Bonne Gouvernance, Leadership,Avidité des Dirigeants et Paradoxes de La Lutte Anticorruption Afrique :: AFRICA
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AFRIQUE :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Jacques P Nguemegne, Ph.D. (Expert en gouvernance)
  • mardi 19 novembre 2019 16:24:00
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Bonne Gouvernance, Leadership,Avidité des Dirigeants et Paradoxes de La Lutte Anticorruption Afrique :: AFRICA

La Fondation Mo Ibrahim et le Forum de la Paix de Paris...On a vu jusqu’ici beaucoup de leaders de la lutte anti corruption être traqués, malmenés, molestés et même tués par les gouvernements corrompus. Par contre, on n’a pas encore vu un militant de la bonne gouvernance et de la lutte anticorruption organiser ouvertement la propagande du leader autocrate contemporain à la tête d’un des pays les plus corrompus de la planète.

C’est cette curieuse situation que nous venons de vivre à Paris, à l’occasion du Forum de la Paix1 , qui s’y est tenu du 11 au 13 novembre 2019, à la Grande Halle de la Villette, sous la présidence de Mr. Pascal Lamy.

D’ailleurs, ma petite idée de ce sommet est que son objectif réel n’était pas celui de la paix tant crié sur les toits. Ce fut un haut lieu de corruption. En fait, ce sommet n’était qu’un faux prétexte pour Mr Emmanuel Macron qui a cruellement besoin d’argent pour le financement de sa campagne électorale lors des futures élections présidentielles françaises. Il a fait venir à Paris, comme d’habitude, des dirigeants généralement illégitimes, comme Mr Paul Biya. Question de donner au dernier cité l’occasion de se refaire une petite virginité politique, aux yeux de l’opinion publique d’Europe. Cela, contre un soutien en espèces sonantes et trébuchantes. Les dirigeants d’Afrique noire francophone et, Mr Biya en particulier, ont traditionnellement agit comme des « coffres-forts » pour les présidents de France et Emmanuel Macron ne fait pas exception. C’est pourquoi on a vu un Paul Biya, presque malade et tenant à peine sur ses jambes être invité en France et son rêve d’être accueilli de nouveau à l’Élysée, satisfait. Tout le monde ou presque sait que ce dernier est très généreux avec l’argent du Cameroun, surtout lorsqu’il s’agit de s’ « acheter »  une image positive pour son régime devenu peu fréquentable. Ainsi, alors que les camerounais meurent de faim, de maladie et ont leurs besoins primaires insatisfaits, Mr. Biya déversent des milliards de francs CFA sur des dirigeants et les lobbies occidentaux afin obtenir le plus longtemps possible le soutien du gouvernement français, de l’opinion et des forces d’influence internationales. La question est de savoir quelle a été le rôle de Mr. Mo Ibrahim - véritable pionnier de lutte pour la bonne gouvernance et contre la corruption en Afrique (grâce à la Fondation qui porte son nom) - dans ce qui a semblé être un projet dont le dessein teinté de vénalité va manifestement contre la morale et le bien public, qu’il entend promouvoir en Afrique?

Quelques réussites de la Fondation Mo Ibrahim dans le travail sur la gouvernance en Afrique.
Dans cette histoire, le cas de Mr Mo Ibrahim est pathétiquement sui generis. Cet ingénieur et milliardaire soudanais de 73 ans, s’était jusqu’ici fait connaitre en Afrique et dans le monde comme un militant engagé de la bonne gouvernance. C’est quelqu’un qui lutte contre la corruption. En effet, la Fondation Mo Ibrahim, qui porte le nom de son créateur, a été mis en place en 2006, à Londres2. Son objectif principal était, grosso modo, d’améliorer la qualité de la ‘dirigeance’ ou « leadership » et de promouvoir la bonne gouvernance en Afrique. Mr Mo Ibrahim, qui préside aux destinées de sa fondation s’est d’ailleurs entouré de personnalités ayant une renommée indiscutable telles que : Lord Simon Cairns, Nathalie Delapalme, Hadeel Ibrahim, Abdoulie Janneh, Sir Ketumile Masire, Jay Naidoo, May Robinson et Salim Ahmed Salim (ibid).

