ils sont originaires de la région du Centre simplement parce qu’ils sont nés à Yaoundé, alors qu’en réalité ils sont de l’Ouest. Certains écrivent mal leur nom. D’autres encore disent par exemple qu’ils sont étudiants, qu’ils travaillent dans une entreprise, ou qu’ils sont mariés sans toutefois fournir les pièces justificatives », explique-t-il. Il ajoute que s’identifier dans les différents postes ne garantit pas que l’on entrera en possession de sa Cni. « Tout se joue au niveau du centre de production des Cni. On peut très bien vous identifier à notre niveau. Mais vous risquez être bloqués au centre de production des cartes, à cause des erreurs que vous aurez commises », argue l’agent identificateur.

Autant d’explications qui concordent avec celles des responsables de la Dgsn. « Les Camerounais ont de gros problèmes d’identification», déclare une source de la cellule de communication de la Dgsn. Selon elle, ceux qui ont triché avant l’informatisation ont réussi. Tant il est vrai que, pendant la période de l’ancien système, il était facile, avec la complicité des agents identificateurs de l’époque, de changer son âge en établissant sa Cni. Toutefois, « ceux qui ont triché après l’avènement de l’informatisation en 1996, sont rattrapés aujourd’hui », ajoute-t-elle.

Numéro vert

Par contre, elle reconnaît aussi qu’il peut avoir des problèmes de filiation, qui peuvent être résolus. Il s’agit des personnes qui ont fait des erreurs pendant leur identification (nom mal écrit, erreur de la région d’origine ou encore l’absence des pièces justificatives comme un acte de mariage, un acte de divorce ou une carte professionnelle etc. «Dans ces cas, il suffit d’appeler le 1550 pour poser son problème, qui pourra être résolu après avoir fait une requête à laquelle seront jointes les pièces justificatives, que le plaignant devra déposer au service du courrier de la Dgsn », explique-t-on. « Ceux qui font les cartes doivent retourner chercher leur carte dans les commissariats où ils ont déposé les dossiers. Ensuite ceux qui après trois mois n’ont pas eu de suite doivent appeler le 1550 pour savoir où est le problème. Et enfin ceux qui ont les doubles identités, la police ne peut rien faire dans leur cas. Mais en attendant, ils doivent écrire au contentieux et reprendre leur âge d’origine », conseille la source.

Sauf que, force est de constater que le numéro 1550 semble très difficile d’accès. La preuve, il n’a pas donné de suite après plusieurs tentatives faites avec la source de la Dgsn. «C’est une ligne très occupée, mais on arrive à l’obtenir. Il faut seulement insister», a justifié notre source. Le calvaire de nombreux requérants de la Cni va donc encore se poursuivre dans des contrôles de police ou dans des établissements bancaires, car les récépissés, dont la validité est parfois prolongée indéfiniment, ne trouvent pas toujours grâce aux yeux des agents en faction ou préposés à l’accueil. Ces Camerounais sont-ils tous à ranger parmi les cas litigieux ? Quand on sait que selon la norme prescrite, le récépissé a un délai de trois mois renouvelable une fois.

C’est en août 2016 que la nouvelle Cni informatisée a été lancée au Cameroun. Les autorités camerounaises en collaboration avec le prestataire français Gemalto entendaient « renforcer la sécurité sur le territoire en luttant en particulier contre l’usurpation d’identité et la fraude documentaire ». Trois ans après, un bilan s’impose.

24janv.
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