Cameroun: QUELLE SOLUTION POUR LA CRISE "ANGLOPHONE" ? KUNDE I SÉKI ! :: CAMEROON
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Pourquoi faudrait-il parler de contentieux historique national au lieu de "crise anglophone"?

Dans quel sens évolue actuellement ce contentieux historique national ? Pourquoi ce manque d'imagination et d'initiative politiques (de la part du Président Biya) dans la recherche de sa solution ?

Quel est le prix que doivent encore payer nos populations pour une solution de cette crise ?

Lorsque nous affirmions (1) (2), au tout début de cette crise, que celle-ci était différente des précédentes parce qu'elle marquait le début du Changement politique dans notre pays, beaucoup de compatriotes ne croyaient pas. Les faits restant têtus, cette crise s'enlise de plus en plus, la situation politique se dégrade rapidement, le nombre de morts augmente, quelques griots du régime parlent déjà de terrorisme... Mais, s'agit-il réellement de terrorisme ou bien assistons-nous à des actions violentes liées au droit légitime des peuples à l'Autodétermination et à l'Indépendance ? UNE CRISE PAS COMME LES AUTRES

Le pays a déjà survécu à d'autres sérieux soubresauts politiques : nous avons connu les villes mortes au début de la "pseudo-démocratisation", il y a aussi eu les émeutes de la faim en 2008 avec quelques centaines de morts... mais le gouvernement de M. Biya s'en est sorti "victorieux" avec l'aide de

l'autoproclamée communauté internationale, en utilisant la corruption, le mensonge, le tribalisme et la violence. La particularité de la crise actuelle est qu'elle nous ramène à l'origine de l'État camerounais et s'attaque à sa structure. CRISE "ANGLOPHONE" ET CONTENTIEUX HISTORIQUE NATIONAL

Bien que les revendications soient initialement corporatistes et limitées dans les seules provinces "anglophones", tout le monde se rend bien compte que la misère, le manque des infrastructures et leur délabrement... ne sont pas l'apanage des provinces "anglophones", puisque c'est tout le Cameroun qui est souffrant. C'est d'ailleurs ce qui explique l'incompréhension des "francophones" au début de cette crise, car l'écrasante majorité de ceux-ci vit dans la pauvreté, leurs régions respectives sont enclavées, elles sont sans écoles, sans centres de santé, sans routes, sans eau et sans électricité.

On voit donc que pour ce qui est du manque d'infrastructures, le problème ne se restreint pas seulement aux provinces du Nord-ouest et du Sud-ouest.

D'autre part, bien qu'il existe une évidente marginalisation des "anglophones", l'exacerbation du tribalisme d'état et la mauvaise gouvernance font que beaucoup de populations "francophones" se sentent, elles-aussi marginalisées: nous pouvons facilement conclure que cette crise des régions "anglophones" n'est que la manifestation partielle d'une crise encore plus grande. Ce qui est appelé "crise anglophone" fait partie d'une crise encore plus vaste qui embrasse toutes les autres régions du pays : cette crise générale que vit le pays est le Contentieux Historique National. Il est intimement lié au contentieux historique franco-camerounais.

Toute solution véritable de cette crise sera inévitablement de portée nationale, puisqu'une solution limitée aux régions "anglophones" seules, sera la source de problèmes dans d'autres régions du pays.

CRISE "ANGLOPHONE" ET "KUNDE I SÉKI !"

Qu’elles en soient conscientes ou pas, qu'elles le veulent ou pas, qu'elles l'acceptent ou pas, les souffrances endurées aujourd'hui par les populations "anglophones" le sont au nom des populations de tout notre pays. Le sang qui est versé, les sacrifices consentis dans ces provinces "anglophones" sont pour le Bien-être et l'Émancipation des populations de tout notre pays. C'est la raison pour laquelle, au lieu de parler d'une crise "anglophone" liée simplement à l'échec de la camerounité néocoloniale et la mauvaise implémentation de l'anglais, il vaudrait mieux parler de contentieux historique national, puisqu'il s'agit de la résurgence d'un problème ancien lié à la fausse Réunification et la petite Indépendance.