La fondation Mo Ibrahim a quelques faits d’armes à son actif : en premier lieu, l’ « Index Ibrahim de la Gouvernance en Afrique » (IIGA) a déjà acquis une certaine crédibilité et même popularité dans certains milieux scientifiques. Désormais, quelques institutions et chercheurs l’utilisent pour analyser l’organisation et le fonctionnement du pouvoir et de l’administration à l’intérieur des États africains. On y fait aussi recours pour comparer les pays africains entre eux par rapport à leurs pratiques de la bonne gouvernance, la démocratie, la croissance économique, la sécurité, des droits de l’homme, de l’état de droit et, surtout de la gouvernance en général. Il est entendu que l’index Ibrahim en mesurant la gouvernance donne une claire indication sur la capacité des pays ou leurs efforts dans l’éradication de la corruption qui est un problème d’ordre public en Afrique. Plusieurs pays y connaissent des niveaux endémique et systémique du phénomène.
Depuis 2008 et avant j’ai travaillé intensément sur les questions de la participation des citoyens à la vie politique, du pouvoir politique (Nguemegne 19983), de la corruption, des politiques anticorruption et de la gouvernance en Afrique (Nguemegne 2009, 2011). Donc, j’ai rencontré dans la littérature l’Index Ibrahim. Je ne lai pas spécialement utilisé. D’abord, parce qu’a l’époque, il était encore en construction et donc n’avait qu’une une fiabilité et donc, une validité relative. En suite, parce que sur le marché scientifique et de la recherche il existait des outils de mesure plus efficaces et crédibles, notamment les index de gouvernance et de Perception de corruption développés, par la Banque Mondiale et Transparency International, respectivement.

Une autre invention réussie de la Fondation Mo Ibrahim est le « Prix Ibrahim de l’accomplissement en leadership Africain ». Ce programme4, unique en son genre, récompense le courage des chefs d’États africains qui ont accepté de quitter le pouvoir. Qu’ils l’aient fait pat voie d’élection ou par leur volonté personnelle. Or, il est clair, sur la base des statistiques, que les Africains ont tendance à s’éterniser au pouvoir, quitte à fausser ou truquer les résultats des élections présidentielles. La Fondation Ibrahim offre bien sûr un prix consistant d’un million de dollar à l’élu.

Toutefois, ce programme n’est pas important par le montant financier du prix attribué. Ce qui n’est pas négligeable dans le contexte local. Il est important parce qu’il regroupe les anciens chefs d’État : une espèce assez rare sur ce continent où il n’y a pas longtemps beaucoup de gouvernants ne quittaient le pouvoir que par la mort ou par un coup - d’état. En exposant les anciens chefs d’États dans ce forum, la Fondation Ibrahim envoie le message aux chefs d’État encore au pouvoir, qu’il y a une vie après le pouvoir. Les chefs d’État encore en fonction et qui ont tendance à s’y éterniser et à y mourir trouve une motivation ou un encouragement supplémentaires à passer la main à leur éventuel successeur sans rechigner. Ils peuvent envisager un après pouvoir moins sombre et plus tranquille. Ils se rendent compte que certains chefs d’État africains mènent une vie post – pouvoir paisible, heureuse et accomplie. Donc, l’Afrique noire francophone qui regroupe le plus grand nombre de chefs d’États qui justifient de la plus grande longévité au pouvoir dans le monde, trouve, encore plus que les autres régions d’Afrique, son intérêt dans les œuvres de la Fondation Mo Ibrahim.

Si on en juge par ces quelques résultats positifs, la Fondation Mo Ibrahim connait bien de réussites en Afrique. Le Forum de la Paix de Paris est venu toutefois jeter une zone d’ombre sur ce beau tableau. L’épisode de cette rencontre a véritablement porté un coup à l’image de la Fondation Mo Ibrahim en l’espace de quelques minutes d’entretien entre Mr Mo Ibrahim et Mr Paul Biya5. Il s’agissait apparemment d’un débat entre cinq personnalités. Le sentiment profond de beaucoup de camerounais et d’Africains subsahariens est que, faisant fi de tout le travail abattu et en marchant sur ses principes moraux, la Fondation Ibrahim et son fondateur ont publiquement adoubé et soutenu une personne qui ne partage pas leurs valeurs dans les idées comme dans l’action, Beaucoup se demandent encore pourquoi ce retournement à 360 degrés?

