Obsession : Soif de pouvoir, désir d’éternité
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Au trône depuis 1982, le président de la République reconduit, n’a contribué qu’à favoriser l’émergence d’une infime minorité des accapareurs bourgeois compradores qui ont confisqué tout ce que le pays recèle de ressources profitables pour leur seul bonheur.

C’est un roseau qui plie mais refuse de rompre ! Il est au pouvoir depuis 1982, ce qui fait de lui l’un des plus anciens dirigeants d’Afrique. Sous son règne, le Cameroun a survécu à une crise économique et est passé d’un État à parti unique au multipartisme. Mais il a également été marqué par une corruption endémique et un renversement des acquis démocratiques, conduisant à l’annulation des limites de mandats en 2008, ce qui a permis à l’octogénaire de se présenter de nouveau en 2011. Quelque 60% des Camerounais ont moins de 25 ans et n’étaient même pas nés lorsque le président Biya est arrivé au pouvoir.

Avare en parole, il communique en général deux fois l’an avec « son peuple » : le 10 février à la veille de la fête de la Jeunesse et lors du traditionnel vœu de nouvel an tous les 31 décembre. Une tribune où « l’homme Lion » dresse le bilan de l’année qui s’achève tout en surfant sur les éternels défis qui viennent avec la nouvelle année. Il évite les médias de son pays, laisse dire les choses les plus saugrenues sur son compte sans jamais démentir un seul mot. Avec 36 ans de règne à la tête de l’Etat, 7 ans comme Premier ministre d’Amadou Ahidjo, entré dans la Haute administration en 1962, Paul Biya incarne aujourd’hui le Cameroun avec ses hauts et ses bas.

La démocratie, un idéal lointain

L’homme du renouveau qui, diton, a fait les humanités et les études supérieures de science politique, à l’opposé du petit certifié, agent des postes qu’était son prédécesseur, n’a que du mépris pour la légitimité populaire, puisque même ses laudateurs que Michel Roger Emvana a rencontrés dans le cadre de son ouvrage intitulé « Paul Biya, les secrets du pouvoir », affirment sans ambages que c’est l’ésotérisme profane qui le maintien au pouvoir. Une curiosité tout de même, pour un ancien séminariste, de surcroît fils de catéchiste.

Le souhait de la majorité des Camerounais avant le scrutin demeurait que le président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), laisse le Cameroun tel qu’il l’avait reçu le 6 novembre 1982 et qu’il tienne les engagements qu’il a toujours pris devant ses compatriotes en leur apportant la démocratie, l’État de droit et la prospérité, le respect de la chose publique. Mais connaissant le Sphinx et sa soif du pouvoir dont il en a fait son élixir, il ne compte pas lâcher du lest. Autant mieux s’y accrocher jusqu’à ce que mort s’en suive s’il le faut. Le score à la soviétique qu’il vient d’enregistrer au terme des élections du 07 octobre dernier, en est une parfaite illustration.

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