CAMEROUN :: Réseaux sociaux : l’autre virus :: CAMEROON
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  • Le Jour : Jules Romuald Nkonlak
  • vendredi 10 avril 2020 09:34:00
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CAMEROUN :: Réseaux sociaux : l’autre virus :: CAMEROON

Avec la pandémie de coronavirus, de fausses informations (fake news) envahissent les différentes plateformes et pourraient constituer un frein important à la lutte contre la maladie.

Ceux qui ont eu recours au langage de la médecine pour les désigner ne se sont pas trompé. Il y a un moment déjà que l’on traitait de virales ces informations qui envahissaient les réseaux sociaux en un laps de temps incroyablement court. Beaucoup d’entre elles, fausses, constituaient déjà de véritables dangers. Aujourd’hui, avec une situation telle que la pandémie de coronavirus, le virus des «fake news» est désormais véritablement mortel. Pas moins.

Si l’on jouait sans grande conséquence avec des sujets de la vie ordinaire, il est en effet tout simplement criminel de s’amuser avec une situation aussi sérieuse que la pandémie qui frappe en ce moment l’ensemble des pays du globe. On a en mémoire toute la polémique engendrée à la suite du décès d’un patient à Douala, avec les propos que l’on prêtait tort au directeur de l’hôpital Laquintinie. L’on se souvient aussi de cet autre post viral qui faisait état de la fuite d’une malade de coronavirus à l’hôpital régional de Bafoussam. On attribue un voice (enregistrement vocal) viral à une ministre de la République.

Un autre membre du gouvernement est moqué depuis un moment sur diverses plateformes. Des enregistrements dans laquelle elle parle du rôle de la chauve-souris comme réservoir de virus circulent en boucle et personne ne semble faire attention à la menace qu’elle pointe. Quand on ne lui attribue pas tout simplement des propos qu’elle n’a jamais tenus. On préfère rigoler. Mais de quoi, dans un moment aussi grave ?

Ces «infox» arrivent jour après jour, minute après minute. Leur rythme de multiplication semble rivaliser avec celui du virus que l’on combat. Et, en toute irresponsabilité, des internautes les dispatchent frénétiquement à longueur de journées. Si ce n’est une nouvelle recette qui soigne la maladie, c’est une sortie de tel responsable de l’Oms qui avoue que le virus a été «envoyé» en Afrique ou encore que tel chef d’Etat qui aurait perçu une somme d’argent faramineuse pour faire tester un vaccin sur son peuple on ploie sous cette horde de messages et, naturellement, les suiveurs de ces réseaux sociaux n’ont pas perdu en cette période de crise l’étonnante crédulité qui les caractérisait déjà en temps normal.

Difficile d’enlever à l’esprit de certaines personnes aujourd’hui que le coronavirus a été fabriqué en laboratoire pour décimer les Africains. Tout comme certains ont cru dur comme fer à une vidéo virale (encore) d’après laquelle la 5G avait contribué à la propagation du Covid-19. Les appels à la vigilance et à la vérification des sources des messages que l’on relaie n’y ont rien changé. Au Cameroun, les autorités semblent se rendre compte de la grave menace que constitue cet autre virus.

L’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) a fait diffuser des sms qui rappellent la loi camerounaise sur la cyber sécurité : «Evitons de publier ou de partager les informations non vérifiées au risque d'encourir une peine d'emprisonnement allant de 06 mois a 02 ans et/ou une amende de 05 à 10 millions de FCFA». Il était grand temps, car le mal est profond et plusieurs Camerounais sont sévèrement contaminés.

10avril
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