Cameroun,Délivrance de la carte de presse:Les forfaitures de Severin Tchounkeu et Cie mises à nu
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Cameroun,Délivrance de la carte de presse:Les forfaitures de Severin Tchounkeu et Cie mises à nu :: CAMEROON

Suite à la tenue à Yaoundé d’une session de la commission de la carte de presse crée par le gouvernement, la grande majorité des professionnels de la communication réunis au sein de la Fedipresse et du SNJC disent NON à la forfaiture et au saupoudrage que veut organiser les premiers fossoyeurs de la noble profession et de l’exercice de journalistes.

Sur plusieurs plateaux de télévisions, la semaine passée, un sujet commun au centre de plusieurs débats radios et télés à savoir : la problématique de la carte de presse ; aura suscité une levée de bouclier de la presse camerounaise. Sans surprise, la condamnation des manœuvres sibyllines du gouvernement grâce à la mise en selle et à la caporalisation de la commission de la carte de presse, aura fait l’unanimité. L’on verra même pour une première fois au Cameroun le patronat à travers Fedipresse et les employés réunis au sein du SNJC porter la même voix pour dénoncer. Sur la chaine de télévision Canal 2 International, Michaut Moussala et Messanga Nyamding vont s’insurger de l’irresponsabilité connue de Severin Tchounkeu dans la gestion de son groupe se présentant aujourd’hui en donneur de leçon alors qu’étant l’un des pires négriers que compose le patronat de la presse au Cameroun. D’après Michaut Moussala, le président de cette commission de délivrance de la carte de presse Severin Tchounkeu voudrait orienter le débat ailleurs au lieu de véritablement mettre sur la table les problèmes de la presse. Pour Elisabeth Benkam, Présidente du Conseil Syndical qui réagissait sur la chaine de Radio Sky One à Yaoundé, « avant de parler de dératiser du côté des journalistes, Tchounkeu ou ses amis devraient d’abord dératiser du côté des Directeurs de publication qui multiplient les titres de journaux et utilisent abusivement les journalistes dans leurs organes » martela-t-elle.

D’après plusieurs témoignages, Severin Tchounkeu a toujours refusé de signer la convention collective du secteur de la presse au Cameroun. Pire encore, il refuserait depuis des années d’affilier ses employés à la CNPS perpétuant ainsi le paiement des pitances comme salaires sans avenir pour les journalistes travaillant dans son groupe.

Le coup de gueule du Syndicat national des Journalistes du Cameroun (SNJC)

A travers une note disponible et largement diffusée, le Secretaire general du SNJC, Mathieu Nathanaël Njog, fait le point de la situation actuelle de la profession et de la question de la carte de presse au Cameroun. «Que la Commission Tchounkeu ne copie pas simplement le spécimen de la carte de presse française, mais aussi la composition paritaire de cette commission en France» commence-t-il. « Comme nous le réaffirmons déjà dans notre déclaration officielle du 22 juillet 2015, le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (Snjc), partage avec toute la grande famille de la presse camerounaise, l’intérêt qu’il y a à assainir la profession. En effet depuis 2012 et lors de la célébration de la Journée Internationale de la Presse, tous les 3 mai, le SNJC n'a cessé de déclarer avec insistance que les organes de régulation et d’assainissement de la presse que sont le Conseil national de la communication et la Commission de délivrance de la carte de presse sont nécessaires. Toutefois, il réitère l'illégitimité de ces deux organes parce que dans leur création et leur composition, par le gouvernement, ils ne sont pas conformes aux prescriptions de la Déclaration des devoirs et droits des journalistes contenues dans la Charte du journaliste de Munich adoptée en 1971 qui dispose que «(…) le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre». Ceci étant dit, nous étonnons qu’après la tenue de sa 2è session, la Commission de délivrance de la carte de presse n’a pas cru bon de faire une sortie officielle pour annoncer les grandes résolutions qu’elle avait prises. L’exclusivité a été réservée au quotidien « La Nouvelle Expression » dont le président national de cette Commission est le promoteur. Une discrimination et une partialité qui laisse songeur sur ce que sera l’orientation que cette commission lorsque viendra le moment de la délivrance de la Carte de presse.