L’état de la gouvernance au Cameroun suivant les critères de la Fondation Mo Ibrahim

Primo, à Paris, Mr Mo Ibrahim n’a respecté ni ses propres principes, ni ses engagements.

En effet, par sa nature et sa mission, la Fondation Ibrahim ne semble pas encourager l’extrême longévité d’un président au pouvoir, ni n’encourager de président à ignorer les résultats des élections qui lui sont défavorables pour se maintenir au pouvoir, ni ne souhaite pas qu’un chef d’État qui a perdu ses facultés mentales et physique s’accroche indéfiniment au pouvoir (quelles que soient les circonstances).

Or, Mr. Paul Biya âgé de 86 ans, dont p 37 passés à la magistrature suprême, avec au moins deux élection présidentielles dont les résultats ont été contestés et sa santé physique et mentale déclinante, n’est pas le genre de candidat qui va recevoir le vote de la Fondation Mo Ibrahim. Cette situation est contraire à sa philosophie de l’encouragement indirect de l’alternance démocratique et du soutien à une dirigeance de qualité et de mérite. La Fondation Mo Ibrahim par l’Index Ibrahim de la gouvernance en Afrique encourage l’alternance au pouvoir. Il s’agit d’une alternance régulière. L’alternance au niveau suprême de l’État surtout a certainement un impact bénéfique sur la forme de gouvernance. Elle est à la base d’une une meilleure gouvernance des nations.
Secundo, le gouvernement de Mr Paul Biya viole clairement les principes de la Fondation Mo Ibrahim :
Le gouvernement que préside Mr Biya brille spécialement par ses mauvais résultats au plan de la gouvernance. Ceci, même si on ne se limitait qu’aux critères de la Fondation Mo Ibrahim et notamment à l’Index Ibrahim de la Gouvernance Africaine (IIGA).

En jetant un bref regard sur les IIGAs de 2015 et 2019, choisis au hasard, on peut constater, par rapport au Cameroun, que :
Dans l’IIGA 2015, le Cameroun était 37eme sur 54 nations africaines avec un score de gouvernance générale de 45,9. Le Cameroun ne faisait pas partie du Top 5 des meilleures performances des pays africains sur toutes les 4 variables ou composantes de l’Index que sont : « sécurité et état de droit », « participation et droit de l’homme », « opportunité de réussite économique » et « développement humain ». Juste pour se faire une idée des pays qui s’en sortent le mieux sur ces variables en Afrique, on peut regarder les nations au Top 5 pour chacune de ses composante de l’IIGA comme exposées dans le tableau 1 et 2 qui suivent :

 

Figure 1 : Rapport IIGA 2015.

Il apparait que le Cameroun est mal classé sur l’index IIGA 2015. De plus, il n’est pas mieux classé lorsqu’on considère les composantes individuelles de l’index. Que ce soit sur le plan de la sécurité et des droits humains, de l’état de droit, des opportunités de réussite économique, du développement humain, le régime de Paul Biya présente des résultats modeste voire médiocres, comme nous le montrent les indicateurs techniques de la fondation Mo Ibrahim.
Juste pour vérifier si la gouvernance actuelle du pays a évoluée dans le temps (après trois ans) nous allons reprendre l’exercice pour 2018. Ainsi, nous pourrions nous faire une idée nette de l’évolution récente du Cameroun sur les différentes échelles de la gouvernance déjà vues plus haut.

Figure 2 : Rapport IIGA 2018

L’observation montre que le Cameroun dans l’IIGA 2018 est classé 36 e sur 54 nations avec un score de 46,2. Si l’on observe une légère amélioration, avec un progrès d’un rang (du 37e au 36e rang sur 54), la situation d’ensemble s’est peu améliorée. Le score du Cameroun de 46,2 est de 3 points inferieur à la moyenne continentale de l’Index de Gouvernance Générale qui est de 49.9. Ici encore, le Cameroun ne figure pas dans le peloton de tête des 5 pays les plus performants dans l’une des composantes de l’IIGA.

