L’école catholique de Soung à Bandjoun fait peau neuve
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L’école catholique de Soung renaît de ses cendres, totalement métamorphosée. Pour le plus grand plaisir de ses populations. C’est le résultat de la générosité de l’un de ses fils, M. NDJIKE FOTSO Gabriel, le PDG de PETROLEX, qui ne compte pas en rester là. Une réelle résurrection.

La création de l’école catholique de Soung remonte aux années 60. A l’origine, les parents voulaient éviter à leurs enfants d’aller apprendre le savoir dans les quartiers voisins comme Hiala et Dja, au risque de leurs vies puisque sur leur chemin, ils devaient traverser des rivières dépourvues de pont, sous la menace permanente d’une noyade. Faisant la politique de leurs moyens, ceux-ci, au premier rang desquels se trouvait M. Wabo Joseph(Ta Souop Tamko), ont d’abord construit un petit baraquement en contrevents couvert de pailles, puis plus tard un bâtiment en briques de terre.

Malgré leurs efforts, ils ne réussissent qu’à ériger une école indigente. Et l’implication de la commune de Bandjoun n’y changera rien. L’école finit par passer dans le giron de la mission catholique. En dépit de son changement de statut, elle manque cruellement de moyens pour transformer le rêve des populations de Soung formulé depuis une soixantaine d’années. Les enfants continuent d’aller vers des quartiers voisins pour assurer leur instruction. L’école du quartier n’en retient qu’un nombre réduit.

Un immeuble sorti de terre en un temps record

C’est alors qu’intervient Monsieur NDJIKE FOTSO Gabriel, un fils du quartier, qui n’a jamais fait mystère de sa générosité en faveur des siens,pour prendre le destin de l’école catholique de Soung en main. Par le passé, il avait déjà offert l’électrification à son quartier sans demander le moindre kopeck. Il y a longtemps qu’il projette de réhabiliter cette école qu’il n’a jamais fréquentée mais dont le destin l’interpelle depuis toujours : « L’état délabré de cette école m’a toujours gêné. Je m’étais promis de la réhabiliter le jour où j’en aurai les moyens… ». Ce jour est arrivé en 2018 quand il entreprend les démarches auprès de Monseigneur Gabriel Watio, l’évêque du diocèse de Bafoussam et en informe aussitôt les populations. Celles-ci croient qu’il s’agit d’un projet à long terme. Que non ! Aussitôt dit, aussitôt fait.

Le bienfaiteur commande immédiatement les études et fait implanter le chantier. C’est un homme qui voit grand. En un temps record, un immeuble de trois niveaux sort de terre. Il est largement au-delà de l’espérance de tous. L’école catholique de Soung ainsi ressuscitée en devenant une école primaire et maternelle bilingue, selon le vœu de l’abbé Kengne, Secrétaire diocésain à l’éducation du diocèse de Bafoussam. Elle est constituée de trois salles de classe au rez-de-chaussée réservées à la maternelle et huit autres dans les étages pour le primaire. Outre le bloc administratif, elle compte aussi une salle multimédia qui sera équipée, dès la rentrée, de 22 ordinateurs, une bibliothèque et une infirmerie. L’école qui est équipée de toilettes modernes, est connectée à un point d’eau issue du forage qui alimente également le quartier, lui aussi généreusement offert. La connexion de l’école à ce réseau d’eau privé permettra entre autres la maintenance des installations et la propreté des lieux.

