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CAMEROUN :: POINT DE VUE CAMEROUN :: Boko Haram, ce n?est pas fini :: CAMEROON
  • Cameroon Tribune : Grégoire DJARMAILA
  • mercredi 05 août 2020 01:28:00
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World news CAMEROUN :: Boko Haram, ce n’est pas fini :: CAMEROON CAMEROUN INFO - CAMEROUN ACTU

Alors qu’on la croyait en perte de vitesse, la secte terroriste Boko Haram multiplie depuis plus d’un an des assauts meurtriers dans la zone du Bassin du Lac Tchad. Dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, notamment dans les trois départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone et Chari, la liste des localités attaquées depuis mi2018 ne cesse de s’allonger. Les assaillants de la nébuleuse procèdent, pour parvenir à leur sale besogne, par des incendies, des pillages, des kidnappings et des assassinats.

L’attentat terroriste survenu dans la nuit de samedi à dimanche dernier à Nguetchewe dans l’arrondissement du Mayo-Moskota est la preuve suffisante que l’ennemi n’est pas fini et se montre même plus que résilient. On le constate au fil des mois, la bande à Shekau conserve visiblement toute sa capacité de nuisance. L’attaque meurtrière de Nguetchewe au bilan lourd de 19 morts, intervient à la suite d’une série d’incursions meurtrières dans plusieurs localités aussi bien au Cameroun que dans les autres pays de la ligne de front. On se rappelle que le 23 mars 2020, une offensive des djihadistes avait tué une centaine de soldats tchadiens stationnés dans la localité de Boma, autour du Lac Tchad.

Dans le Nord du Nigeria, fief de la secte et au Sud du Niger, les attaques meurtrières de ces terroristes ne se comptent plus. Face à cette recrudescence de la violence orchestrée par les « illuminés de Boko Haram », on est tenté de s’interroger sur les raisons de ce retour de la spirale de violence alors que l’intensité de la riposte déployée au plus fort de la crise par les forces de défense camerounaises et par leurs alliés de la sous-région avait considérablement diminué la force de frappe de cet ennemi jusqu’au début de 2018.

Selon Vincent Foucher, chercheur français au Centre national de recherche scientifique, le groupe a profité du renfort des combattants de l’État islamique (qui ont fui le Moyen-Orient pour la zone sahélienne) pour réactiver ses cellules dormantes disséminées autour du Lac Tchad. Cet expert souligne qu’en 2016, le groupe a perdu le contrôle de toutes les villes secondaires qu’il possédait autour de l’État de Borno notamment. A la suite de plusieurs échecs cuisants, les militants se sont scindés en deux factions : la bande fidèle à Abubakar Shekau avec environ 1 500 hommes et les combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, dirigé par Abou Abdullah Ibn Umar al-Barnawi.

Les deux tendances semblent procéder à un partage des zones de commandement: la première est présente dans la célèbre forêt de la Sambisa, à la frontière camerounaise. La seconde tient le lac Tchad, zone riche en ressources naturelles. Certes, le Cameroun n’a concédé aucun centimètre carré de son territoire sur ce front depuis 2014, mais des réajustements rendus nécessaires à cause de l’apparition d’autres foyers de tension ont selon certains observateurs, impacté le dispositif sécuritaire sur le front de l’Extrême-Nord.

Il apparaît donc urgent aujourd’hui de réactiver et d’intensifier la riposte contre cette nébuleuse qui a repris du poil de la bête. En redynamisant la coopération entre les armées des pays du bassin du Lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad), notamment en matière de renseignement et de poursuite des djihadistes dans le pays voisin. Comme en 2014 où la lutte contre Boko Haram était érigée en cause nationale, la remobilisation des troupes au front est d’une nécessité impérieuse. De même, il importe de renouer avec le système de défense populaire à travers la collaboration et le soutien des populations locales.

Cette veille sécuritaire et cette synergie d’actions gagneront davantage en efficacité si les comités de vigilance, qui faisaient office de rempart contre Boko Haram, seraient redéployés et motivés. Au regard de la récurrence des attaques et de la logique meurtrière qui anime ces insurgés, il faut plus que jamais redoubler de vigilance et se reveiller.

05août
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