Dans l’ensemble, le Cameroun n’a pas connu beaucoup d’amélioration au niveau de la gouvernance. Au regard des critères de mesure de la fondation Mo Ibrahim elle-même’ La gouvernance dans et de ce pays en générale est stagnante et même tend à régresser.

Le soutien de paradoxal Mo Ibrahim au promoteur et responsable de la mal gouvernance

Au vu de ce qui précède, il est clair que, sauf à dire comme Le Christ dans La Sainte Parole, «  je suis venu pour les pécheurs » ou encore «  ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin »1, la Fondation Mo Ibrahim n’est pas à priori sympathique aux régimes du genre de celui de Mr Biya. On se serait attendu à ce que Mr Mo Ibrahim s’abstienne d’accorder sa caution à un régime qui est vomit à l’intérieur du pays qu’il gouverne et reconnu comme dictatorial et voyou, pour dire le moins, à l’extérieur.

L’accueil de Mr Biya sur un plateau de la télévision dans un « panel » à l’ occasion du Sommet de la Paix de Paris 2019. en compagnie de quelque « figurants » ressemble à un travail de communication pour aider le gouvernement de Mr Biya à faire mieux supporter sa mauvaise gouvernance et la corruption de son régime par le monde occidental. Pour arriver à cette conclusion, j’ai simplement observé l’attitude de Mr Paul Biya et de Mr Mo Ibrahim sur le plateau de télévision, qui prétendait regrouper certains membres africains et internationaux de la « société civile ». Certes, j’ai vu sur ce plateau la Secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie. Mais, que venait faire Mr Paul Biya, chef d’État, sur ce plateau réservé par définition aux membres de la société civile?
D’emblée, on peut noter la grossière confusion volontaire de genre : comment peut- on mettre dans le même sac les chefs d’État et les membres de la société civile ou même, « introduire en embuscade «  un président dans un débat des membres de la société civile?

Ensuite, la gestion asymétrique du temps allouer aux intervenants au débat par Mr Mo Ibrahim trahit le fait qu’il s’agissait en réalité d’une opération de communication pour tromper les ignorants. Cela en faisant apparaitre Mr Paul Biya comme quelqu’un qui est respectueux de la bonne gouvernance. Pourquoi? Parcequ’on l’a vu en France sur un plateau organisée par Mr Mo Ibrahim, le grand champion de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance et sa Fondation. Sauf à être niais, Mr Mo Ibrahim doit savoir que Mr Biya recherche désespérément une photo ou on les voit ensemble, comme par le passée il a recherché une pareille photo avec Barack Obama. Ce sont des éléments de l’artifice, une sorte d’attrape nigaud.

En outre, le débat est un faux du début à la fin. Puisque, sur le plan de la langue Mr. Biya ne comprend ni ne parle l’Anglais. On voit aussi que la parole est limitée pour les autres invités ou personnalité désignés certainement par Mr Macron et/ ou Mr Mo Ibrahim. Dans un débat oral, Mr Mo Ibrahim donne la permission à Mr Biya de lire tout un discours préalablement préparé sur un sujet qui n’a presque rien avoir avec le ou les sujets en débat : la crise du Nord Ouest et du Sud – Ouest Camerounais, et son eternel idée réchauffée depuis 40 ans du nouvel ordre mondial, de la composition et du rapport de force entre le Nord et le Sud au Sein du Conseil de Sécurité et tutti quanti . En passant, Mme la Secrétaire Générale de la Francophonie, toujours à la demande de M Mo Ibrahim, est juste bonne à jouer les traductrices.

Ce discours qui prend en embuscade les autres participants au débat a été préparé longtemps à l’avance : Mr Biya feint de l’avoir improvisé, mais apparemment Mr Mo Ibrahim savait bien qu’il tiendrait un discours. Le discours est imperturbablement fait à l’adresse de l’opinion européenne. Après une introduction, en partie laudative à Mr Ibrahim Mo et à sa fondation, Mr Biya exécute son discours sur près de 30 minutes. Mr Biya n’a pas daigné parler à son peuple ces jours-ci. Ces problèmes dont-il parle, il n’a pas daigné en toucher un mot, même pas au parlement de son pays un instance muselée dans laquelle les élu(e)s de la nation sont tenu(e)s en respect. Au pays, Mr Biya se tient coi, disparait pendant de longs mois ou se fait invisible. Pour ne pas être questionne par le citoyens sur sa gouvernance il fait le vide, au propre comme au figuré, autour de lui. Il ne réagit pas souvent sur les problèmes pour les traiter. Est-cela que Mr Mo Ibrahim et la France entendent par bonne gouvernance?

