LES ENNEMIS ONT ENCORE FRAPPE
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La malice et la bêtise, alliées inséparables et sans scrupules, viennent encore de signer par leur mode opératoire éculé, leur énième crime en Afrique.

Et elles ne sont pas près de ranger leur glaive assoiffé de sang.

Idriss Déby Itno est tombé.

Ils l’ont assassiné. Dans une lâcheté qui n’a d’égale que la misère mentale des deux acolytes habituels. Pour le pouvoir. Pour l’un, le mandataire, un pouvoir éphémère, juste le temps d’accomplir les basses besognes du bourreau en chef qui finit toujours par se débarrasser à son tour de l’exécutant servile, le nègre de maison, l’idiot utile. L’Afrique en constitue un vivier. Triste référence.

Pour l’autre, le maître, un pouvoir plusieurs fois séculaires, maintenu par les mêmes méthodes depuis au moins la conférence de Berlin de 1884-1885, mais plus longtemps avant, depuis la malheureuse rencontre entre l’Europe et l’Afrique au 15e siècle. Depuis ces deux dates, le commanditaire a pris ses aises dans des pratiques mafieuses dont il a maille à se départir depuis que ses méthodes funestes défraîchies lui garantissent confort et domination perpétués sans trop de peine.

Des méthodes éculées

Vous l’aurez compris, le malheur de l’Afrique tient à deux catégories de personnages, les ennemis de l’intérieur (la bêtise) et les ennemis de l’extérieur (la malice). Si le premier est plus insidieux, c’est bien le second qui est le plus vicieux, cerveau de toutes les opérations d’assassinats, de déstabilisation et de trafics d’influence depuis au moins un siècle en Afrique.

De Barthélémy Boganda en 1959 en République centrafricaine à Kadhafi en Lybie en 2011, en passant par Sylvanus Olympio du Togo en 1963, François Tombalbaye du Tchad en 1975, Thomas Sankara du Burkina Faso en 1987, Um Nyobè en 1958 et Félix Moumié en 1960 du Cameroun et la liste est loin d’être exhaustive, l’assassin en chef des libertés, pourtant auto-érigé en pays des droits de l’Homme, s’est toujours illustré par sa puissance de nuisance sur le continent de Soundjiata Keïta. Cet exterminateur est bien la seule ancienne puissance coloniale dont l’apparente et très éphémère prospérité ne tient qu’au système de pillage systématique de l’Afrique, parti d’un concept moribond de France-Afrique qu’un héros d’un certain 18 juin a savamment mis sur pied au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1945.

Depuis, tous frappés de paresse doublée de malhonnêteté intellectuelles congénitales, les successeurs du géant, que par la taille, n’ont jamais pu inventer un autre modèle que celui de France-sangsue sur l’Afrique.

Résultat des courses, la France s’accroche sans jamais pouvoir ni savoir se défaire de son pitoyable statut de parasite éternel, au point où même ses voisins européens commencent s’en agacer. Mais la conséquence pour l’Afrique, c’est le chantage à la déstabilisation pour quiconque refuserait de se soumettre en affichant la moindre velléité de liberté.

Le prédateur attitré de l’Afrique depuis la fin de la guerre des cent ans en 1453 n’a jamais pu se refaire une santé économique en dehors de la traite négrière, la colonisation et le néocolonialisme actuel. Et ce n’est pas dans sa situation de décrépitude économique avancée actuelle qu’elle daignera changer de paradigme.

Depuis, la France s’est spécialisée dans la stratégie du chaos. Verrouillés par des accords criminels après la seconde guerre mondiale avec notamment la création par trois français du franc CFA, mais aussi des accords monétaires, militaires, économiques et politiques, officiels et officieux, après les pseudos indépendances des années 1960 qui allaient sceller le sort de centaines de millions d’africains, Jacques Foccart, le cerveau du Général opportuniste, allait faire chanter les chefs d’Etats africains, en les imposant et en les démettant à sa guise. Depuis, les réseaux bien huilés de ces abominables semeurs de misères continuent de faire des victimes.

Idriss Déby Itno a été abattu, descendu par les siens, ceux de son camp, ceux en lesquels il était supposé avoir investi pleine confiance.

Des nègres de maison, des ennemis de l’intérieur, plus pernicieux que ceux de l’extérieur. Mais la France ne change pas de méthode. Ce serait trop lui demander pour le niveau d’intelligence de ceux qui la dirigent. Déstabilisation de la zone du Sahel à la suite de la guerre inutile de Lybie qui n’a eu pour conséquences que de décimer les populations libyennes et instaurer un chaos durable pour faciliter la spoliation des ressources du pays de Mouammar Kadhafi. Le djihadisme au Sahel prendra le relais, tout aussi malicieusement pensé, organisé et entretenu pour justifier la présence des bases militaires françaises dans un prétendu objectif de sécurisation.

