RICHARD HONORE TABETH: "NOUS PRIONS S.E. PAUL BIYA DE MIEUX REGARDER LA SITUATION DES JEUNES"
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CAMEROUN :: RICHARD HONORE TABETH: "NOUS PRIONS S.E. PAUL BIYA DE MIEUX REGARDER LA SITUATION DES JEUNES" :: CAMEROON

A l’occasion de la 12ème année d’existence du Conseil national de la Jeunesse du Cameroun (Cjnc), célébrée le 15 décembre dernier, au Palais des Congrès de Yaoundé, le ministre de la Jeunesse et de l’Education civique (Minjec), Mounouna Foutsou, a tenu à récompenser des jeunes qui se sont positivement illustrés lors des précédentes mandatures de cette institution spécialisée. 

L’on ne peut qu’être content après avoir reçu une distinction du Minjec ?

Je vous surprendrai en disant que c’est une frustration de plus. Si c’est de cette manière que les pouvoirs publics vont distinguer les jeunes, c’est regrettable. Les jeunes n’ont pas formulé une demande de distinction. C’est une initiative du Minjec, mais, une goutte d’eau qui déborde le vase. Prenant pour prétexte de célébrer le 12ème anniversaire du Cnjc, le minjec a mobilisé les jeunes de différentes régions pour les faire passer une journée de misère, ajoutée à la celle qu’ils vivent déjà au quotidien.

L’on dit nous récompenser pour des loyaux services rendus ; mais, nous donnent un papier appelé distinction où le nom du récipiendaire n’y est pas écrit. Personne ne vous croira, quand vous direz avoir reçu une distinction. Je cherche à comprendre comment un ministre de la République signe un document qu’il remet aux jeunes, sans que leurs noms n’y soient mentionnés. 

Et s’agissant de la cérémonie en elle-même ?

Ça avait l’air d’une ballade, d’une mise en scène de théâtre. Nous nous attendions être impliqués. Parce que nous avons eu vent bien avant, de ce que le chef de l’Etat devait décerner des médailles aux présidents des trois dernières mandatures. A la surprise de tous, ce sont des responsables régionaux actuels qui ont reçu des médailles, alors qu’ils venaient de prendre les fonctions et donc, qui ne sont pas encore évalués. Nous nous sommes dits que quelque chose ne va pas. Qu’est-ce que le ministre voulait démontrer à travers cet acte ? Récompenser des gens qui n’ont pas encore de passifs, est intolérable. 

Vous critiquez finalement tout. Enumérez-nous vos actions à la tête du Cnjc de la région de l’Ouest

Monsieur le journaliste, j’ose croire que nous ne sommes pas dans un jeu de trappe, encore moins dans un cirque. Vous êtes journaliste, allez vérifier mes actions. Je suis arrivé au conseil en 2013. J’ai organisé les états généraux de la jeunesse de l’Ouest, le grand séminaire agropastoral avec l’appui institutionnel de l’Assemblée nationale, la vaste distribution du répertoire des projets et programmes en direction de la jeunesse, couplée à l’inscription à l’observatoire national de la jeunesse du Cameroun (Onjc).

J’ai demandé à étendre ces projets dans d’autres régions pour mettre les jeunes au même niveau de confort et d’informations. En toute humilité et par respect à mes pairs des autres régions, je ne doute pas un seul instant que mes états de services dans ce sens aient eu d’équivalents. En tout état de cause, l’on se rend à l’évidence de la mort programmée du Cnjc.

Vous lancez, implicitement un message au président de la République ?

Nous prions le président de la République, S.E Paul Biya de mieux regarder la situation des jeunes camerounais. Après les émeutes de février 2008 et la création du Cnjc, y faisant suite, nous gardons le sentiment que les aspirations des jeunes ne sont pas prises en compte. Après 12 ans d’existence de cette structure sensée être une plateforme de concertation et une force de proposition, rendus en 2021, qui peut nous indiquer de manière précise les marqueurs de son impact positif sur les jeunes ?

Mais il y a le plan triennal spécial jeune, où l’on parle dans le magazine Cameroun Business Today, de la Sopecam, avoir généré en date, plus de 20 000 emplois, chiffres confirmés par le Minjec qui a révélé le montant de 15 milliards Fcfa dépensés pour 7301 projets et 21 903 emplois sur le montant global de 102 milliards Fcfa prévus par le chef de l’Etat ?

Le chef de l’Etat l’a évoqué en 2016. Oui l’on nous parle de plus de 20 000 emplois créés. Mais allez savoir et revenez me dire si ces chiffres sont objectifs et exacts. Notre proposition au Cnjc était de répertorier les jeunes dans toutes les régions qui avaient déjà des entreprises, l’objectif étant de les renforcer et de permettre qu’ils embauchent d’autres jeunes.

Le Cameroun est notre pays à nous tous. Nous n’irons pas chercher les gens ailleurs pour venir le construire. Ce qui se passe actuellement est très grave et il faut sévir. C’est plus qu’un fiasco.

Vous semblez contester le chiffre de plus 20 000 emplois générés par le plan triennal spécial jeune ?

Je ne pense pas avoir la qualité et la compétence de contester ces chiffres. Je réfléchis juste comme tout autre jeune. Si 20 000 jeunes ont été réellement financés grâce à ce plan spécial, ça suppose qu’au minium on aura recruté 20 000 autres jeunes enclin au chômage. Nombre d’entre jeunes sont obligés de se lancer dans la consommation de la drogue, certains à aller mourir au désert ou dans l’océan parce que émigrés, que sais-je encore ? Il ne faut pas se leurrer, ça ne va pas.

Nous qui sommes sur le terrain et qui embauchons d’autres jeunes, nous qui avons donné de notre temps, nous qui mettons nos modestes moyens pour accompagner le chef de l’Etat, sommes très déçus par le retour de l’ascenseur. Ces emplois que l’on clame dans les discours, devraient avoir un impact visible. Même au microscope je ne vois rien.  

Propos receuillis par Alain NDANGA 

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