Rappelé à Yaoundé : Alfred Nguini dans de sales draps
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Des sources très bien informées, la lettre de rappel de l’ambassadeur du Cameroun à Paris, Alfred Nguini, serait partie depuis la fin du mois d’avril 2020. Seulement pour des raisons liées à la pandémie du Covid-19 et qui a pour corollaire le manque de vols, Alfred Nguini peut continuer à se la couler douce à Paris. Enquête.

Il est connu des usages diplomatiques qu’un ambassadeur est rappelé pour consultation dans son pays quand les relations entre Etats sont suffisamment tendues. Est-ce le cas aujourd’hui entre le Cameroun et la France, au moment où l’information sur le rappel d’Alfred Nguini, ambassadeur du Cameroun s’amplifie dans les milieux diplomatiques et sur la place parisienne ? Au point où certaines langues annoncent même déjà l’imminence d’un vol qui devrait ramener le chef de la mission diplomatique camerounaise au bercail. S’il faut dire d’emblée que les relations entre le Cameroun et la France sont actuellement au beau fixe, l’information sur le rappel d’Alfred Nguini et qui n’a pas échappé au journal panafricain Jeune Afrique dans l’une de ses dernières parutions, fait des gorges chaudes dans les milieux camerounais à Paris.

Pour les proches d’Alfred Nguni, cette information relayée par Jeune Afrique est totalement fausse. Pour eux, Jeune Afrique joue simplement le jeu des lobbies de la Brigade antisardinards (Bas), notamment celui de l’activiste Boris Berthold qui manœuvre sous cape pour la déstabilisation I du régime de Paul Biya. Pour rendre leur cause sacrée, les mêmes proches d’Alfred Nguini estiment que les lobbies de là-bas en veulent aujourd’hui à l’ambassadeur parce qu’il a, dès son arrivée à Paris, lancé une croisade farouche contre les réseaux mafieux avec en tête Christophe Ketchankeu, percepteur en poste depuis 30 ans. Pour ce même entourage d’Alfred Nguini, l’ambassadeur a déjà réussi à avoir la tête d’un maillon de la chaine, notamment le commissaire divisionnaire Barthélémy Xavier Ongolo, 2ème secrétaire au consulat général, récemment affecté en République démocratique du Congo (Rdc), non moins Nanga Eboko, donc en relation avec qui on connait, mais qui ne veut pas partir…

Pour accabler davantage Jeune Afrique, dans le proche entourage d’Alfred Nguini, l’on estime que si Jeune Afrique parle dans ses colonnes d’un rappel d’Alfred Nguini à Yaoundé, c’est parce que ce journal vit du chantage qu’il exerce sur les gouvernements africains et qu’il s’est ainsi spécialisé en laboratoire des fake news pour accabler les pays qui ne veulent plus s’octroyer des espaces publicitaires dans ses colonnes. Pour conforter cette thèse qui voudrait que Jeune Afrique a menti et qu’Alfred Nguini reste bien en poste, les partisans de l’ambassadeur évoquent toutes ces notes de service qu’il a signées jeudi 7 mai dernier. La première note de service a trait à l’accès aux locaux de l’ambassade après les heures de service. On peut y lire :

« Il m’a été donné à plusieurs reprises de constater que des membres du personnel ont pris l’habitude pour des raisons injustifiées, d’accéder aux locaux de notre mission diplomatique, lorsque ceux-ci sont déjà fermés au public, ou les weekends, et très souvent à des heures indues (…).

Compte tenu des menaces d’ordre sécuritaire qui pèsent quotidiennement sur notre ambassade, en particulier depuis le 26 janvier 2019, de telles habitudes sont à proscrire, étant entendu qu’elles ne sont pas de nature à contribuer au renforcement de la sécurité dont nos locaux ont tant besoin (…) ». Pour les affidés d’Alfred Nguini, la deuxième note de service qui dément l’idée que l’ambassadeur a été rappelé à Yaoundé, c’est celle qui est adressée ce même 7 mai 2020 à l’attention des personnels de l’ambassade du Cameroun en France et à toute la communauté camerounaise résidant en France, concernant le commissionnaire divisionnaire Barthélémy Xavier Ongolo, 2ème secrétaire au consulat général, récemment affecté en République démocratique du Congo (Rdc). Alfred Nguini écrit : « Il est porté à votre connaissance, pour une large diffusion, qu’à compter de la date de signature de la présente note de service, Monsieur Ongolo Barthélémy Xavier, précédemment deuxième secrétaire au consulat général, et affecté à l’ambassade du Cameroun en République du Congo (Rdc) depuis janvier 2020, ne fait plus partie des effectifs de la mission.

Dès lors, l’intéressé n’est plus autorisé à prendre, à quelque titre que ce soit, la moindre initiative engageant notre service diplomatique, ou la représenter d’une quelconque manière. L’ambassade du Cameroun en France dégage sa responsabilité s’agissant de tout acte qui pourrait désormais être posé en son nom par l’intéressé. »

MULTIPLES FRASQUES

Seulement pour les nombreux détracteurs d’Alfred Nguini, cette note de service participe tout simplement de la chasse aux sorcières engagée par l’ambassadeur du Cameroun à Paris. Certains observateurs en viennent à se demander si c’est cette mission que lui a confiée le président Paul Biya en le nommant. C’est-à-dire à s’attaquer à ceux qui ont mis long dans le même poste comme le percepteur Ketchankeu. Passons. Plus révélateur, nos sources indiquent qu’il y a pourtant plus d’une raison pour que l’ambassadeur du Cameroun en France soit rappelé à Yaoundé. Concernant par exemple la note de service sur le commissaire Barthélémy Xavier Ongolo qui fait aujourd’hui le tour des réseaux sociaux, nos observateurs soutiennent mordicus que c’est l’ex commissaire de police, Junior Zogo, ripoux devant l’éternel et qui tourne tout autour d’Alfred Nguini depuis quelques temps qui aurait provoqué cette fuite en or sur les réseaux sociaux.

Et ceci, dans le but de dévoiler l’identité de ce diplomate et surtout qu’on sache avant même qu’il n’arrive dans son pays d’accueil, qu’il est un homme en tenue. Pour être plus précis, d’autres sources nous apprennent que le truculent Junior Zogo aurait associé à sa manœuvre une certaine Mme Niba bien connue dans les services de l’ambassade du Cameroun à Paris.

Pour les détracteurs d’Alfred Nguini, l’actuel ambassadeur du Cameroun en France est coutumier des rappels par son pays. Pour eux, c’est en effet la 3ème fois que le chef de la représentation diplomatique camerounaise en Hexagone est rappelé pour consultation depuis qu’il est en poste à Paris. L’on évoque ainsi ses frasques à répétition depuis la Côte-d’Ivoire.

L’on apprend que, dépitées, les autorités ivoiriennes avaient déjà à l’époque demandé son rappel à Yaoundé, à la suite d’une scabreuse affaire de trafic d’acquisition de machines agricoles sous le couvert de l’ambassade du Cameroun à Abidjan. Tirant des leçons de ce passage à Abidjan, nos sources indiquent que Paris aurait beaucoup hésité pour accréditer le diplomate camerounais sur son sol. Alors question : qu’est ce qui pourrait aujourd’hui justifier ce rappel d’Alfred Nguni à Yaoundé ?

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