Nous avons appris de la même édition du quotidien «La Nouvelle Expression» que, le président de la Commission a pour légitimer la future Carte de presse, souligné qu’elle sera semblable à la Carte de presse française, avec un procédé d’authentification, et de vérification. Nous sommes indignés de constater que pour rechercher la crédibilité de nos forfaitures, les dirigeants des structures en quête de légitimité vont toujours se faire inféoder et coloniser mentalement en prenant toujours référence sur l’imitation faite avec des spécimens étrangers en l’occurrence venant de France. Soit, nous nous étonnons au Snjc que la Commission Tchounkeu s’est tout simplement contentée de copier le spécimen de la carte de presse française, pourtant elle aurait mieux fait de copier aussi comment est composée cette commission en France pour informer sa hiérarchie afin de reconnaitre son illégitimité. Parce qu’en France, par exemple, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels a une composition paritaire de représentants des éditeurs de journaux et de syndicalistes élus par les journalistes. Elle a procédé le 25 juin 2015 à l’élection des membres de son bureau pour l’exercice courant jusqu’au 30 juin 2016. Seuls les syndicats y sont représentés : - Président : Claude Cordier (Snj) ; - Vice-présidents : Bénédicte Wautelet (Spqn) et Thierry Cerinato (Snj-Cgt) ; - Secrétaires généraux : Guy Durieux (Smsp) ; - Isabelle Bordes (Cfdt) ; Trésorier : Kathleen Grosset (Ffap).

Nous avons appris que la Commission de délivrance de la carte de presse a décidé de sensibiliser les autorités sur l’exigence de la carte de presse comme seul instrument d’identification du journaliste ou de l’auxiliaire de presse au Cameroun. Or en France, où elle est allée copier le spécimen de la carte, cette commission est chargée par la loi de délivrer une carte professionnelle aux journalistes qui peuvent y prétendre. Mais n’en fait pas un sésame pour exercer cette profession. Nous ne cessons au Snjc d’appeler la presse, dans son ensemble, et comme un seul homme s’opposer à cette mission commandée. Car sa survie et sa crédibilité en dépendent. A cet effet, nous continuons de délivrer les cartes de presse du Snjc qui sont de plus en plus sollicités puisqu’elles offrent l’opportunité à l’obtention de la carte de presse internationale dont nous avons mission de promouvoir au Cameroun. Cela dit, nous avons encore cette déclaration forte du président de la Fedipresse, Haman Mana, lors du Congrès national du Snjc du 31 octobre dernier : «Il y a un complot contre la presse au Cameroun» Et par la suite soutenait que la Fedipresse et le Snjc doivent s’unir pour mener le combat.

Il n’est pas question d’apprécier le fond lorsque tout es gâché dans la forme. Dès lorsque cette commission n’a aucune légitimité, toutes ses actions tombent d’elles-mêmes. D’ailleurs, il faut rappeler que ce saupoudrage n’est pas nouveau. Ces conditions sont contenues dans la convention collective signée depuis plus de sept ans et qui n’est toujours pas appliquée. Il faut commencer par appliquer cette convention collective et la dératisation va commencer d’elle-même. Puisqu’aucun patron n’acceptera plus de payer chèrement des incompétents ou recruter des non professionnels pour les payer en monnaie de singe et au lance pierre. Faut-il attendre la carte de presse qui est un document individuel pour obliger un patron qui n’est pas concerné de faire signer un contrat de travail à son employé et par ailleurs de l’affilier à la Cnps ? Nous estimons que c’est une fausse solution pour un réel problème. Nous sommes en ce moment dans un chantier de faire appliquer une autre convention signée entre la Cnps et le Mincom. Celle-ci contraint les patrons de presse de régulariser la situation Cnps des employés déjà utilisés et ceux en cours d’utilisation. Pourquoi, le Ministre de la Communication qui l’a signé en décembre 2013 à notre insu ne fait rien pour l’appliquer ? Vous voyez que la carte de presse ne va rien changer. La solution est consensuelle et paritaire. »

© Camer.be : Yannick Ebosse

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