CAMEROUN :: 12 JUILLET 1884-12 JUILLET 2020 : DÉJÀ 136 ANS QUE LE TRAITE GERMANO-DOUALA A ÉTÉ SIGNE :: CAMEROON
CAMEROUN :: 12 JUILLET 1884-12 JUILLET 2020 : DÉJÀ 136 ANS QUE LE TRAITE GERMANO-DOUALA A ÉTÉ SIGNE :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: LE SAVIEZ-VOUS
  • Camer.be : Hugues SEUMO
  • dimanche 12 juillet 2020 19:44:00
  • 2111

CAMEROUN :: 12 JUILLET 1884-12 JUILLET 2020 : DÉJÀ 136 ANS QUE LE TRAITE GERMANO-DOUALA A ÉTÉ SIGNE :: CAMEROON

Déjà 136 ans que le Traité de 1884 ou encore Traité Germano-Douala a été signé entre les rois Duala et les Allemands Edouard Schmidt et Johannes Voss. Les premiers (Ndumbé Lobè Bell et Akwa Dika Mpondo) agissaient au nom des peuples autochtones, tandis que Édouard Schmidt le faisait pour la firme C. Woermann, et Johannes Voss pour le compte de Jantzen et Thormählen.

Par ce Traité, les rois et chefs du territoire nommé Kamerun, abandonnent totalement et « volontairement » leurs droits concernant la souveraineté, la législation et l’administration (du territoire) aux Allemands, certes, mais émettent tout de même cinq (05) réserves.

Ainsi par exemple, l’article 1er de ce traité stipulait clairement que « Le territoire ne peut être cédé à une tierce personne » ou encore que « les terrains cultivés par les populations locales (ndlr) et les emplacements sur lesquels se trouvent des villages, doivent rester la propriété des possesseurs actuels et de leurs descendants » comme stipulé dans l’article 3.

Nous soussignés, rois et chefs du territoire nommé Cameroun, situé le long du fleuve Cameroun, entre les fleuves Bimbia au nord et Kwakwa au sud, et jusqu’au 4° 10’, degré de longitude nord, avons aujourd’hui au cours d’une assemblée tenue en la factorerie allemande sur le rivage du roi Akwa, volontairement décidé que: Nous abandonnons totalement aujourd’hui nos droits concernant la souveraineté, la législation et l’administration de notre territoire à MM. Edouard Schmidt, agissant pour le compte de la firme C. Woermann, et Johannes Voss, agissant pour le compte de la firme Jantzen et Thormählen, tous deux à Hambourg, et commerçant depuis des années dans ces fleuves.

Nous avons transféré nos droits de souveraineté, de législation et d’administration de notre territoire aux firmes sus-mentionnés avec les réserves suivantes :
1. Le territoire ne peut être cédé à une tierce personne.
2. Tous les traités d’amitié et de commerce qui ont été conclus avec d’autres Gouvernements étrangers doivent rester pleinement valables.
3. Les terrains cultivés par nous, et les emplacements sur lesquels se trouvent des villages, doivent rester la propriété des possesseurs actuels et de leurs descendants.
4. Les péages [impôt versé par les commerçants aux monarques locaux pour l’exploitation des terres] doivent être payés annuellement, comme par le passé, aux rois et aux chefs.
5. Pendant les premiers temps de l’établissement d’une administration ici, nos coutumes locales et nos usages doivent être respectés.

Le contrat signé avec les commerçants allemands pour l’exploitation du Kamerunstads allait couvrir une période de 30 (trente) ans. Ce traité qui prenait effet dès sa signature le 12 juillet 1884 allait prendre fin le 11 Juillet 1914.

Ainsi ; dès le 12 Juillet 1914 ; Kamerunstadt redevenait indépendant bien que le contrat germano-duala fut reconnu et ratifier lors de la conférence de Berlin. A cette date, non seulement aucun contrat colonial (exploitation territorial) n’était en cours de validité sur le territoire et aucun chef des Pays Kamerunais n’était prêt à renouveler l’accord du traité.(1)

Curieusement ; avant la fin du contrat Germano-Douala, Rudolf Douala Manga Bell ; fils de Manga Ndoumbé et de Tomédi Mouasso ; petit fils de Ndoumbé Lobé (King Bell, 4ème de la dynastie des Bell fondée en 1792) s'était opposé à la main mise allemande sur la ville de Douala avec intention de dénoncer le traité signé en 1884 par son ancêtre.

En réaction, Douala Manga Bell est accusé de haute trahison envers le gouvernement allemand et arrêté le 08 août 1914. Vers 17 h, il est pendu avec un de ses parents, Ngosso Din.

Le même jour (08 août 1914 ), Martin Paul Samba de son vrai nom Mebenga M’Ebono, est fusillé par les allemands à Ebolowa dans la province du Sud.(2)

Ainsi, à la même période, Rudolf Manga Bell et Martin Paul Samba s’opposèrent farouchement à la main mise de l'administration allemande sur le Kamerun. Ironie du sort, ils mourront à cause de leurs idéaux ; tout les deux condamnés du même motif le 8 août 1914.

Par conséquent, l’acte franco-anglais supposé prédesté le Kamunun à la France et à l’Angleterre ne reposait sur aucun support juridique puisque qu’après la péremption du contrat Kamerunstadt et malgré la défaite de l’Allemagne à la 1ère guerre mondiale, le Kamerun était déjà redevenu indépendant.(1)

Malgré tout, le traité de Versailles de 1920 qui, ratifiant l’acte franco-anglais du 10 juillet 1919 confia à la France et à l’Angleterre, le Kamerun comme un Pays « sous mandat » de la Société des Nations (SDN). Il convient de rappeler que ce traité n’avait pas de fondement juridique non plus.

En définitive ; on retiendra que le 12 Juillet 2020 ; le Kamerun fête son 136ème anniversaire de la naissance de Kamerunstadt le 12 Juillet 1884.

(1) Les Grandes figures historiques du Cameroun, Collection Biographies, Editions MEDIA CAMEROUN,Notes du prof Abwa, Samuel Nelle in Collection histoire du Cameroun,Le Cameroun :arts, histoire et traditions, Bernard Puepi, Henri Njomgang, Notes Fondation MOUMIE
(2) Le chemin du Cameroun : T.T (S. Dir), Batsoon Génésis, Annuaire 2007, Ed Cognito

12juil.
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