Livres gratuits, Internet, toilettes modernes

Pour s’assurer que cette œuvre moderne bénéficiera d’un entretien de qualité et d’une bonne sécurité, le patron de PETROLEX assure les salaires des personnes affectées à ces tâches, l’intendant et le gardien, le traitement du reste du personnel revenant au diocèse. Mieux, fait jusqu’ici inédit, il envisage de doter l’école de manuels scolaires à partir de la rentrée : «A partir de la rentrée 2021/2022, aucun enfant n’achètera les manuels scolaires. Toutes les classes seront dotées de manuels scolaires. Les parents se contenteront d’acheter les cahiers». Visiblement, le PDG de PETROLEX ne sait pas faire les choses à moitié. Il faut vraiment chercher minutieusement pour trouver une structure de l’éducation qui offre des livres aux apprenants. De toutes les façons, c’est une grosse épine qui est ôtée du pied des parents qui souvent suent sang et eau pour acquérir les

manuels scolaires. Cette offre est particulièrement bienvenue par ces temps de récession. Mieux encore, l’école sera connectée au réseau internet ! Une école ne peut être plus moderne. Les bambins et leurs et leurs encadreurs seront reliés au monde

Les parents et les élèves, principaux bénéficiaires de cet ouvrage, en sont émerveillés et ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de leur bienfaiteur : « Tout le monde en parle et nous sommes fiers d’avoir un papa comme PETROLEXici chez nous », jubile ce jeune enfant qui rêve d’y obtenir son Cep l’année prochaine. «En 55 ans de présence dans l’enseignement, je n’ai jamais vu une école primaire aussi moderne, aussi bien équipée. La réputation de notre école a traversé les frontières de Soung et nous enregistrons déjà de nombreuses sollicitations pour les inscriptions venant d’ailleurs», avise M. Fotso Fopa Romuald l’intendant de l’école.

Donner un peu de ce qu’on a reçu de Dieu à la communauté

Mais pourquoi investir en pure perte dans l’éducation, comme diraient les capitalistes purs et durs ? Gabriel NDJIKE FOTSO qui envisage de réaliser de nombreux autres projets sociaux n’est pas du tout embarrassé : «Je considère que la réhabilitation de cette école est un appel de Dieu. Certains mentors comme le patriarche Fotso Victor ont si bien commencé et c’est une grâce de marcher sur leurs pas. Pour moi, c’est une façon de donner aux autres un peu de ce que Dieu m’a donné. Il importe surtout de donner aux générations futures, aux populations qui en ont besoin. Je préfère ce genre d’investissement aux dons de sacs de riz par exemple. C’est cela le sens du partage selon moi. La petite lumière qui brille dans les yeux des parents me suffit largement comme satisfaction. Je veux juste inviter les autres élites du quartier à faire de petits dons (cahiers, trousses, etc.) aux enfants, afin de raffermir cette chaîne de solidarité».

Maintenant que l’école brille de toute sa splendeur, pour faire complet, et en attendant la cérémonie de rétrocession à l’église, M. NDJIKE FOTSO Gabriel pense déjà à la construction de la chapelle à côté de l’école. Mais son projet d’envergure demeure la construction d’un hôpital dans le style des hôpitaux des sœurs d’excellente réputation au sein des populations. Logique : après l’esprit, il faut prendre soin du corps. Un esprit sain dans un corps sain.

Romuald Fotso Fopa: Ancien inspecteur pédagogique, président de l’Ape et intendant de l’école

« Je me réjouis d’être impliqué dans un tel projet, deux ans seulement après mon départ en retraite. Je mets entièrement ma longue expérience à son service pour qu’il soit le mieux entretenu possible. En 55 ans de service à Yaoundé, je n’ai jamais vu un tel investissement dans une école primaire, ni même secondaire. Il y a une très grande satisfaction au sein des populations, en particulier les grands-mères qui vivent avec leurs petits-enfants venus des villes. Elles sont contentes de voir que leurs petits-enfants vont avoir un si bon confort sur place.L’année dernière, nous avions un effectif de 200 élèves. Cette année, ils seront plus nombreux. Et beaucoup viennent d’ailleurs.

Imaginez des enfants de la maternelle qui commencent l’école en se familiarisant avec l’ordinateur. Même en ville, ce n’est pas donné.

M. NDJIKE FOTSO Gabriel est un homme généreux. Il nous avait déjà offert l’électrification gratuitement il y a quelques années. Et depuis, nous avons aussi la route qu’il a goudronnée pour notre plus grand bien.»

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