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© Camer.be : Paul Moutila
- 29 Jul 2026 09:42:26
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Cameroun - MRC : « Le RDPC prépare des fraudes exceptionnelles »
Le MRC accuse le RDPC de panique et de préparer des fraudes « sans précédent » pour les élections de 2027. Roger Justin Noah appelle les Camerounais à s'inscrire massivement sur les listes électorales. (150 caractères)
Alors que le RDPC tenait un séminaire stratégique le 22 juillet à Yaoundé, le MRC y voit un « aveu de panique » et dénonce des préparatifs de fraude électorale « sans précédent » pour les élections de 2027.
Le 22 juillet 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir depuis plus de 40 ans, réunissait son état-major pour un séminaire stratégique. Objectif affiché : une « large victoire » aux élections législatives et municipales de 2027.
Mais pour le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d'opposition, cette réunion n'est pas un signe de force. C'est un « aveu de panique ». Dans un communiqué cinglant signé Roger Justin Noah, le MRC accuse le régime de préparer des « fraudes exceptionnelles » pour conserver le pouvoir. « Le RDPC a peur », martèle le parti de Maurice Kamto.
Que cache vraiment ce séminaire du RDPC ? Le MRC a-t-il raison de crier à la fraude ? Et que peuvent faire les Camerounais pour peser sur le scrutin de 2027 ? Plongée au cœur d'une confrontation politique qui promet d'être décisive.
Séminaire du RDPC : un « aveu de panique » pour le MRC
C'était une réunion de haut niveau. Le 22 juillet 2026, sous la houlette de Jean Nkuete, secrétaire général du Comité central du RDPC, les cadres du parti se sont retrouvés au Palais des Congrès de Yaoundé. Au programme : définir les grandes lignes de la campagne pour les élections législatives et municipales reportées à début 2027. Le thème était sans équivoque : « L'impérative large victoire du RDPC aux élections législatives et municipales : raisons, conditions préalables, actions ».
Mais pour le MRC, cette réunion d'urgence est la preuve que le régime est à bout de souffle. Dans un communiqué publié le 28 juillet, le parti de Maurice Kamto estime que le RDPC « se sait condamné par les urnes ». Roger Justin Noah, Secrétaire Général Adjoint du MRC, y voit un « aveu de faiblesse sans précédent ».
Les accusations du MRC : vie chère, détournements, insécurité
Le MRC dresse un tableau sombre de la situation au Cameroun. Il dénonce « des populations qui n'en peuvent plus de la vie chère, de l'insécurité et du chômage ». Il pointe également « des détournements massifs des fonds publics estimés à de milliers de milliards FCFA ». Une situation que le RDPC, selon le MRC, ne peut plus masquer.
Le parti d'opposition affirme que le régime « ne croit plus en sa capacité à gagner démocratiquement les élections de 2027 ». Son unique objectif, selon le MRC, est désormais de « fabriquer un récit préparant les esprits à sa "large victoire" ».
Des fraudes « sans précédent » en préparation ?
L'accusation la plus grave du MRC concerne la préparation de fraudes électorales. Le parti affirme que le RDPC va déployer « tous les moyens, y compris illégaux, pour chercher à conserver arbitrairement la majorité à l'assemblée nationale ». Le MRC cite nommément les institutions qui seraient mobilisées : « notamment MINAT, ELECAM, Conseil Constitutionnel, Justice ». Leur mission ? « Voler le scrutin et d'imposer une "victoire" contre la volonté du peuple ».
Ces accusations rappellent les précédents scrutins de 2018 et 2025, que l'opposition avait déjà dénoncés comme entachés d'irrégularités.
La réponse du MRC : occupation du terrain et mobilisation citoyenne
Face à ce qu'il perçoit comme une menace, le MRC ne compte pas rester les bras croisés. Le parti appelle à une « mobilisation sans précédent ». Sa stratégie : « Aller à la rencontre des citoyens porter un projet de société crédible et incarner l'alternative ».
Mais le MRC va plus loin. Il appelle ses militants et sympathisants à se préparer à « faire face à la pire sauvagerie électorale et la terreur de la répression ». Un ton alarmiste qui traduit la gravité de la situation perçue par l'opposition.
Cinq actions pour contrer le RDPC
Le MRC a détaillé cinq actions concrètes pour les Camerounais :
1. S'inscrire massivement sur les listes électorales avant la date butoir.
2. Se former à la surveillance des votes.
3. Aller voter massivement le moment venu.
4. Dénoncer toute tentative de manipulation.
5. Rester unis et déterminés pour la victoire du changement.
« Le RDPC a peur. Le peuple a le pouvoir. Ensemble, nous vaincrons », conclut le communiqué.
Le contexte : un RDPC affaibli mais toujours dominant
Le séminaire du RDPC intervient dans un contexte particulier. Lors de la présidentielle d'octobre 2025, le score de Paul Biya est passé de 71,28 % en 2018 à 53,66 % en 2025, soit une régression de 17,62 %. Un constat qui n'a pas échappé à Jean Nkuete, qui a appelé les responsables du parti à privilégier « le réalisme, la lucidité, la vigilance et le pragmatisme ».
Le RDPC, qui détient 152 députés sur 180 et 316 communes sur 360, aborde ces élections avec l'ambition de renforcer ses majorités. Mais l'électorat est, selon les propres termes de Jean Nkuete, « de plus en plus difficile à comprendre et à conquérir ».
Une bataille politique décisive pour 2027
Les élections législatives et municipales de 2027 s'annoncent comme un tournant pour le Cameroun. Le RDPC, affaibli par la baisse de popularité de Paul Biya, cherche à conserver sa mainmise sur le Parlement et les collectivités locales. Le MRC, lui, voit dans ce scrutin une opportunité de faire basculer le rapport de force.
La bataille sera rude. Et elle se jouera en grande partie sur le terrain de la mobilisation citoyenne. Comme le rappelle le MRC, l'inscription sur les listes électorales est la première étape. La date butoir du 31 août 2026 approche.
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