Consciemment ou inconsciemment, la crise actuelle est la continuation de la bataille perdue par l'UPC, la bataille perdue pour l'Autodétermination de notre peuple, celle perdue pour la véritable Réunification et pour l'Indépendance de notre pays!

"Kunde i séki! Kunde i séki! Kunde i séki" (3) était le message et l'enseignement du S.G de l'UPC Ruben Um Nyobe quelque temps avant son assassinat par la soldatesque française. Pour le S.G de l'UPC, l'Indépendance pour laquelle se battait l'UPC était comme un fruit mûr en chute libre, mais pas encore par terre.

Après l'assassinat du Mpodol UM, il revenait au Président Dr. Félix-Roland Moumié de terminer ce travail en entrant avec son gouvernement dans le maquis, ce qu'il n'a pas pu réaliser parce qu'il a été lui aussi assassiné à Genève par les services spéciaux français.

C'est cette même mission qu'a continué le Président Ernest Ouandié les armes à la main pendant dix pénibles années, jusqu'à son assassinat en janvier 1971.

Pendant tout ce temps, l'UPC était l'unique force politique dans notre pays qui résistait avec les armes, les autres (élites "francophones" et "anglophones") collaboraient activement avec le néocolonialisme français.

L'UPC ayant été vaincue par la France et ses laquais, la Réunification et l'Indépendance du pays ont été bâclées, c'est ce qui explique la crise actuelle. Les camerounais ne doivent jamais oublier que c'est au prix d'une guerre atroce marquée par les génocides que cet État camerounais a été créé. La violence est donc inscrite dans l'ADN de cet État crée essentiellement pour servir les intérêts de la France.

C'est le français qui est parlé en France et non l'anglais, d'où la "francophonisation" forcée de tout le triangle national, provinces "anglophones" comprises, afin de mieux servir les intérêts de la France. L'EXACERBATION DE LA VIOLENCE: LE MAUVAIS CALCUL DE M. BIYA

Depuis le début de cette crise, la politique du gouvernement se caractérise par le chantage, le laisser-aller, le laisser-faire et la violence que nous dénonçons. On voit clairement que le gouvernement camerounais mise sur le pourrissement de la situation politique dans ces régions. M. Biya compte sur la légitime frustration des populations qui susciterait l'escalade extrémiste avec les actions violentes, ce qui justifiera le recours légitime à sa violence originelle d'État... C'est la raison pour laquelle ce qui se vit ces derniers temps, avec la recrudescence de la violence, va dans le sens des expectatives du gouvernement camerounais qui se précipite déjà à baptiser ces actes de terrorisme. C'est aussi la raison pour laquelle nous disons que l'extrémisme sécessionniste joue le jeu de ce régime.

Mais, convenons quand même que le gouvernement camerounais, par son inertie politique, est le véritable responsable de la violence qui est en train de s'installer. Tout en condamnant vigoureusement toutes les formes de violences commises contre les populations innocentes ( étudiantes, femmes, vieux...) et contre les biens publics ( écoles...) qui appartiennent à tout le pays, il paraît opportun d'éviter tout amalgame entre le terrorisme et la lutte légitime de résistance pour l'Autodétermination et l'Indépendance, contre un régime autiste comme celui de M. Biya.

Dans tous les cas, contrairement aux calculs du gouvernement, l'enlisement de cette crise favorise progressivement l'éveil des consciences dans la partie "francophone" du pays, ce qui permettra inévitablement l'implication et la participation active de cette importante partie du pays dans la solution de cette crise. UN HOMMAGE AUX FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

Les griots du régime recourent au chantage avec des arguments tels que l'État camerounais court le risque d'affaiblissement et même de disparition avec cette crise, comme le vivent la Somalie et la République Centrafricaine. On se demande bien qu'est-ce qui peut motiver la défense d'un État comme le nôtre, qui pratique la politique de "après moi, c'est le déluge".