Sécurisation oui, mais pas des populations des cinq pays concernés (Mali, Tchad, Niger, Mauritanie et Burkina Faso), mais bien du pillage des ressources locales par les multinationales françaises qui expliquent à suffisance l’acharnement de l’Hexagone à maintenir ses forces d’occupation dans le Sahel. On rappelle que le Niger est le premier producteur africain d’Uranium et le troisième mondial, et que la Société française Orano (ex-Areva) y est confortablement installée depuis plus de 50 ans et s’y approvisionne à près de 40%, position privilégiée qui fait de cette entreprise l’une des plus puissantes au monde dans son secteur en termes d’exploitation, au mépris de la misère qui sévit au Niger du fait de la catastrophe écologique conséquente.

Le Mali, lui, un autre pays que saigne la France, est le troisième producteur mondial d’Or, tandis que le Tchad regorge d’importantes ressources pétrolières. Voilà l’explication de la magnanimité apparente de la France, qui prétend combattre le djihadisme au Sahel, mais qui, en huit ans n’a perdu "que" 50 soldats, tandis que l’ONU n’a jamais consenti à lever l’embargo sur les armes, imposé à l’armée régulière du Mali (tout comme en République centrafricaine d’ailleurs, malgré la menace de la rébellion). A titre de rappel, c’est la France qui parle au nom de ses anciennes colonies au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Allez-y comprendre quelque chose.

Dans les modes opératoires en panne d’originalité de la France, on identifie bien des méthodes standards qui portent ses empreintes habituelles. Après la phase de déstabilisation, si les résultats escomptés n’arrivent pas dans les délais prévus, elle passe à l’étape ultime, l’élimination physique. Pour ce faire, elle n’a jamais eu de difficulté à trouver des traitres débiles parmi les africains eux-mêmes, y compris parmi les proches ou même les membres de la propre famille de la future victime. Ensuite, au mépris de la Constitution du pays, et sans que la mère porteuse des droits de l’Homme ne s’en offusque, un Conseil Militaire de Transition est créé ex-nihilo et le dauphin désigné par la France prend les rênes du pouvoir sans la moindre indignation de la très objective communauté dite internationale, et encore moins des ONG locales financées à coups de millions d’euros par la bien-pensance universelle. Tout va bien. Circulez, il n’y rien à voir.

Oui, Idriss Déby Itno est mort.

Enième victime des appétits d’un ogre à l’agonie. Avec en prime l’indécence que la France sait réserver à ceux dont elle veut savourer le succès de ses opérations funestes, mais aussi par cette méthode, passer un message fort à ceux qui oserait lui tenir tête. Rappelez-vous du corps de Um Nyobè traîné dans les rues du lieu de son assassinat.

Rappelez-vous du corps de Kadhafi traîné et exposé dans les rues de Syrte. Emmanuel Macron a annoncé qu’il ira aux obsèques du feue Maréchal fraîchement réélu. Une réélection synonyme de consolidation d’un revirement de position qui commençait à déranger la France. La présence du président français sera-t-elle réellement pour pleurer avec ceux qui pleurent ou pour célébrer la chute d’un obstacle à la perpétuation du système inique de la France-Afrique ? Jusques à quand la terre de Shaka Zulu se laissera souiller par des pieds impurs ?

Le Cameroun visé 

A la frontière avec le Nigéria, les tensions du NOSO avec la crise qu’on nous présente comme étant anglophone, à l’Est la tentative de déstabilisation de la République Centrafricaine, dont le principal nègre de maison, l’ancien président Bozizé a assumé qu’il était en mission commandée par la France, l’Extrême-Nord et des velléités de reprises des activités de Boko Haram, et maintenant le verrou Idriss Déby Itno qui tombe et laisse une possible ouverture au djihadisme du Sahel.

Le Cameroun, cerné de toutes parts par ces foyers de tension, rare pays n’ayant pas cédé à la pression des bases militaires françaises et étrangères ainsi qu’à celle du renouvellement de certains accords post coloniaux, est bel et bien une cible de la déstabilisation de la France pour maintenir dans son giron ce qu’elle s’entête à considérer comme étant son pré carré naturel. Restons vigilants. Ne soyons pas distraits. Restons unis et mobilisés. Aucune solution dans notre intérêt ne viendra jamais des prédateurs extérieurs qui n’ont pour modus operandi que le chaos. 

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