Cameroun: En visite à l’Ouest, le Minedub esquive le tableau noir de l’éducation de base à Kouoptamo :: CAMEROON
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CAMEROUN :: SOCIETE
  • Camer.be : Guy Modeste DZUDIE, à Kouoptamo
  • mardi 05 février 2019 09:21:00
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Cameroun: En visite à l’Ouest, le Minedub esquive le tableau noir de l’éducation de base à Kouoptamo :: CAMEROON

C’est une réalité incontestable, le secteur de l’enseignement primaire et maternel y est sinistré et le reste au moment où Vivian Kilo Asheri, secrétaire d’Etat au Minedub, célébrait la semaine du bilinguisme à Foumban. L’Ecole sous l’arbre à l’orée de 2020

Ce vendredi 01 er février 2019, le directeur de l’école publique bilingue de Kouoptamo a abandonné son lieu de travail pour aller en Foumban accueilli Kilo Vivian Asheri, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education de base (Minedub). Cette dernière était dans la ville de Foumban dans le cadre des activités de la semaine nationale du bilinguisme. Mais au cours de cette visite, pas un mot sur la situation de délabrement des écoles primaires du département

du Noun. En fait, l’école publique bilingue de Kouoptamo où des élèves de class 6 errent dans les alentours de la commune de Kouoptamo après avoir suivi sous la direction de «Mister Denis» des enseignements de mathématique en matinée. Quelques pupilles regroupés devant un bâtiment en terre battue au sol humide et sans aucun confort ne savent même pas où s’est rendu leur enseignant. Surtout qu’à Kouoptamo, le jour du marché, comme ce vendredi 1er février 2019, est sacré…et donne la permission de laisser beaucoup autre chose pour aller « faire son marché » de la semaine. Le visiteur qui se balade à Kouoptamo n’a point besoin d’effort pour s’apercevoir que l’éducation de base y est sinistrée, en matière d’infrastructure. Pour le compte de cette année 2018-2019, plus de 20 sur la soixantaine des écoles primaires et maternelles de l’arrondissement de Kouoptamo sont classés parmi “ les écoles les plus nécessiteuses du Cameroun ”. Autre cliché traduisant cette précarité, le directeur de l’ l’école publique bilingue ne dispose pas de bureau propre. Son poste de travail est logé dans l’enceinte de la chefferie de Kouoptamo centre. Certaines salles de classe de cette école ont pour site la grande véranda de cette chefferie chapeautée par Gilbert Nsangou. La principale école publique du centre urbain de Kouoptamo présente aussi des salles de classe à l’architecture défectueuse. De manière générale, il existe un contraste énorme entre l’école publique de Njimbambelé construite il y a une dizaine d’années par des agriculteurs français installés à Kouoptamo et la soixantaine des écoles primaires et maternelles de l’arrondissement de Kouoptamo dans le département du Noun. Le bâtiment (de deux salles de classe) de cette école inaugurée le samedi 19 juillet 2008 par Madame Haman Adama, alors ministre de l’Education de base a été construit grâce au financement des ressortissants français (Jacques et Patrick Desplaces), opérant dans le secteur de l’agriculture, n’est pas encore

dégradé. Pour l’instant, ses murs ont légèrement pétri et ses bâtiments constituent le reflet parfait des normes de l’architecture moderne en matière de construction des salles de classe. Elles sont spacieuses et aérées. Alors que des structures telles l’école publique de Bankouop, dans le même arrondissement inspire la pitié. A cause de l’état de délabrement avancé des bâtiments. A en croire un dignitaire de la localité, les écoles publiques de Buea, Koucchourou, Kounden, Ngbetsouen II, Kouncha, Koupara, Njissen, Nkoungoum-Njingoumbé, Ngambouo II et l’école bilingue de Kouoptamo affichent elles aussi une mine triste. Pour ce notable de Kouoptamo, il est important que le Minedub intègre le financement de la construction et l’équipement desdites écoles dans le cadre du budget d’investissement public des années à venir. En attendant, les habitants de Kouoptamo saluent la prise en charge par l’Etat des écoles des parents de Njognom, Kouomboum, Sanka, Nkouonja-Njitapon. Un coup de pouce que le Minedub entend renforcer en nommant des directeurs dans les anciennes écoles des parents cités plus haut, ainsi qu’à l’école publique de Njimbambelé.

