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Cameroun, Reportage suite: Vers la mort programmée de la ville de Penja ? :: CAMEROON
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  • Pour Camer.be : Alain SENOU
  • vendredi 24 août 2018 15:06:00
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Cameroun, Reportage suite: Vers la mort programmée de la ville de Penja ? :: CAMEROON

La ville de Penja, située dans le département du Moungo dans la région du littoral, jadis appelée Boston a du mal aujourd’hui à porter son nom. Cette ville qui par le passe était citée comme le grenier du Cameroun a cause de la densité et de la vitalité de sa population ainsi que ses énormes ressources agricoles n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le visiteur qui y arrive aujourd’hui, est d’abord frappé dès sa descente de voiture par l’insalubrité qui caractérise la cité. En saison de pluies, l’accès à plusieurs quartiers est un parcours du combattant. Les routes quant à elles donnent l’impression qu’on est dans un pays ou un conflit vient juste de prendre fin.

Le stade dit "municipal" se trouve dans un état de délabrement avancé. Et pourtant, c’est dans ce stade mythique qui rappelle notre tendre enfance que les grands derbys de football se jouaient. Qui ne se rappelle pas de Vasco football de Penja, une équipe de deuxième division qui a caressé nos rêves de jeunes footballeurs ? Cette équipe fanion de la ville n’est plus qu’un lointain souvenir. Elle a disparue sous le regard indifférent de l’élite et des autorités de la ville.

Le marché central quant à lui offre un spectacle désolant les boutiques dont les pans des murs entier tombent en ruine se comptent par dizaines, lorsque ce ne sont pas les tôles qui ont disparu, les portes n’existent plus, l’abattoir n’est plus que son ombre. A la place du marché, c’est plutôt un dépotoir d’ordures. Un environnement favorable aux maladies telles que le choléra, la fièvre typhoide... qui sévissent au Cameroun.

Et pourtant, sous la contrainte des autorités municipales et les fonctionnaires des impôts, les usagers payent toujours leurs obligations. En retour, ils n’ont droit à rien, même pas de toilettes publiques.

Une jeunesse à l’abandon, les autorités indifférentes.

Aucun lieu de divertissement pour les jeunes, pas de bibliothèque municipale, l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, le chômage, sont des problèmes qui minent la population. L’hôpital qui jadis était un hôpital de référence est devenu une mini-cité où un seul individu distribue des contrats de bail au détriment d’une population mourante.

Dans cette ville qui prend de plus en plus l’aspect d’un cimetière vivant, on n’ose plus parler. Une peur bleue s’est emparée des populations. Ici on à peur de parler au risque de subir le sort de Paul Eric Kinguè, l'ex maire.

Devant ce spectacle désolant, face à une ville de Penja qui meurt à petit feu, devant cet abandon révoltant, une question mérite d’être posée : Y a-t-il encore une mairie et un Maire dans la ville ? Qui permette de bénéficier des programmes d’urbanisation et même se battre dans la recherche des partenaires étrangers pour signer des contrats pour son développement ? A la place, c’est les pauvres marchandes qui sont spoliées tous les jours au marché par des fonctionnaires et agents communaux véreux. L’exécutif communal qui a requis les mandats des populations pour se mettre à leur service a dévié cet objectif noble pour transformer leur mandat en « mandat de mangeurs publics »

Penja est devenu un « No man’s land » où règne la loi de la jungle instaurée par les prévaricateurs du bien public. Au vu et au su de tous. A se demander si l’opération épervier n’existe pas dans cette ville. Tellement elle y aurait des clients pour la prison centrale. Conséquence de cet imbroglio, le banditisme a fait son lit dans la ville et les victimes se comptent par centaines.

La mort programmée de Penja ?

Penja serait elle maudite par le sang des dit rebelles qui ont luttés pour l’indépendance du Cameroun ? Rien n’est moins sur. Toujours est-il que grâce à la fertilité de son sol et au dynamisme de ses populations, Penja reste un des greniers du Cameroun. Finalement, allons-nous assister indifférents à cette mort programmée de la ville de notre enfance et de tous nos rêves ? L’élite de la ville qui est vieillissante et qui face à la déliquescence de notre tissus social manifeste une démission doit penser à la relève. C’est un appel qui est lancée à tous ceux qui sont soucieux de devenir de Penja à s’unir pour sauver notre ville en danger. La jeunesse doit assurer la relève en disant trop c’est trop en se levant pour mener la lutte pour sauver notre ville ainsi Penja redeviendra Boston.

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24août
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