BELGIQUE :: Semaine des martyrs du Cameroun: La 11ième édition annoncée à Bruxelles du 23 février  au 10 mars :: BELGIUM
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BELGIQUE :: SOCIETE
  • Correspondance : Le Comité d'Organisation
  • lundi 11 février 2019 07:56:00
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BELGIQUE :: Semaine des martyrs du Cameroun: La 11ième édition annoncée à Bruxelles du 23 février au 10 mars :: BELGIUM

La répression violente et sanglante de la dissidence au Cameroun en Février 2008, occupe désormais une place de choix dans vie politique du Cameroun.

Les massacres de février- Mars 2008 sont en effet un événement repère qui parmi d'autres tristement célèbres, met en évidence la dérive autoritaire, machiavélique et sanglante du régime en place au Cameroun depuis 1982. Descendus en masse et de façon spontanée dans les rues pour contester et crier leur colère par rapport à la vie chère ,le chômage massif et une modification constitutionnelle visant à installer un principal en lieu et place d'une démocratie et d'un Etat de droit, plusieurs jeunes camerounais sont restés sur le carreau.

D'après le rapport 2012 d'Amnesty international, à la fin du mois de Février 2008,les forces de sécurité camerounaises ont massacré pas moins de 200 civils au cours de ces manifestations contre l'augmentation du coût de la vie et la deuxième modification constitutionnelles du régime en place depuis 1982. Sur le bilan des victimes, décédées, il faut tenir compte des personnes tuées parce qu'elles étaient au front, déterminées à en découdre avec un système qu'ils ont cru à tort ou à raison responsables de leurs misères. Ce sont ces dizaines de jeunes qui sont descendus massivement dans les rues de plusieurs villes du Cameroun pour défendre leur avenir, certains parmi eux n'en sont jamais revenus. Parmi ces décédés, il y en a eu qui, ni de près ni de loin, n’étaient engagés dans les émeutes à proprement parler. Parmi les victimes interpellées et incarcérées et libérés pour certains, ils ont été plus de 3500 à connaître les affres d'une justice téléguidée parla chancellerie (Ministère de la justice).

Plusieurs commerces ont fermé et n'ont jamais repris après les émeutes de Février 2008. Certains parce que ciblés comme des supports d'un régime autoritaire, d'autres, nullement engagés politiquement et fermés pourtant pendant la période, ont purement et simplement été vandalisés sans la moindre chance de survivre à ces émeutes.. Les victimes tuées par balles méritent que leurs mémoires soient honorées. Celles incarcérées et libérées après des années de tortures dans les prisons camerounaises, méritent un suivi particulier. Nous espérons également que Monsieur Essobo Adjama, incarcéré à la prison de New-Bell parce que condamné à 10 ans fermes aujourd'hui amoindri et frêle ,recouvrira la liberté cette année. Que dire des maisons, commerces incendiées? Et les familles des victimes tuées par les forces de l’ordre ?

Et aujourd’hui, la crise anglophone La crise anglophone et ses morts (1) Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest constituent 17 % de la population totale du Cameroun. Cette population est essentiellement anglophone. Dès le mois d'octobre 2016, débute dans ces deux régions des mouvements de revendication. Les évêques camerounais dans une lettre pastorale publiée le 3 janvier 2017 et intitulée le « problème anglophone » détailleront les principaux mobiles de cette crise : « La sous-représentation des anglophones dans les jurys des concours d'entrée aux grandes écoles, dans les ministères, dans le gouvernement; l'anglais (pourtant langue officielle au même titre que le français) n'est pas toujours employé dans les examens d'État, les documents publics, ou par les fonctionnaires qui se rendent dans les régions anglophones; une majorité de magistrats, personnels enseignant ou sanitaire, francophones dans ces régions; la négligence des infrastructures de l'Ouest anglophone; l'incompréhension du sous-système éducatif anglophone et du système juridique par les fonctionnaires francophones; la marginalisation des anglophones dans l'admission à certaines grandes écoles »

En lisant ces revendications, alors qu'on est à même de penser qu'une solution peut et doit être trouvée dans un dialogue inclusif avec les différents acteurs de la scène politique nationale, nous assistons à des scènes de guérilla urbaine avec des scènes abominables de violences des forces de l’ordre sur les populations locales…

Les morts se comptent par centaine. Le gouvernement n'hésite pas à riposter d'abord dans les universités. Des images de viol, d'humiliation des étudiants qu'on roule dans la pisse et la merde inondent les réseaux sociaux. Difficile cependant de s'accorder sur les chiffres, le gouvernement camerounais ayant habitué tous les chercheurs, les journalistes à ne jamais livrer les chiffres exacts de quoi que ce soit.

