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Masculinité toxique, Nécropouvoir, Tribalisme et mauvaise éducation démocratique au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Par Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole Du CL2P
  • jeudi 15 février 2018 17:12:06
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Masculinité toxique, Nécropouvoir, Tribalisme et mauvaise éducation démocratique au Cameroun :: CAMEROON

Comment comprendre les mises en scène nécropolitiques à répétition du pouvoir de Yaoundé, générant à chaque fois une tempête de stupidités, tenant la population en otage, et ignorant sa triste réalité pour un mélodrame bébête dégoulinant de mauvais goût et alimenté par une masculinité toxique?

Pour comprendre la persuasion du necropower, il faut prendre conscience de la puissance d'un combo toxique produit par une culture pathologique trempée dans la violence, l’intimidation, la peur de la mort; et comment cette peur rend les Camerounais ordinaires, sans exception tribale, vulnérables et prêts à accepter puis à reproduire les arguments du nécropouvoir.

Les (bullshitters) connards sans honte qui essayent de noyer cette culture de la violence uniquement dans le tribalisme primaire démontrent à suffisance ne pas comprendre l'héritage de la plantation biopolitique coloniale qui se fait passer pour un État-nation moderne. Plus criminel encore, ils affichent un mépris profond de découvrir la vérité sur ces questions de masculinité toxique et de nécropouvoir, à cause de la place disproportionnée qu'il donnent et du but immense qu'ils assignent à ces conneries [bullshits], qui sont uniquement des conneries [bullshits] comme le fait déjà abondamment le régime en place.

Ainsi, sombrer dans le tribalisme c’est jouer dans le camp du régime et légitimer le pouvoir autoritaire du président autocrate, qui décide de qui doit vivre et qui doit mourir. C’est aussi légitimer l’argument suivant lequel l’opposition légitime au pouvoir est motivée et animée par la même idéologie necropolitique que lui.

Car même ses critiques les plus acerbes doivent effectivement reconnaître que personne ne reste au pouvoir pendant 35 ans seulement grâce à la violence. Lors d'une conférence de presse mémorable avec l'ancien président français François Hollande, le dictateur camerounais s'en était vanté en affirmant que ne reste pas longtemps au pouvoir qui veut mais qui peut. Cette assertion sonnait comme une réplique au discours du Caire du président Barack Obama qui avait appelé à des institutions fortes et non plus aux hommes forts sur le continent.

Comprendre ce genre de longévité, c'est faire attention à la façon dont le pouvoir tyrannique est naturalisé au Cameroun. Précisément, pas sur le bilan anémique du président, mais dans sa capacité à manipuler la vie et la mort comme le faisait autrefois le maître colonial. Ainsi, avec sa capacité à survivre à de nombreuses «mises en scène» de (sa) mort, avec une monotonie régulière qui ne laisse pas le temps de réfléchir, le président Biya a acquis un pouvoir presque divin. Les gens qui sont convaincus que le pouvoir est d'origine divine tendent désormais de convaincre que ce genre de pouvoir divin ne peut être remis en question par de simples mortels (les opposants, les internautes, les partenaires étrangers, les ONG, etc...). En plus de cela, ce supposé pouvoir divin s'accompagne et se consolide dans la certitude absolue que le pouvoir a toujours raison. Ainsi, essayer de contester ce genre d'hypothèses confine à l'hérésie, à un crime de lèse-majesté, et à l'outrage. En outre, l'idée fausse se répand et est entretenue que la terreur ne peut provenir de l'État mais toujours de l'opposition et, dans ce contexte, oser vouloir (remplacer) le pouvoir en placer est un acte de terreur.

Dans ce contexte l'intellectuel afro-américain, Carter G. Woodson, a affirmé que «lorsque vous contrôlez la pensée d'un homme, vous n'avez pas à vous soucier de ses actions. Vous n'avez pas à lui dire de ne pas rester ici ou d'aller là-bas. Il trouvera son "lieu approprié" et y restera. Vous n'avez pas besoin de l'envoyer par la porte arrière. Il ira sans qu'on le lui dise. En fait, s'il n'y a pas de porte dérobée, il en coupera une pour son bénéfice spécial. "Carter G. Woodson fait ici la différence entre l'éducation et l'endoctrinement, ce qui conduit à la contradiction que les gens viennent à agir contre leur propre intérêt, à l'instar de cette jeunesse camerounaise endoctrinée qui appelle à la candidature d'un Président de 85 ans ou de certains opposants.

En effet l'éducation et la démocratie vont de pair et on ne peut pas vraiment être éduqué dans un système oppressif. Par exemple, le cycle biologique d'un homme n'a rien à voir avec la démocratie comme le prétendent les charlatans et thuriféraires à la solde du pouvoir necropolitique de Yaoundé. De plus, la raison et la vérité sont les seuls atouts nécessaires pour surmonter les endoctrinements. Encore plus, les questions cruciales telles que l'égalité des droits et une meilleure gouvernance sont encore plus importantes et déterminantes que la vie ou l'éternité d’un homme, fut -il président (et se concevrait-il un président à vie).

15févr.
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