La Commune de Kouoptamo en rempart

Du côté de la mairie de Kouoptamo, le chef de l’exécutif municipal, Ousmanou Njoya, a pris un ensemble de mesure pour contribuer à l’amélioration des infrastructures des établissements scolaires du coin. Des salles de classe reparties dans des écoles ont été ainsi construites dans le cadre du Programme national de développement participatif. La distribution des tables bancs et des tôles à quelques écoles construites en matériaux provisoires rentrent dans le sillage de cette contribution municipale. Dans le cadre du bilan de ses actions pour 2018, le maire de Kouoptamo inscrit au menu de ses réalisations, la construction d’un bâtiment de deux salles de classe sur le site de l’école publique bilingue de Kuooptamo.

Cependant, un enseignant à Kouptamo ayant requis l’anonymat, pense que cela ne devrait pas être l’arbre qui cache la forêt. “ Des efforts sont faits par les pouvoirs publics. Mais nous ne sommes pas prêts de sortir de la précarité. Le salaire que les maîtres des parents reçoivent ne saurait leur permettre de subvenir convenablement à leur besoin. Ils vivent dans un climat d’insécurité. Pendant les vacances, il est difficile de prédire si à la rentrée prochaine on verra les mêmes enseignants. Car ils sont toujours tentés d’abandonner. Parce que ça ne va pas”, se plaint-il. Une complainte similaire est portée par Aminatou, une parente d’élève. “ Aujourd’hui, plusieurs personnes ont compris qu’il est important d’envoyer les enfants à l’école. Mais nous sommes choqués de constater qu’ils sont moins encadrés que ceux qui fréquentent dans les établissements de la ville. Il y a des écoles ici où un maître ou le directeur se trouve obligé de suivre plusieurs classes à la fois ”, complète-elle. Cette récrimination s’appuie sur les statistiques qui révèlent qu’environ 15 milles élèves des établissements publics de cette collectivité sont encadrés par moins 75 instituteurs pris en charge par l’Etat. Ce qui fait un ratio d’un instituteur pour 150 élèves. D’où le recours, comme depuis des années, aux maîtres des parents, généralement sans qualification.

Démission de l’Etat ou logique de privatisation déguisée

Le délabrement des écoles primaires et maternelles publiques et la ruée des élèves vers des écoles privées fait partie des nouvelles habitudes des parents aisés ou soucieux de la bonne éducation de leurs enfants dans les villes et village du Cameroun. Ceci résulte, comme le souligne éloquemment les membres de Zenü Network, une organisation de la société civile, de l’abandon par l’Etat de la subvention de l’éducation à la charge de l’association des parents d’élèves et d’enseignants (Apee) comme le démontre cette étude menée sur les modes de financement de l’Apee dans la région de l’Ouest.Les résultats révèlent une augmentation sensible des contributions des Apee et d’autres acteurs privés au financement de l’éducation. A l’inverse, la part du budget de l’Etat qui y est consacrée est en forte baisse.Au lycée classique de Bafoussam par exemple, la destruction de sa clôture suite aux travaux routiers dans la ville oblige le bureau de l’Apee a contracté un prêt de 10 millions de F.Cfa pour sa reconstruction en attendant les indemnisations. Pour une enveloppe globale de 14 millions de francs, la somme de 4 millions est déduite des caisses de cette association cette année après la suppression de certaines lignes budgétaires selon les dires d’Alphonse Kamnang, président de l’Apee de cet établissement. « Nous sommes partis des dysfonctionnements qu’ont connu les Apee.

L’étude révèle une grosse démission des parents. C’est inadmissible que les gens cotisent de l’argent et ne réclament jamais des comptes par rapport à son utilisation et que les taux soient fixés sans qu’ils ne soient consultés et que tout le monde paye sans demander à quoi ça va servir. On s’étonne même aussi du fait que la loi prescrit que les présidents des Apee devraient passer au plus 4 ans s’ils ont bien travaillé à la demande de ces associations mais on a des gens qui ont fait 20 à 30 ans et personne ne les inquiète », regrette Flaubert Djateng, le coordonateur de Zenü Network. Pour Augustin Ntchamande, secrétaire exécutif de l’Organisation Nationale des Parents pour la promotion de l’éducation au Cameroun (Onaped), « l’école camerounaise vit depuis une trentaine d’années une crise profonde et multiforme ; crise des valeurs, sous financement, création anarchique des structures scolaires non viables, ressources humaines insuffisantes et de qualité parfois douteuse, perte de la crédibilité des diplômes délivrés, corruption et mercantilisme. Face à ces dérives, les parents pris individuellement ou regroupés dans leurs associations dénommées Apee, sont désarmés. Pire, tout est mis à contribution pour les maintenir dans l’ignorance des politiques éducatives et de leurs implications sur l’éducation et la formation de leurs enfants». Toutefois, la prise en charge de l’éducation fait partie des missions régalienne de l’Etat.

05févr.
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