Luc Bienvenu Banemeck: « La résolution des problèmes du Cameroun passe par le dialogue »
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Luc Bienvenu Banemeck: « La résolution des problèmes du Cameroun passe par le dialogue » :: CAMEROON

Président du Comité des Camerounais de l'extérieur (CCE), il explique les objectifs de la "lettre de rappel à l'ordre" publiée à l’adresse des activistes de la diaspora

C'est quoi le CCE et pourquoi cette lettre de rappel à l'ordre ?

Le Comité des Camerounais de l’Extérieur est une association internationale de droit français basée en France, avec des représentations dans plus de 15 pays dans tous les continents. Le comité des camerounais de l’Extérieur appartiennent à la diaspora camerounaise, nous comptons revenir au Cameroun pour participer à son développement. Le camerounais de l’extérieur est un citoyen à part entière dont le sentiment d’appartenance au Cameroun est toujours présent quelle que soit la durée de son séjour à l’étranger. Le rappel à l’ordre ici est une interpellation faite aux compatriotes qui attaquent régulièrement les institutions du Cameroun. Pourquoi les parlementaires européens qui les soutiennent et ne partagent la gouvernance de leur pays n’attaquent-ils pas les institutions de leurs pays ? Personne n’est contre les manifestations ou les revendications pacifiques. Mais lorsqu’on commence à attaquer les ambassades, l’institution de la présidence de la république, ou l’institution sécuritaire. Cela veut dire qu’on menace les fondations d’un pays. Tout citoyen conscient des enjeux ne peut et doit accepter cela.Faisant partie de cette diaspora très active depuis plusieurs années et membre d’une organisation internationale des camerounais, c’est un devoir de réagir pour rappeler à l’ordre mes compatriotes qui agissent de cette manière, surtout qu’autrefois nous avons cheminé ensemble dans des projets ayant comme but le développement du Cameroun.Comme je l’ai solennellement rappelé dans ma lettre ouverte, tous leurs agissements sont nocifs à l’image de notre pays. Vous ne pouvez pas vouloir le bien de votre pays en décourageant les investisseurs d’y venir. De telles attitudes tendent consciemment ou pas, toutes, à la déstabilisation de nos institutions pour certaines, et pour d’autres à la sécession !

Comment les premiers concernés ont-ils réagit â votre démarche et quel accueil a-t-elle reçu à l'intérieur du pays notamment au sein du gouvernement ?

Certains compatriotes concernés de la catégorie 1 (Voir ma lettre ouverte du 04 août) avec qui j’ai encore des contacts, m’ont appelé pour me demander si c’était des menaces. Je leur ai répondu négativement en rappelant le devoir d’un citoyen camerounais devrait savoir ; A la fin de nos échanges Nous avons convenu de poursuivre nos échanges sans animosité pour le bien de notre pays. A l’intérieur du pays, comme à l’extérieur, j’ai été surpris par les nombreuses félicitations de compatriotes. En ce qui concerne le gouvernement, je n’ai reçu aucune réaction. Je veux dire ceci : ce que nous faisons est un devoir citoyen.

Vous évoquez dans cette correspondance l'initiative prise en 2012 pour tenter de responsabiliser la diaspora activiste du Cameroun. Quels ont été les résultats de cette action ? Faut-il une nouvelle donne dans la relation entre le Cameroun et sa diaspora ?

Après les élections présidentielles de 2011 la diaspora camerounaise est réellement rentrée en ébullition. En dehors des partis (Upc, Udc, Sdf, Rdpc et Undp) traditionnels entres autres de l’époque sans prise réelle sur la diaspora, avant l’année en question, la majorité des camerounais de la diaspora étaient membres des associations régionales, et/ou villageoises et très peu politisés, à leur côté existait également une minorité d’associations de type national et rassemblant les camerounais de toutes les régions comme Acpdh, Ccd, Cpmc, Oedc Alternance 2000 etc. Après 2011, il y a un changement de cap dans l’action des associations, on note une légère politisation après les élections présidentielle. Deux tendances voient le jour. La tendance des modérés et la tendance des extrêmes. La première tendance, qui voit le jour en 2012, pense que les institutions nationales sont le socle à renforcer pour faire évoluer notre pays, tandis que la tendance extrême pense le contraire. Elle pense qu’il faudra détruire les institutions qui sont responsables des problèmes du Cameroun.Ces deux visions qui s’affrontent dans la diaspora sur l’avenir du Cameroun donne naissance pour les modérés au Tink Tank (Upad) Union pour l’alternance Démocratique qui se fixe comme objectif prioritaire de défendre les institutions et proposer des solutions aux problèmes du pays. De son côté, la tendance des extrêmes reçoit du renfort avec les nouveaux arrivant les « Bossayers » qui, partis à pied depuis le Cameroun et ayant souffert tout au long du voyage, veulent en découdre avec les institutions qu’ils considèrent responsables de leurs maux. Au même moment dans la diaspora africaine en Europe, nous assistons aux agissements fréquents des ivoiriens et Congolais appelés combattants qui s’attaquent régulièrement à leurs institutions nationales ou à leurs représentants de passage en Europe. Avec cette nouvelle donne, la tendance Extrême se renforce et recrute, c’est les nouvelles recrues qui forment la catégorie 3 dans ma lettre ouverte. En 2017, éclatent les troubles dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest, et automatiquement nait également au sein de la diaspora une deuxième tendance extrême de camerounais qui ne réclament plus l’alternance ou l’alternative par la violence,la scission des zones Nord-ouest et Sud-Ouest du Cameroun. Notre cercle qui étudie cette radicalisation essaie, par diverses manières de reprendre l’initiative par des réunions d’échanges ou d’organisation de forum de la diaspora. Toutes ces démarches que nous allons échafauder vont échouer pour des raisons que je n’aurai pas le temps de citer ici. Malgré cela nous ne perdons pas espoir,nous restons convaincus que la solution aux problèmes du Cameroun ne passera pas par la violence, mais par le dialogue et c’est la raison pour laquelle nous avons soutenu et participer au Grand dialogue en 2019. Nous avons envoyé au premier ministère un rapport de 31 pages pour faire des propositions. Plus de 8 ans après le début de la mise en place de ce que nous vivons aujourd’hui, nous revenons une fois encore auprès de nos compatriotes leur suggérer le couloir de la proposition constructive car leurs méthodes n’ont rien apporté dans la résolution des problèmes de notre pays, elles ont non seulement dénaturé le vivreensemble, mais elles ont exposé notre pays au banditisme international des hommes d’affaires sans foi ni loi. Dans cette perspective personne ne sera gagnant. Nous serons tous perdant. C’est la raison pour laquelle nous leur proposons un retour dans la case République. Nous pensons que c’est le moment. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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