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  • Le Jour : Mathias Mouendé Ngamo
  • samedi 04 janvier 2020 12:05:00
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«Obscurité dans mon miroir» est un ensemble de témoignages, de reconstitutions de scènes et un tableau des douleurs internes.

Pour son premier film, Flore Tamko Mbensi a choisi de braquer les projecteurs sur un phénomène grave aux séquelles internes profondes, mais très peu mis à jour dans la société. Il s’agit du viol. Difficile pour les victimes de ces actes inhumains de se reconstruire une existence digne, devant le silence parfois complice de la société ou l’impunité des auteurs souvent couverts. Face au miroir, les victimes ont de la peine à se reconnaître. Elles revoient des épisodes tristes de ce jour malheureux. La glace les replonge dans la douleur, dans l’obscurité. C’est peut-être à ce titre que la réalisatrice a choisi d’inscrire en lettres de sang le mot «obscurité...» dans l’intitulé du film. La suite du titre «... dans mon miroir » rédigé en blanc sur un fond noir peut ici renvoyer à cette petite lueur ou cette petite paix du coeur que les victimes peuvent acquérir après un solide accompagnement psychologique et familial.

Difficile de visionner les 26 minutes de production sans écraser une goutte de larme. Le film de la réalisatrice camerounaise Flore Tamko Mbensi est chargé d’émotions. Pour toucher encore plus les coeurs et les sensibilités sur ce phénomène, la réalisatrice, journaliste de formation, s’est complètement effacée. Elle ne raconte pas l’histoire de ses sujets. Les victimes, Sophie et Madeleine, se racontent d’elles-mêmes. Même si l’acte a été commis il y a 20 ans, les souvenirs restent vivaces et l’émotion toujours présente. Il n’y a qu’à écouter les variations dans la voix ou regarder avec le zoom de la caméra les traits du visage, la couleur des yeux, les gestes des doigts qui se frottent. Aux témoignages qui choquent parfois, le film documentaire y a associé des reconstitutions de scènes en noir et blanc qui repeignent les contextes et circonstances. Les interviews de spécialistes apportent encore plus de lumière sur le phénomène. Les spécialistes présentent en outre l’accompagnement dont ont besoin les victimes de viol.

Le viol, un crime

Flore Tamko Mbensi l’avoue, elle a dû interrompre le tournage plusieurs fois et faire des pauses, devant les sanglots des actrices. Pour ces courageuses dames qui témoignent à visages découverts, il reste difficile de vivre dans le quartier où l’acte a été commis. Pour éviter d’être dévisagées et de faire l’objet de tous les commentaires, elles ont été obligées de changer de localité. Elles sont plus amères lorsqu’elles parlent des auteurs, parfois pris la main dans le sac, mais qui passent entre les mailles de la justice.

Pourtant, «le viol est un crime !», tel que le scandent toutes les parties prenantes dans ce film. «Obscurité dans mon miroir ». Quatre mots pour décrier un phénomène à quatre lettres, le viol. Il s’agissait au départ d’un projet de grand reportage. Mais Flore Tamko Mbensi, directrice de la rédaction de Cordia Prod, une maison de production basée à Douala, a trouvé plus édifiant d’en faire un film. Les retours lui donnent raison. Le portail des camerounais de Belgique (@camer.be). La réalisatrice a décroché le prix Amazone du jury au festival international des films de femmes (Fiff) à Cotonou au Bénin en septembre 2019. Le 26 minutes a également fait partie de la sélection officielle à Urusaro International Woman Film Festival au Rwanda en octobre 2019. Le film documentaire est aussi retenu dans la sélection officielle pour le festival Film Femmes Afrique qui se tiendra à Dakar au Sénégal, en février 2020. «Obscurité dans mon miroir» dans sa version court-métrage a été bouclée en mars 2019. Marie Christine Whassom en est la productrice. Une version longue est actuellement en chantier.

04janv.
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