Au regard de tout ce qui précède, notre conclusion est simple : Mr Mo Ibrahim a tenté de prêter sa réputation personnelle et celle de sa Fondation, qui a une solide réputation établie de lutter pour améliorer la gouvernance en Afrique, à Mr Paul Biya. L’objectif serait que Mr Biya se refasse son image profondément écornée de dictateur, corrompu qui ne pratique pas la bonne gouvernance au sein de son propre gouvernement depuis 37 ans. Il a « planté » et « cultivé » la corruption dans son pays comme un moyen de domination de son peuple. Il est question que le président camerounais se fasse une bonne image aux yeux de la communauté européenne et internationale. Mr Paul Biya ne s’adresse pas beaucoup à l’opinion nationale Camerounaise qu’il évite et ignore, ni à l’opinion africaine pour laquelle il n’a que de la condescendance et du dédain. Il ne s’adresse qu’à ceux a qui il estime qu’il peut recevoir des services même sur une base « qui pro quo » ou « donnant-donnant ». Pour que Biya vous donne de la considération vous devez compter d’une manière ou d’une autre pour lui. C’est pourquoi je suis fonde a dire que le déplacement de Mr Biya en France, sa participation au sommet de la paix et surtout sa présence sur ce débat a été professionnellement organisé sur la base des principes que je viens de décrire. Il a du comme a son habitude donner quelques chose (qui reste à déterminer) pour obtenir de berner l’opinion internationale. Si cela n’avait pas été le cas, il n’aurait pas bouge la jambe d’un centimètre. Il est allé France parce qu’il sait qu’il va reconquérir le soutien du gouvernement français et de Mr Emmanuel Macron. Ceux –ci ont besoin de ressources naturelles et d’argent frais pour les élections à venir.

Œuvres de Mo Ibrahim et de sa Fondation : Œuvre humanitaire ou œuvre intéressée ?

La Fondation Mo Ibrahim n’a-t-elle pas été mise ne place pour encourager la bonne gouvernance? Si c’est le cas pourquoi subitement elle s’attèle a soutenir ouvertement un régime de mauvaise gouvernement? Pourquoi Mr. Mo Ibrahim apporte –t-il sa caution au régime africain qui a une des pires des performances aujourd’hui en Afrique de l’avis des spécialiste et des leaders d’opinion?

Notre question dernière question s’interroger de savoir si toute cette opération de communication a été faite par la fondation Ibrahim Mo par humanisme? On se demande si la mission de la Fondation Mo Ibrahim a changé de mission? Mr Mo Ibrahim est un africain et soudanais qui sait, vu l’expérience récente du Soudan, son pays natal, comment il est difficile pour un peuple de se débarrasser d’un dictateur. Il sait que même lorsque le peuple renverse le dictateur, ça peut prendre une éternité – comme c’est le cas au Soudan post – El-Béchir et en Algérie post – Bouteflika - pour se défaire de son régime, des militaire ou de la système qu’ils qu’ils ont mis place. Ceci pour dire que les peuple ont du mal déjà a lutter en interne contre les système de mal gouvernance. Il est temps que des organisations comme la Fondation Ibrahim Mo et leurs leaders ne travaillent pas à compliquer la taches aux peuples africains, épris de liberté et qui demandent de tous leurs vœux la mise en place des gouvernements qui ont à cœur l’intérêt général et le bien public.