Le pays entier salue, reconnaît les sacrifices inouïs et loue l'héroïsme des forces de défense et de sécurité dans la sauvegarde des frontières du pays, dans sa lutte infatigable contre le terrorisme et la piraterie maritime. Ce sont ces forces qui neutralisent les incursions des bandes armées centrafricaines qui se multiplient ces derniers temps.

Le haut degré de professionnalisme de ces forces est évident et force notre admiration comme on le constate progressivement dans les divers théâtres d'opérations où elles participent. Elles apparaissent ainsi comme le véritable garant de la stabilité politique et sociale de notre pays, dans les éventuelles épreuves difficiles et douloureuses qui se préparent.

Ce professionnalisme devra prévaloir dans le contentieux historique national. LA DÉCENTRALISATION ADMINISTRATIVE N'EST PAS LA SOLUTION À CETTE CRISE

Alors que nous nous acheminons vers une année de crise, M. Biya n'a pas encore mis les pieds dans ces régions alors que sous d'autres cieux, les Chefs d'État se déplacent pour des motifs moindres. On pourrait penser à un manque de sensibilité ou à du mépris vis-à-vis aux populations "anglophones" si le Président Biya ne nous avait pas habitué à ses absences, comme il l'a fait magistralement lors du désastre ferroviaire dernier.

La genèse et la structure de l'État camerounais le rendent incapable d'une décentralisation effective, puisque celle-ci nécessiterait sa totale remise en question politique. Ce qui se passe actuellement n'est que la manifestation d'une crise permanente que vit notre pays depuis ses pseudos Réunification et Indépendance. Le peuple camerounais a été pris en otage par la France, il n'est pas le véritable PATRON de son pays. On le voit avec le Franc CFA, on le voit avec la clochardisation et l'effective exclusion de l'UPC de la vie politique, avec l'exil des centaines d'upécistes, alors que c'est ce parti qui a été le principal artisan de son "Indépendance".

La récente libération des activistes et dirigeants "anglophones" n'a été qu'un petit geste incomplet et insatisfaisant dans la bonne direction, puisqu'aucune mesure n'a été prise pour le retour des exilés anglophones liés à ce conflit (les avocats, les professeurs, etc. et leurs familles).

Il ne faut pas oublier que ces activistes ne devaient jamais être emprisonnés puisqu'ils représentaient, dans des discussions officielles, des Organisations reconnues par le gouvernement camerounais.

1- Il est urgent de légaliser toutes les Organisations politiques et syndicales existantes dans le Cameroun Occidental sans exception, les Organisations pro-sécessionnistes incluses.

2- Il faut libérer les autres activistes encore emprisonnés. Évidemment ceux qui ont commis des exactions prouvées doivent être équitablement jugés.

3- Il est indispensable d'envisager un Dialogue National Inclusif (une Table Ronde ou une Conférence Nationale Inclusive) qui aura pour objectifs : a) la Réconciliation Nationale,

b) la récupération de notre Mémoire Collective,

c) la Réparation des injustices historiques,

d) l'élaboration d'une nouvelle Constitution pour une Fédération ou une Confédération,

e) la solution du contentieux historique franco-camerounais. 

(1)- Lire " le contentieux historique national au Cameroun Occidental " par Daniel Yagnye

(2)- "Biya et les siens rattrapés par le contentieux historique national au Cameroun Occidental" par Daniel Yagnye

(3)- Kunde i séki ! Expression en langue Bassa qui voudrait dire : L'indépendance est perchée...l'indépendance est accrochée ! L'indépendance est suspendue...le devoir de la génération actuelle est donc de "faire tomber" notre Indépendance..

© Correspondance : Daniel YAGNYE, Upéciste (La Sentinelle)

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