Les pays du bassin du lac Tchad en conclave à Douala
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Ils réfléchissent sur les mécanismes de renforcement des instruments de coopération transfrontalieres pour la gestion des conflits liés à l’exploitation des ressources dans le sous bassin du Logone

« Essayer de se comprendre sur la question de la gestion partagée de ce peuple qui occupe la frontière naturelle entre le Tchad et le Cameroun : c’est une opportunité pour nous de se retrouver ensemble histoire de partager des opinions et des avis par rapport à gestion de cet espace qui est partagé et faire des propositions sur comment on peut valablement matérialiser la coopération qui existe déjà entre les deux pays » voilà de façon brossée le mobile de la tenue de cet atelier de trois jours que la ville de Douala abrite. Par ces mots ,Aminu Magaji Balla, le chef de la division des ressources naturelles à la commission du bassin du Lac Tchad renseigne sur les axes principaux qui vont guider les travaux de Douala.

Il faut noter que Le Bassin du Lac Tchad couvre près de 8% du continent africain et abrite plus de 30 millions de personnes. Ici, La population vit essentiellement de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. 

Pourtant, le Lac connait un important rétrécissement et ne couvre plus que moins d'un dixième de la superficie qu'il occupait il y a quarante ans suivant de nombreuses études. Les barrages, l'irrigation accrue et les changements climatiques réduisent les niveaux de l'eau. 

Les conflits liés à l’accès aux ressources dans le sous bassin du Logone (l’un des principaux affluents du Bassin du Lac Tchad) se sont exacerbés avec les aléas climatiques et l’insécurité entretenu par Boko Haram renforce de nouvelles pressions sur la région. La fermeture (avec la pandémie du COVID 19) et l’augmentation des contrôles aux frontières ont fortement limité les flux commerciaux et dérégulé en partie les dynamiques pastorales en poussant les éleveurs à repenser leur mobilité et leur zone de pâturage, avec pour conséquence de nouveaux conflits autours des ressources du bassin du Lac Tchad. Au cours du mois d’août 2021, des affrontements 
interethnique liés à l’accès aux ressources halieutiques du Logone dans la Commune de Logone-Birni (Régions de l’Extrême-Nord du Cameroun) à la frontière avec le Tchad, environ 12 morts, 48 blessés et 10 000 déplacés Camerounais vers le Tchad ont eu lieu. 

Ainsi, dans la perspective de prévenir et d’apporter des pistes de solutions pour la gestion des conflits et des ressources du bassin du Lac Tchad en général et du fleuve Logone en particulier, un certain nombre d’instruments de coopération de gestion transfrontière des ressources ont été mis sur pied par les Chefs d’Etats. Il s’agit de la Charte de l’Eau du bassin du lac Tchad adopté en avril 2012, le Protocole d’Accord de Moundou signé en août 1970 entre le Cameroun et le Tchad et bien d’autres. On observe également depuis plusieurs années entre certaines communautés, que les mécanismes traditionnels sont de plus en plus utilisés que les mécanismes conventionnels de coopération, de gestion des conflits et des ressources transfrontières. 

La multiplicité des mécanismes existants et le pluralisme des instruments (traditionnel, national et régional) pourraient offrirent différentes opportunités aux populations, et leur permettent de recourir à des itinéraires variés pour obtenir gain de cause en cas de différends liés à l’accès à l’eau. Malheureusement, la persistance des problèmes et des conflits liés à l’accès aux ressources du fleuve Logone amène à se poser la question de savoir s’il n’y a pas lieu de revoir, actualiser ou renforcer de ces instruments ? 

C’est dans ce cadre que le Secrétariat Exécutif de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) avec l’appui technique et financier de l’Union international pour la conservation de la nature (UICN) à travers ses projets BRIDGE4 et PREE ont organisé cet  atelier histoire de réfléchir sur la mise en œuvre des instruments de coopération transfrontière, de gestion des ressources et des conflits dans le bassin du Logone. 

Pendant les trois jours que vont durer cet atelier , les experts venus du Tchad , du Cameroun et de la RCA vont devoir s’approprier des outils de coopération et de partage de bénéfices lié à la gestion de fleuve partagé ; identifier Les mécanismes et les parties prenantes pour la révision et le renforcement de certains 
instruments et coopération et de gestion du fleuve Logone.

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