Nos certitudes :

En réalité, le panel dont nous venons de parle fut un moment théâtral concocté, organisé et dirigée par un excellent metteur en scène (Mr Emmanuel Macron). Il y a peu de doute qu’il ait reçu un avantage personnel de la part de l’acteur principal du jour. Possiblement, un acteur secondaire (La Fondation) a aussi obtenu « quelque chose » évidemment « sous la table » pour participer à ce jeu malsain du fait de la personnalité morale indéfendable même de l’acteur principal : le « protégé de Mr Macron ». En somme, sur cette scène de théâtre, seules deux personnes comptaient. C’était une tribune accordée sans doute à prix d’or à Mr. Biya pour faire passer son message sur la situation passablement délétère de droits humains au Cameroun et redresser l’image de tyran qui lui colle désormais à la peau. Mr Mo Ibrahim devait aider dans ce processus en y apportant sa caution de « monsieur propre d’Afrique ». Toutes les autres personnes sur le plateau ne furent là que pour jouer le rôle de « cheval de Troie » ou des « faire valoir». La Secrétaire Générale de la francophonie a bien joué les traductrices. Mais, elle est plus « mouillée » désormais dans ces magouilles à la françaises, comme le processus de sa désignation au poste qu’elle occupe le lui a appris. C’est pourquoi, elle s’est montrée plus accommodante et flexible. Elle a joué sa partition dans ce jeu. On ne peut pas dire avec certitude qu’elle n’était pas au courant de l’enjeu sur ce panel bien peu ordinaire. Finalement, une bonne partie du temps a été simplement laissée à Mr Biya pour « vider son sac », sous le regard compatissant et complaisant de M. Mo Ibrahim.

Pour conclure

Une chose est sur, Mr Paul Biya dépense sans compter pour acheter du soutien à ceux qui peuvent lui en procurer dans le monde, ou qu’ils soient et quelque soit leur niveau social ou leur philosophie. On peut donc logiquement soupçonner une compromission volontaire ou involontaire de la part de Mr Ibrahim Mo et sa Fondation. C’est peut-être ce qui explique que Mr Mo Ibrahim lui-même soit venu sur le plateau pour s’assurer qu’aucun journaliste-trouble-fête ne vienne se poser comme une entrave à l’exécution du contrat. Nous camerounais avons reçu cette opérations de communication comme un poignard dans le dos. Notre confiance en la Fondation Ibrahim Mo a été trahie. Faut-il rêver de la bonne gouvernance en Afrique? En vous présentant comme l’amis du plus grand dictateur et un des dirigeant le plus corrompus du monde tous ceux qui croyaient en vous - les africains que aiment la bonne gouvernance - ont été déçus.

1- Wikipedia. “Forum de Paris sur la Paix”, https://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_de_Paris_sur_la_paix (visité le 15 novembre 2019).
2- Ibid.
3- Voir notamment notre thèse sur la participation des Bamiléké ruraux (du Koung-khi) à la vie politique du Cameroun. Soutenue à l’Université de Yaoundé II, Soa, en Octobre 1998.
4- Les autres programmes de la Foundation Mo Ibrahim sont : le « Ibrahim Leadership » et le « The Ibrahim Fellowship and Scholarship».
5-  Il s’agissait d’un soi-disant panel de discussion sur le thème «  Reconnaitre le Sud : pour une gouvernance mondiale plus équilibrée ». Le panel était formé de personnalités suivantes : Mo Ibrahim ( créateur et dirigeant de la Fondation Mo Ibrahim) ( modérateur), Mme Louise Mushikiwabo ( Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie) (membre), M. Hor Nambong ( Vice-président du Cambodge) (membre); M. Hossa Zaki ( de la Ligue Arabe ) (membre) et de M. Mohan Kumar ( du Reviving the Islamic Spirit (RIS)) (membre).
6-La Sainte Bible, Nouveau Testament. Lire Marc 2 :7 ou Luc 5:32 ou Matthieu 9:12.

Bibliographie
Nguemegne, J.P. (2009). “Fighting corruption in Africa: An Institutional appraisal of the scope and the effectiveness of the anti-corruption system and policies in Cameroun”, Cahiers Africains d’Administration Publique, Revue semestrielle, No 7, pp. 143-177.
-//-//-//-//-//-//(2011).Corruption and human development in Africa. Exlibris, Indianapolis, U.S.
2015 Ibrahim Index of African Governance Country Rankings and Scores https://www.tralac.org/images/docs/8205/2015-iiag-country-rankings-and-scores.pdf 

19nov.
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