A la base de toutes les crises actuelles, il y a les injustices !
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Les injustices sont à la fois les causes et les facteurs aggravants des différentes crises que nous connaissons actuellement dans ce pays. Ces injustices sont elles – mêmes des conséquences d’un ordre politique, économique et social qui consacre le pouvoir de quelques uns sur une immense majorité de personnes.

Pouvoir qui s’exerce au quotidien par la violence et la falsification.

La violence s’illustre par la l’intimidation, la répression, l’incarcération et très souvent la mort de ceux qui s’opposent au système en place. La falsification quand à elle est omniprésente. Elle se voit par le détournement des institutions sensées servir l’intérêt général mais qui sont prises en otage par quelques-uns. Elle s’illustre à travers le dévoiement de l’administration publique et de diverses autres institutions qui, au lieu de rendre des services publics, produisent à une échelle industrielle des sévices publics, c’est-à-dire des souffrances aux populations.

Cette violence et cette falsification, qui sont l’ADN de ce système anti populaire et donc antidémocratique, génèrent de manière ininterrompue des injustices. Ces injustices, qu’elles soient sociales, économiques ou politiques, font le lit de la colère des populations et préparent, qu’on le veuille ou non, des explosions qui pourraient être incontrôlables.

Contrairement aux apparences, la marche de nos sociétés, la marche du monde, la marche de l’histoire est celle du recul de la tyrannie, de l’arbitraire et de la violence d’une minorité sur la majorité. Pour que ces injustices cessent, il faut rien de moins qu’une rupture, voire une révolution nette. Hier comme aujourd’hui, la tache de l’avant garde progressiste est de susciter, d’accompagner et d’amplifier cette lutte essentielle contre les injustices systémiques que génère un système intrinsèquement opposé à la justice.

Cette tâche suppose que cette avant garde progressiste elle – même ne tombe pas dans plusieurs pièges :

  1. Le piège du renoncement devant la difficulté de la tache et la lenteur des transformations. Rien de grand et de durable ne s’est accompli sans sacrifices et en un seul jour.
  2. Le piège de la condamnation des populations qui sont, très souvent, par ignorance ou par nécessité, prises dans les mailles d’un système d’injustices. Il faut travailler à faire émerger une masse critique d’entre elles qui sera la locomotive de ce changement. Ce sont toujours des minorités qui ont amené des majorités à des changements.
  3. Le piège de la division qui fait l’affaire de l’oligarchie aux commandes dont les seuls objectifs clairs sont la  conservation du pouvoir et l’accumulation de richesses personnelles. Cette division est entretenue entre nous par le soupçon permanent de l’autre qui est solidement installée en nous. Il faut tomber d’accord sur nos désaccords pour ensuite travailler ensemble sur ce qui nous est communément essentiel.
  4. Le piège du renoncement à la pensée qui nous fait devenir paresseux. Paresse qui nous empêche de saisir comme il se doit la complexité et le dynamisme d’une société qui se déploie devant nous. Paresse qui nous fais croire que l’on a déjà trop réfléchi et qu’il ne reste qu’à agir. Nous faisant oublier que la pensée et l’action ne s’opposent ni ne s’épuisent jamais. Tant que l’on vit, on ne doit jamais cesser de penser et d’agir pour traduire dans les faits nos objectifs, nos valeurs ou nos idéaux. Ce faisant,  il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. La théorie sans pratique est vide tout comme la pratique sans théorie est aveugle.
  5. Le piège de l’illusion de supériorité. Malheureusement, certains d’entre nous croient que la bonne critique de l’autre nous rend automatique meilleur que ce dernier. Ce qui n’est pas vrai. La critique de l’autre veut en principe dire “je ne suis pas toi”, ” je suis meilleur que toi”, “je ferais mieux que toi à ta place”. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut toujours travailler sur soi-même et parfois penser contre soi -même pour s’assurer que nous ne coupons pas les ponts  avec les réalités. Il faut surtout, tout en combattant les injustices et les incuries du système, s’efforcer de ne pas les reproduire soi – même. En cela, le combat est à la fois un combat contre nos propres tendances à l’injustice et contre les injustices produites par le système en face de soi.

Tout ceci n’est sans doute pas révolutionnaire. De nombreuses personnes avant nous l’ont déjà dit et sans doute, d’une meilleure façon.

Mais c’est sans aucun doute sur cette base que nous pouvons espérer construire une société plus juste et plus harmonieuse.

Le répéter est essentiel. La répétition n’est elle pas consubstantielle à l’éducation ?

Ce d’autant plus que ce qui relève du bon sens n’est pas toujours une opinion et une pratique courantes.

Pour mettre un terme à ces crises, il faut lutter contre les injustices et assécher les sources des injustices en nous-mêmes, dans nos organisations et dans les institutions publiques qui régulent nos sociétés.

Tel nous semble une vérité à méditer en ce début d’année charnière.


Douala, 08 janvier 2021

Franck Essi

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