Claude Assira critique Biya : un pouvoir du « verbe » et de l'inaction au Cameroun
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Claude Assira critique Biya : un pouvoir du « verbe » et de l'inaction au Cameroun :: CAMEROON

Sur le plateau de Canal Presse, l'émission phare de Canal 2 International, l'avocat Claude Assira a décrypté avec une sévérité remarquable le style de gouvernance du président Paul Biya. Selon lui, le régime se résume à une logique où « Au commencement était le verbe avec Biya, et la fin aussi ». Une critique cinglante qui dépeint un pouvoir où les annonces remplacent l'action et où les promesses peinent à se concrétiser en résultats tangibles.

Le constat d'Assira est sans appel. Il relève que près de deux mois après l'investiture officielle du président pour un nouveau mandat, le pays attend toujours la formation d'un gouvernement. « Il a été investi depuis le 6 novembre... Et on est encore là, le 10 janvier, à spéculer sur qui va rester », souligne-t-il. Cette lenteur, pour l'avocat, n'est pas anodine. Elle symbolise une gouvernance par l'absence et le flou, où les discours du 31 décembre nourrissent les spéculations plutôt que de clarifier les orientations. Pour Assira, cette méthode traduit une profonde déconnexion du pouvoir avec les urgences de la nation.

Cette critique s'inscrit dans un contexte politique précis. Claude Assira est une voix singulière qui, récemment, a vigoureusement tancé l'opposition pour son échec à constituer une alternative crédible lors de la présidentielle. Son réquisitoire contre la gestion du pouvoir par Biya n'est donc pas un soutien déguisé à ses adversaires, mais le fruit d'une analyse exigeante de la scène politique dans son ensemble. Il dénonce un système où le verbe présidentiel, bien que répété, ne parvient plus à masquer un immobilisme préjudiciable.

Le cœur de l'argumentation réside dans la dénonciation d'un décalage criant. Alors que le président évoque dans ses discours des nominations de jeunes et de femmes, la réalité montre des délais interminables et un vide décisionnel. « On accepte le président de la République, parce qu'il faut avancer. Mais justement, c'est ce qui devrait constituer pour lui une contrainte à assouvir les attentes », estime Assira. Le faible score électoral officiel, selon lui, aurait dû servir d'électrochoc pour une action renouvelée et rapide, et non justifier un perpétuel statu quo.

Ainsi, la question qui se pose est fondamentale : dans un Cameroun face à de multiples défis, le « verbe » présidentiel, sans action concrète et rapide pour l'accompagner, est-il encore suffisant pour répondre aux attentes légitimes des citoyens ?

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