Celle sale guerre est aussi une guerre cachée niée par l'État du Cameroun. Pourtant il y a des morts depuis 2016, il y a des belligérants, il y a des otages, il y a l'armée camerounaise et malheureusement de vastes déplacements des populations dans la forêt qui tentent de trouver refuge au Nigeria, il y a des morts.

Des villages entiers sont incendiés, avec les récoltes et les populations comme si par ces actes on voulait effacer toute trace, toute preuve, toute histoire. Il y a des femmes et des enfants, des jeunes à la verdeur de l'âge! Leur disparition n'a pas un caractère retentissant!

Pour tous ces faits graves qui portent atteinte à la cohésion nationale, le MDF 2008 par la commémoration des émeutes de la faim au Cameroun et par ricochet, par le biais de la semaine des martyrs du Cameroun, interpelle la communauté nationale et internationale à un devoir de mémoire à tous nos martyrs.

Chaque camerounais et amis du Cameroun devra:

- Avoir une pensée pour les 150 civils assassiné froidement en Février 2008
- Avoir une pensée pour les populations des régions du sud-ouest et du nord-ouest assassinés par l'armée de Paul Biya ou contraints à l’exil,
- Sanctionner le pouvoir autocrate de Yaoundé qui a pris en otage notre peuple depuis 36 ans.

Objectifs :

- Faire un travail de mémoire pour rappeler le sacrifice des jeunes camerounais victimes de la répression,
- Rappeler à l’opinion publique nationale et internationale le sort des prisonniers qui croupissent dans les prisons camerounaises suite aux émeutes de 2008 et la crise anglophone,
- Interpeller les autorités et les acteurs politiques camerounais pour mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs de violations graves des Droits de l’Homme, - Rappeler le sort des parents des victimes et des rescapés des émeutes de 2008 qui attendent toujours d’être dédommagés
- Contribuer aux regroupements des forces du Changement pour une alternance pacifique au Cameroun Montrer les répercussions internationales de la répression des émeutes de 2008, notamment sur le flux migratoire des Camerounais vers l’étranger.

La jeunesse camerounaise désespérée cherche toujours ses marques sous l'œil d'une kyrielle de maux qui la minent. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus qu’une alternative : Subir ou s’exiler dans un pays où ils peuvent retrouver la liberté, la dignité humaine qu’ils ont perdue dans leur propre pays où ils deviennent des étrangers.

Plusieurs jeunes camerounais et d’autres jeunes sont égarés dans le désert marocain parce qu'elles rêvent d'une vie meilleure sous d'autres cieux.

Que dire des populations du nord-ouest et du Sudouest qui ont déserté leur villes et villages et de ceux d'entre eux qui ont perdu la vie? Comment mettre un terme à ce phénomène? Faut-il se taire ou subir ?

C’est sur ce sujet que des experts camerounais et internationaux vont débattre au cours d’une conférence internationale qui se déroulera le 2 mars 2019 à Bruxelles, ce, dans la continuité des activités relatives à la semaine des martyrs du Cameroun.

Thème central : « Peut-on conduire le Cameroun vers la démocratie en ce 21ième siècle en évitant les massacres des Camerounais ? »

Intervenants :

- Dr Thierry Amougou
- Me NDOKI Michelle Sonia Martine
- Ayah Ayah Abine, Chairman Ayah Foundation
- Un expert de Caritas International

Modération: Dr Moïse Essoh

Date: Samedi 02 mars 2019. Heure : de 15 à 19h

Lieu : Centre culturel Piano Fabriek ( 3 Rue du Fort à 1060 Bruxelles)
Contact du comité d'organisation: 0465 90 64 31/ 0485 39 58 85 Courriel: fev2008cameroun@gmail.com

Site web: http://fev2008cameroun.canalblog.com/ 


Le Comité d’Organisation de la 11ème semaine des Martyrs, Mouvement de Février 2008.

Organisations partenaires: - Le CNI (Collectif national contre l’impunité au Cameroun) - La Fondation Moumié - ASMA - Ayah Foundation Cameroon

(1) Professeur Vincent-Sosthène FOUDA

11févr.
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