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  • Repères : Georges YABADA
  • mercredi 05 septembre 2018 14:03:00
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CAMEROUN :: PORT DE DOUALA : Les promesses non tenues du Gpac :: CAMEROON

Les dockers de la place portuaire s'insurgent contre leurs mauvaises conditions de travail, notamment une rémunération de 200 FCFA l'heure de manutention.

La tension était montée d'un cran le 22 juin 2018 entre les dockers et le Groupement mobile d'intervention N°2 de Douala. Plusieurs dizaines de ces prestataires du service manutentionnaire de la place portuaire de Douala avaient observé un mouvement d'humeur au lieu-dit "direction des douanes". Un face à face musclé, émaillé de jets de gaz lacrymogènes, interpellations et des blessés dans les rangs des contestataires.

Au centre de la colère des dockers, les promesses nontenues du Groupement professionnel des acconiers du Cameroun (Gpac), organisation patronale regroupant les transitaires et acconiers actifs au port de Douala, depuis mai 2017, date de la dernière poussée de fièvre des dockers. Plusieurs points d’achoppement entre les manutentionnaires et leur employeur, le Gpac. Points égrenés par Jean pierre Voundi Ebale, le porteparole des dockers : "Absence de contrat d'assurance, blocage sur les résolutions des états généraux des dockers, la répartition inéquitable du travail, la nonapplication des conventions et accords, désaccords sur le salaire de base, la sous-valorisation du taux horaire de travail, la nonprise en charge de la famille du docker, ainsi que du 13ème mois, etc. ».

Au terme de plusieurs concertations sous l'égide de Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le bureau du Gpac décidera, en accord avec l'autorité portuaire, de « la suppression des cartes blanches, de l'achat et la distribution des équipements de protection individuelle en juin 2017, la relecture tripartite des accords d'établissement de la convention collective nationale de la manutention portuaire, la gestion saine et améliorée de la Cmtid, la gestion participative de l'assurance maladie, et l'extension de l'activité de docker sur toute l'étendue du domaine portuaire ».

Le mouvement de protestation du 22 juin 2018 illustre pourtant la tension persistante entre les travailleurs manutentionnaires et le Gpac. Ce que confirme Jean pierre Voundi Ebale : « Depuis la grève de 2017, les résolutions prises sont restées lettre morte. Ça fait un an et huit mois que nous attendons ».

SÉCURITÉ SOCIALE

Deux mois après la dernière grève, le Syndicat national libre des dockers et activités connexes du Cameroun (Synalidoacc) regroupant 3025 dockers et dirigé par Jean pierre Voundi Ebale, reproche au Gpac, au ministère du Travail et de la Sécurité sociale et au ministère des Transports, tutelle technique du port de Douala, « un désintérêt méprisant à la cause du docker ».

Pourtant, la suspension du débrayage du 22 juin 2018 émanait d'une concertation d'apaisement tenue le 25 juin 2018 entre les grévistes et la déléguée régionale du Travail et de la Sécurité sociale pour le Littoral. Le principal ordre du jour de cette rencontre portait sur le recueil des doléances des dockers avec des promesses de solutions rapides. Il s'agit notamment de "la validation des acquis d'expérience professionnelle, l'instauration d'une carte unique à partir de la 3ème catégorie, la réduction de la journée de travail à 8 h par jour en lieu et place de 12 h et 14 h actuellement en vigueur, la rédaction de contrats de travail indiquant le salaire de base. « Le docker doit avoir une rémunération mensuelle fixe, qu'il y ait activité ou pas, contrairement à ce qui est le cas actuellement. Il ne doit pas supporter le manque d'activités des acconiers dans sa feuille de paie", réagit Jean pierre Voundi Ebale.

Parmi les doléances du Synalidoacc, figuraient également "le paiement de l'indemnité de non-logement, le paiement du 13ème mois, la prise en charge médicale de la famille des dockers et la revalorisation de la rémunération du taux horaire à 2000 FCFA. « La rémunération actuelle d'environ 200 FCFA l'heure n'est pas suffisante au regard de la pénibilité de l'activité du docker, d'autant plus que les armateurs sont facturés à 39 euros par heure de travail de docker, qui ne reçoit que 0,03 euros de l'heure dudit montant », s'insurge le leader des dockers. Qui parle « d'une situation d'esclavage ».

Au Gpac, on dit « prendre au sérieux les revendications pertinentes des dockers ». Le Groupement dirigé par Gabriel Manimben promet de « trouver rapidement des solutions aux préoccupations évoquées dans la mesure des possibilités ».

05sept.
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